URL : https://youtu.be/WS6ljer02lw
Chaîne : ARTE
Format : Documentaire (~50min)
Nous allons probablement quitter l'âge du travail pour entrer dans une ère où l'emploi salarié ne sera plus la principale ressource de notre système économique. Ne pas travailler, c'est difficile. En revanche, vivre sans emploi salarié, ça, c'est largement possible.
Penser un monde avec moins de travail, c'est un défi lancé à notre imagination. C'est très difficile d'imaginer comment on pourrait s'épanouir dans un monde où le travail n'occuperait pas une place prépondérante dans nos vies. Et je pense que si c'est difficile, c'est parce que nous passons tout notre temps à travailler.
Avant, l'opium du peuple c'était la religion. Quand elle est devenue moins centrale dans nos sociétés, les gens se sont tournés vers le travail pour trouver du sens et un but à leur vie. Et aujourd'hui, le travail est une sorte d'obstacle qui nous empêche d'imaginer des futurs possibles.
Aujourd'hui, plus que jamais, on peut dire que le travail, ce n'est pas automatiquement la santé. Le plus spectaculaire, c'est probablement ce qu'on a appelé les nouveaux maux du travail : le stress, le burnout, l'addiction à l'alcool, à toute une série de psychotropes pour tenir le coup face à des conditions de travail qui se sont durcies en raison de la pression que le néolibéralisme met sur les gens au quotidien.
À l'heure où le travail, bras armé d'une productivité devenue hors de contrôle, siphonne nos ressources humaines et celles de la planète — alors que la crise écologique semble plus que jamais en passe d'atteindre le point de non-retour — il se pourrait que ce soit la nature elle-même qui sonne la fin de l'économie capitaliste en forçant l'humanité à débrayer.
L'urgence écologique redonne une sorte de date butoir au grand soir, parce qu'elle nous dit qu'on n'arrivera pas à maintenir l'économie telle qu'on la connaît en vie éternellement. On est dans des économies de surchauffe, de gaspillage. Pour vraiment faire dérailler la matrice, il ne faut pas seulement travailler deux heures de moins par semaine pour être plus productif et plus efficace. Il faut travailler radicalement, beaucoup moins.
Est-ce qu'il ne vaut pas mieux être oisif et inactif, et minimiser les nuisances sociales qu'on fait, qu'être quelqu'un d'hyperproductif au sein d'un système déjà destructeur ?
En 2011, quelques mois après la catastrophe de Fukushima, au Japon — pays du travail vénéré — ils sont de plus en plus nombreux à vouloir faire ralentir le pays. Parmi eux : le Club des paresseux, figure de proue de la décroissance nippone, installé à Tokyo au bien nommé Café Slow. On y trouve de tout pour vivre au ralenti : du troc aux bons plans pour réduire sa consommation de biens comme d'énergie.
Le mouvement a fait du mammifère le plus lent de la planète son animal totem, parce qu'il rêve de faire revenir son pays au temps d'avant le boomanagi — ce miracle industriel qui avait propulsé l'économie nippone au deuxième rang mondial.
Le séisme et le tsunami de 2011, qui ont provoqué les fuites radioactives de la centrale de Fukushima, contaminent la région mais aussi les esprits. La catastrophe est un électrochoc, et la tentation du ralentissement s'installe lentement mais sûrement dans ce pays qui, depuis des décennies, est lancé comme un Shinkansen dans la course à la productivité.
À seulement 60 km de Fukushima, Yuki Fujimura a construit un atelier 100 % non électrique. Parmi ses inventions : un frigo qui consomme 0 kWh. La nuit, une plaque de métal renvoie vers le ciel les rayons infrarouges absorbés durant la journée, abaissant la température de l'eau qui entoure l'appareil — histoire de cultiver la sobriété sans pour autant faire une croix sur l'apéro.
Plus de 3 000 personnes viennent chaque année visiter ce que Yuki Fujimura appelle son parc à thème sur la richesse sans énergie ni argent. Humidificateur, garde-manger isotherme, cuisinière solaire, aspirateur — ici tout est débranché, nécessite du temps et beaucoup d'huile de coude. Son bestseller, vendu à plus de 10 000 exemplaires, est la machine à café la plus lente du monde : 25 minutes chrono pour un café bien allongé.
Pour retrouver le goût du geste et l'arôme du travail bien fait, encore faut-il réactiver la fonction pause — et se demander comment on a fini par se prendre les pieds dans la chaîne du travail.
Taylor réfléchit à l'organisation du travail dans le contexte américain, où les syndicats ont un énorme poids et une énorme force de négociation face au patronat. Il y a de très grandes grèves, et Taylor se dit : "Ce n'est pas légitime que ces syndicats de travailleurs aient autant de pouvoir, alors que c'est le patronat qui possède l'entreprise et qui devrait pouvoir faire ce qu'il veut dans le cadre du travail."
À la fin du XIXe siècle, l'Américain Frédéric Taylor invente l'organisation scientifique du travail, poussée à son paroxysme dans les usines automobiles Ford. Taylor vise un rendement maximal en concrétisant le vieux principe du diviser pour mieux régner. Une division horizontale — à chaque ouvrier un nombre de tâches réduit — et verticale : le patron décide, l'employé exécute.
Ces dispositifs, ce bruit, cette absence de temps au niveau de l'activité, ça empêche même de réfléchir. Le modèle taylorien, c'est un modèle où le travailleur doit simplement obéir.
