On répond souvent à la question comment atteindre ces objectifs financiers ? Mais on répond plus rarement au pourquoi. À force de poursuivre un objectif, on oublie ce qu'on espérait trouver en l'atteignant. Et si le risque n'était pas des choix à atteindre votre objectif, mais de réussir le mauvais. Quel est votre objectif financier numéro 1 ? Bah, je pense ce serait après de réaliser mes projets et d'essayer d'aider euh mes proches, mes amis à réaliser les leurs et petit à petit bah de chacun être libre financièrement. Pas réfléchir à si je peux offrir un resto à ma fille ou euh des fringues. Dans l'idéal, oui, de plus compter mais compter moins. En tout cas, un objectif chiffré est pratique. Il évite d'avoir à formuler ce que l'on cherche vraiment. Prenez l'objectif du premier million. Ce que les gens veulent, c'est ce qu'ils représentent. la liberté, le contrôle, l'autonomie, parfois la reconnaissance sociale. Je veux être millionnaire n'est plus un besoin, c'est déjà une solution. L'erreur, c'est d'avoir oublié le problème. L'économiste Charleshard l'a formulé ainsi : "Quand une mesure devient un objectif, elle cesse d'être une bonne mesure. Si on regarde l'immobilier, c'est exactement ce qui s'est passé. Devenir propriétaire est aujourd'hui l'un des objectifs financiers les plus poursuivis. Pourtant, en 2022, deux économistes de l'université de Bal ont suivi plus de 800 futurs propriétaires allemands. Leur mission ? Comparer le niveau de satisfaction que ces individus anticipaient avant leur achat et celui qu'ils ont effectivement ressenti après devenu propriétaire. Résultat des courses, il surestimaient systématiquement le bonheur qu' allait leur procurer leur logement. Une fois installé, la satisfaction retombait beaucoup plus vite qu'il ne l'imaginait. On finit par confondre l'objectif avec sa promesse. C'est précisément pour ça que nous avons construit les objectifs sur Finari. La plupart des gens partent d'un chiffre et essayent ensuite de construire leur vie autour. Les objectifs font l'inverse. Partir de la vie que vous voulez construire puis remonter jusqu'au chiffre. Concrètement, vous définissez un projet, la retraite, l'indépendance financière, un achat immobilier, les vacances et Finari vous aide à le traduire en objectif chiffré. Si ça vous intéresse, vous pouvez retrouver le lien dans la description. Si ce que vous voulez c'est voyager, votre patrimoine n'est intéressant que s'il vous permet de voyager plus souvent. Si vous souhaitez plus de temps, votre patrimoine n'est utile que s'il vous permet d'en récupérer. Pour ce qui compte vraiment, l'objectif financier n'est jamais la destination, c'est un moyen et des moyens, il n'y en a pas qu'un. Encore faut-il savoir ce que l'on cherche réellement à obtenir. Le problème, c'est que même lorsque l'on croit connaître ce qu'on recherche, on peut se tromper. Le psychologue Dan Gilbert l'a démontré dans son livre Stumbling on Happiness. Nous sommes souvent très mauvais pour prédire ce qui nous rendra heureux et nous nous habituons plus vite que prévu à ce que nous obtenons. À peine atteint, l'objectif cesse d'être une promesse et devient la norme. Le prochain chiffre prend déjà sa place. C'est ce que Tal Bbenchar appelle l'arrival fallacy. La conviction qu'atteindre la ligne d'arrivée produira un bonheur durable. Mais cela peut créer un danger encore plus important. Reporter toute sa vie à plus tard. Ce n'est plutôt une erreur de prédiction, mais plutôt l'organisation de toute son existence autour d'un futur conditionnel. Après le million, après l'achat, après la retraite. C'est ce qu'on appelle la vie différée. Parfois la réponse n'est pas réellement de gagner plus plutôt que de remettre à plus tard, c'est de changer quelque chose maintenant. Encore faut-il comprendre d'où vient ce que l'on croit chercher. Il y a ceux qu'on hérite et qu'on défend. Et puis il y a ceux que l'on choisit