URL : https://youtu.be/do8951szTEc
Format : Pratique guidée taoïste / qi gong
Cet exercice est simple en apparence, mais fondamental — il nourrit tout le reste de la pratique : la prise de conscience du Qi dans le Dan Tien inférieur.
Les taoïstes parlent de vider la tête et remplir le ventre. Vider la tête, c'est penser autrement, sortir du mode réflexif habituel. Remplir le ventre, ce n'est pas manger — c'est percevoir le Qi qui s'accumule dans le bas de l'abdomen.
Le Qi est souvent traduit par "souffle". On va donc s'appuyer sur la sensation du souffle dans le corps pour percevoir finement la partie basse de l'abdomen : là où est logé le chaudron, l'usine de base de l'énergie vitale dans la médecine chinoise.
On se sert de la respiration pour écouter les sensations pneumatiques intérieures.
L'objectif est de conscientiser progressivement un volume — la sphère du Dan Tien inférieur, dans le bassin — en explorant six directions à partir de la respiration abdominale.
À chaque inspiration, le diaphragme descend, la pression augmente dans le bas de l'abdomen. À chaque expiration, la pression diminue. On n'impose rien, on écoute.
Poser les mains sous le nombril, sur le bas du ventre.
Avec une respiration abdominale naturelle, on perçoit l'avant du ventre qui se gonfle à l'inspiration et se rétracte à l'expiration. C'est la porte d'entrée la plus simple : la paroi abdominale est élastique, le mouvement est facile à sentir.
Ensuite, mettre une main devant et une main dans le dos, au niveau des lombaires. À l'inspiration, la pression augmente dans le bas de l'abdomen et peut s'exprimer aussi derrière, comme une légère pression sur les lombaires. À l'expiration, la pression se relâche dans les deux zones.
Ne rien forcer. Observer simplement le mouvement.
Placer les mains sur les crêtes iliaques, la moitié inférieure de chaque main sur l'os, la moitié supérieure sur la zone molle de l'abdomen juste au-dessus.
En utilisant les muscles abdominaux obliques, chercher à sentir à l'inspiration que l'abdomen pousse sur les côtés, dans les mains. À l'expiration, ça se rétracte.
La partie basse de la main, posée sur l'os iliaque, sert de repère anatomique. Avec la pratique, on peut affiner l'écoute et sentir, à l'intérieur de l'os, la pression que la descente du diaphragme exerce sur les viscères — ceux-ci sont repoussés latéralement et retenus par les ligaments. On perçoit alors la pression s'amplifier à droite et à gauche à l'inspiration, et se relâcher à l'expiration, depuis l'intérieur du bassin.
À l'inspiration, la pression croissante dans le bas du bassin appuie sur le plancher pelvien (périnée). Celui-ci est tonique et résistant, mais tend légèrement à descendre sous la pression. À l'expiration, le diaphragme remonte, la pression diminue, le périnée a tendance à remonter — avec une légère sensation d'aspiration.
Ces perceptions dans la verticalité sont les plus difficiles à capter. Ne pas forcer, affiner progressivement.
À l'intérieur, dans la zone haute de l'abdomen (région de l'estomac), on peut percevoir l'appui du diaphragme sur les viscères supérieurs à l'inspiration. Cette zone définit le point haut de la sphère du Dan Tien.
En associant ce point haut (estomac) et le point bas (plancher pelvien), reliés par le rythme respiratoire, on commence à sentir le volume entier.
Les six directions sont définies : devant, derrière, droite, gauche, haut, bas.
En pratiquant régulièrement — voire en continu — on conscientise progressivement ce volume, le Dan Tien inférieur, dans le bassin. L'attention y est maintenue, associée au va-et-vient de la respiration et aux variations de pression sur les viscères.
Cela ramène le mental à l'intérieur de soi, au lieu qu'il papillonne à l'extérieur. C'est la raison pour laquelle cet exercice est fondamental.
Cet exercice peut s'intégrer à tout moment :
Il peut se pratiquer avec les mains posées sur le ventre au début, puis sans les mains une fois les sensations intérieures plus accessibles. Il peut s'insérer dans de nombreux autres exercices.
L'essentiel : descendre la pensée dans le Dan Tien inférieur, s'appuyer sur ses perceptions intérieures, et y revenir aussi souvent que possible.