vraiment. Nous aimons croire que nos objectifs nous appartiennent. Pourtant, ils sont souvent influencés par les personnes que nous admirons, imitons ou prenons pour modèle. Nous désirons souvent ce que les autres désirent aussi. Le philosophe René Girard nomme ça le désir mimétique. Derrière beaucoup d'objectifs financiers, il y a un désir de reconnaissance, un désir d'être vu autrement, d'être respecté, d'être légitime. C'est un signal de compétence tout aussi bien qu'un signal d'appartenance. Le problème, c'est que le top 10 % n'existe que parce que les 90 autres pour existent aussi. La question à se poser, c'est surtout qui m'a donné cette carte ? Un objectif hérité n'est pas forcément un mauvais objectif. Il peut être tout à fait sain à condition de l'avoir choisi et pas seulement absorbé. Tous les objectifs ne viennent pas d'ailleurs. Certains viennent de la peur. C'est ce qu'on appelle un objectif défensif. Par exemple, je ne veux plus jamais manquer de rien ou je ne veux plus avoir à dépendre de mon employeur. Depuis les travaux de Caneman et Twerski en 1979, on sait que perdre 100 € fait deux fois plus mal que gagner 100 € ne fait plaisir. Un moteur défensif n'est pas mauvais en soi. Parfois, l'une des fonctions de nos objectifs financiers est simplement de nous rassurer. C'est exactement l'idée du matelas de sécurité, le premier objectif sur Finari. Avant de chercher à atteindre un million d'euros ou l'indépendance financière, il permet de répondre à une question beaucoup plus simple. Si quelque chose tournait mal demain, est-ce que j'ai assez d'argent de côté pour me retourner ? Parce qu'il est difficile de construire sereinement sans cela. La peur devient un problème lorsqu'elle n'est plus un point de départ, mais la seule destination. La question à se poser, c'est que se passe-t-il dans ma vie si je ne l'atteins jamais ? Si la réponse vous inquiète, cet objectif est peut-être une protection plus qu'une aspiration. Ce qui est hérité regarde autour. Ce qui est défensif regarde derrière. L'objectif authentique regarde devant. Les psychologues Tim Casser et Richard Ryan étudient cette distinction depuis plus de 30 ans. Dans les années 90, leurs travaux ont mis en évidence deux manières différentes de poursuivre l'argent. Les objectifs extrèques utilisent l'argent pour obtenir du statut ou de la reconnaissance. Les objectifs intrinsèques s'intéressent davantage à ce que l'argent permet de faire. Les personnes avec des objectifs extrèques se disent moins heureuses et plus anxieuses. Parce que si cet objectif dépend du regard des autres, il ne peut jamais vraiment être atteint. Le regard des autres change et il exige toujours plus. Derrière tout ça, la question est la suivante : qu'est-ce que l'on cherche réellement à obtenir ? Lorsque les psychologues Édouard Dey et Richard Ryan se sont penchés sur la question, ils ont retrouvé les mêmes motivations chez des personnes au parcours très différent. 40 ans plus tard, leurs travaux sont encore utilisés en psychologie, en éducation ou en sport. Ils ont mis le doigt sur trois besoins fondamentaux et universels. Pouvoir dire non à un emploi qui ne convient pas, c'est ce qu'on appelle l'autonomie. Avoir les moyens de développer son projet, c'est la compétence. Aider ses proches quand ils en ont besoin, c'est le besoin d'appartenance. Ce qui est frappant, c'est qu'aucun de ces désirs ne ressemble à une plage paradisiaque. J'ai pas du tout envie d'aller habiter sur une île déserte, loin de tout. C'est c'est l'enfer pour moi. Pourtant, l'image du bonheur financier qu'on vend le plus souvent, c'est exactement ça. Du temps libre, pas d'obligation, de la légèreté. Un psychologue hongrois a longtemps étudié ce qui rendait les gens vraiment heureux. Ce n'est pas le repos, c'est l'engagement total dans quelque chose de difficile. Il l'appelle le flow, l'état où vous perdez la notion du temps tellement vous êtes absorbé. Un bon objectif financier ne vous libère pas de tout. Il vous libère pour quelque chose. Le premier critère est simple. Est-ce vraiment votre objectif ? L'argent n'est pas un créateur de sens. Si votre vie est déjà orientée, il peut lui donner plus d'ampleur. Si elle ne l'est pas, il ne la remplira jamais. Un objectif financier sain est cohérent avec la vie qu'il cherche à rendre possible. Le test le plus simple et souvent le plus révélateur. Décrivez un jour ordinaire une fois votre objectif atteint. Ne décrivez pas le jour où vous atteignez l'objectif, mais par exemple le mardi suivant. À quoi ressemble la journée ? Si vous avez du mal à décrire la vie qu'il rend possible, vous poursuiviez peut-être davantage de chiffres que ce qu'il représente. Le deuxième critère est simple. Quelle contrainte cet objectif est-il censé faire disparaître ? Un objectif financier sain ne s'arrête pas un chiffre. Il décrit un changement dans votre vie. C'est ce qu'ont montré Hashley Willans, Elizabeth Don et Michael Norton en 2017. Ce qui prédit le bien-être, ce n'est pas le montant dépensé, mais la nature de la dépense. Les gens sont plus heureux lorsqu'ils utilisent leur argent pour récupérer du temps. Les expériences tendent aussi à produire davantage de satisfaction que les biens matériels parce qu'elles créent des souvenirs, renforcent les relations et deviennent une partie de votre identité. La question n'est plus combien ? Mais pourquoi faire ? Qu'est-ce que vous faites de plus ? Qu'est-ce que vous faites de moins ? Plus la réponse est précise, plus l'objectif a des chances d'être utile. Enfin, à partir de quel moment c'est assez ? On parle souvent du rendement d'un objectif financier, mais on parle rarement de son coût. Tout objectif ambitieux a un prix. En attention, en énergie, en stress, en relation sacrifiée. Le vrai retour sur investissement d'un objectif financier, ce n'est pas seulement ce qu'il rapporte une fois atteint. C'est ce qu'il vous aura coûté pour y arriver. Herbert Simon s'intéresser à une question simple. Comment savoir qu'en arrêter de chercher mieux ? Il a appelé cela le satisfing. Barry Schwartz a montré l'envers du décor. Plus d'option ne rend pas plus libre. Ça paralyse, ça épuise et ça repousse sans cesse la ligne d'arrivée. Quand est-ce que ça suffit ? C'est peut-être la question la plus importante. Un bon objectif financier ne définit pas seulement où aller, il définit aussi quand s'arrêter. Autrement dit, il fixe un seuil. Sans seuil, l'objectif recule à mesure que l'on se rapproche. Avec un seuil, le problème peut enfin être considéré comme résolu. Ces critères étant posés, est-ce que le vôtre tient toujours ? Le piège serait de croire qu'un bon objectif est un objectif définitif. Un objectif financier est une hypothèse sur la vie qu'on veut rendre possible. Et toutes les hypothèses ont besoin d'être testées parce que nous changeons, parce que nos contraintes changent, parce que ce qui avait fait du sens à 25 ans n'en fait pas forcément à 45. Nous passons beaucoup de temps à optimiser nos placements, beaucoup moins à vérifier que nos objectifs nous correspondent encore. Trois façons de les mettre à l'épreuve. Pourquoi celui-là ? Prenez l'objectif le plus présent dans votre tête, celui qui occupe le plus d'espace mental. Demandez-vous pourquoi lui puis encore et après. Continuez jusqu'à ce que la réponse ne soit plus financière. Pourquoi attendre ? Imaginez que vous n'atteignez jamais cet objectif. Qu'est-ce qui vous manquerait le plus ? Est-ce que cette chose dépend vraiment du chiffre ? Est-ce qu'elle dépend d'une décision ? Qu'est-ce que vous interdisez aujourd'hui dans l'attente de cet objectif ? Et qu'est-ce qui se passerait si vous commenciez même un peu dès maintenant ? Pourquoi aujourd'hui ? Est-ce que cet objectif correspond à la personne que vous devenez ou à celle que vous étiez ? Le psychologue Jordi Quadback a documenté ce que l'on appelle Land of History Illusion. Nous savons que nous avons changé dans le passé mais nous avons tendance à croire que nous changerons moins dans le futur. Pourtant, les données racontent une autre histoire. À tous les âges, les individus sous-estiment systématiquement à quel point il changent dans les 10 années suivantes. Le problème, c'est que vous changer dans des directions que vous êtes incapable d'anticiper aujourd'hui. Cet objectif financier, c'est aussi un pari sur votre futur vous. Cet objectif vous enthousiasme-il encore ou est-ce ? Continuez-vous à poursuivre cet objectif parce qu'il vous attire ou parce que vous y avez déjà consacré beaucoup de temps. Les années déjà investis sont une raison de réfléchir mais pas une raison de continuer. Ces questions valent la peine d'être posées. C'est pour cette raison que j'ai demandé à Candis qui est autrice économique chez Finari de faire l'exercice sur elle-même. Merci beaucoup Mounir. Moi clairement mon objectif de départ il était clair c'est bien gagner ma vie et en travaillant sur la vidéo j'ai réalisé que c'était un objectif hérité. Dans ma famille, la première question c'était toujours combien tu seras payé ? Et au final, je me suis demandé le fameux et après et après avoir de la marge, ne pas avoir à compter pour un restaurant, pour un cinéma, pour un voyage. OK. Et après, bah la tranquillité, ne plus avoir y pensé. Et j'ai fait le test du mardi matin, m'imaginer le matin idéal que justement cet objectif était censé rendre possible. Pour moi, c'était clair. C'était un footing, un café, un pain suisse, écrire une scène de film. Et en fait, j'ai eu un déclic parce que ce matin-là clairement, il existe déjà. Mon objectif, c'est pas de construire cette vie, c'est de la protéger. Alors, je me suis demandé à partir de quand ce sera suffisant. Et j'avais un chiffre en tête. J'avais un chiffre de patrimoine à atteindre. Je savais pas vraiment d'où il venait. Et en y réfléchissant, j'ai compris que ce que je voulais, c'était un revenu qui me permet de vivre juste sans y penser parce que le premier on l'atteint une fois alors que l'autre on le vit chaque mois. Et j'aurais pu passer des années à poursuivre une réponse avant même d'avoir [raclement de gorge] compris la question. Ce qui m'a le plus surprise, c'est que je n'avais jamais remis cet objectif en question depuis que je me l'étais fixé. Alors, avant de poursuivre un objectif financier, vous devez vérifier qu'il a du sens. Est-ce pour sa source ? D'où vient cet objectif ? Est-il hérité, défensif ? Ou est-ce vraiment le vôtre ? Eux, l'envie derrière le chiffre. Qu'est-ce que vous recherchez vraiment ? Demandez-vous et après jusqu'à ce que la réponse ne soit plus financière. N s'il vous nourrit. Quel mardi matin rend-il possible ? Décrivez-le concrètement. Si vous ne pouvez pas, vous poursuivez peut-être le chiffre plutôt que la vie qu'il est censé rendre possible. Est-ce votre seuil ? À partir de quand cela sera-t-il suffisant ? Sans seuil, l'objectif recule toujours plus loin. Une fois que vous l'avez trouvé, Finari peut vous aider à construire la feuille de route pour l'atteindre. Cette feuille de route part de votre rythme de vie, de vos dépenses et de vos projets. Et elle répond à une question simple. De combien avez-vous vraiment besoin pour vivre la vie que vous voulez ? Le lien est dans la description. Essayez-le. Autrement, vous continuerez peut-être de chercher la bonne réponse à la mauvaise question. Concrètement pour vous le matin idéal il ressemble à quoi ? Un matchou [rires] grave. Un matin idéal d'aller travailler sans stress. Me lever à l'heure que je veux pousser sur les projets que j'ai comme j'ai envie. J'aurais dit pouvoir se lever, travailler un petit peu et puis après pouvoir profiter de de sa vie à côté et faire d'autres d'autres choses, d'autres activités. Et concrètement, ça se traduit comment ?