On a l'impression que le monde du travail n'est plus celui de Taylor. Pourtant, quand vous êtes démarcheur téléphonique, vous êtes aussi limité dans l'exercice de votre travail que si vous étiez sur une chaîne. Et quand vous êtes à la logistique chez Amazon, c'est pareil.
L'organisation du travail aujourd'hui fatigue les gens et mène à une dépolitisation, en détournant l'intérêt pour la chose collective. C'est l'intuition de Nietzsche aussi : le travail, c'est la meilleure des polices. On préfère assigner les gens à des tâches absurdes qui ne servent pas à grand-chose plutôt que de leur laisser du temps libre.
Notre capitalisme financiarisé a créé des bullshit jobs : des tâches, des fonctions sociales que les travailleurs eux-mêmes n'arrivent pas à justifier. Finalement, ils ne comprennent même pas à quoi sert leur activité.
On voit bien que la division très nette entre tâches intellectuelles et tâches manuelles — exécution d'un côté, conception de l'autre — dont on hérite avec le taylorisme, ne satisfait pas complètement. C'est pour ça que les gens vont chercher d'autres modes de vie, d'autres types de pratiques, pour retrouver ce qui leur semble plus épanouissant en dehors du modèle du travail capitaliste.
L'exemple des chasseurs-cueilleurs est très intéressant, car c'est une société qui avait beaucoup plus de loisirs qu'on pourrait le croire. On imagine qu'ils passaient leur temps à essayer de survivre. Mais quand on regarde les données disponibles, ce n'est pas du tout ce qu'on observe. La principale source d'abondance des sociétés pré-industrielles, c'était le temps.
Pour la plus grande partie de son histoire, l'humanité a carburé à la RTT format XXL. Avec moins de 190 jours de travail par an — hormis pour les esclaves — la Grèce et la Rome antique ont quand même eu le temps de jeter les bases de grandes civilisations fondatrices.
Les civilisations antiques avaient un rapport au travail différent. C'était parfois considéré comme quelque chose de répugnant. Reproduire la vie matérielle, c'est une activité dégradante — les animaux le font aussi — et donc c'est réservé aux esclaves. Par contraste, les Romains valorisent l'otium : ces activités de loisirs, non pas un loisir passif et consumériste devant Netflix, mais un loisir qui cultive l'humain, développe les facultés humaines, éveille une humanité commune.
Il y a toujours une sorte de suspicion envers le parasite qui vit sur les autres. Mais cette suspicion dit peut-être quelque chose de nos propres normes productivistes à déconstruire. L'oisif ou l'inactif paraît vivre aux dépens des autres — mais il fait peut-être beaucoup moins de mal qu'un lobbiste très actif chez Monsanto.
Colbert Ster John était un loup de Wall Street — fondateur d'une compagnie de carte de crédit à 25 ans, maison cossue, voitures de luxe. Il a tout envoyé valdinquer pour une cabane perdue au fin fond des marais de Géorgie. Son épiphanie, il y a 40 ans lors d'une randonnée, face à une souris qui vivait sans emploi, sans salaire, sans carte de crédit, et semblait heureuse.
On les appelle les Wild Roots — les racines sauvages. Comme Colbert, ces nouveaux hommes des bois réapparus dans les forêts d'Amérique ne veulent plus se retrousser les manches pour un système, mais juste pour satisfaire leurs besoins essentiels. Régulièrement, ils se rassemblent pour partager et perfectionner leurs techniques de survie préhistorique et retrouver les sensations primales de leurs ancêtres Homo sapiens.
Pour ces chasseurs-cueilleurs des temps modernes, rien ne se perd, tout se transforme — à commencer par les road kills, ces animaux tués sur la route qui leur servent à la fois de dîner, de vêtements et de savonnettes.
La seule patronne que reconnaissent les Wild Roots, c'est la forêt.
Est-ce que 8 milliards de personnes peuvent toutes retourner dans les bois et se nourrir de la forêt telle qu'elle est aujourd'hui ? Non. Mais d'une certaine façon, c'est une tentative de co-créer une façon pour les gens de répondre à leurs besoins dans le futur.
Vivre en peignoir, coulant et doucement — c'est le credo des dudeïstes, adorateurs du personnage principal du film des frères Coen, Big Lebowski : un chômeur accro au cocktail White Russian, à sa robe de chambre et au bowling. Des dizaines de milliers d'oisifs vouent un véritable culte à ce modèle de la glande devant l'Éternel.
Le berceau de cette religion inspirée du bouddhisme, c'est la ville de Chiang Maï, au nord de la Thaïlande. Oliver Benjamin, autoproclamé "Duddhi Lama", crée un forum en 2005 après avoir vu le film des frères Coen — révélation. À sa grande surprise, les fans du monde entier se rassemblent autour de ce culte. Aujourd'hui, plus de 250 000 prêtres ont été ordonnés par l'Église dudeïste.
Les gens disent souvent : "Le Dude n'est pas un bon modèle, il est paresseux, et si tout le monde était paresseux le monde s'effondrerait." Ce qu'on admire chez le Dude, ce n'est pas sa paresse — c'est son courage d'être paresseux. Tout le monde fait face à des pressions pour agir et se comporter d'une certaine façon. Ce que le Dude offre, c'est un exemple de la façon d'être plus courageux que ça.
Dix ans après son retour, Gary découvre le dudeisme sur internet. Il abandonne sa combinaison de mécanicien pour revêtir la robe de chambre et se consacrer à sa passion : la gravure sur verre. Ses chopes gravées lui permettent de récolter des fonds pour lancer la première église dudeiste des États-Unis. Pour se consacrer pleinement à son rôle de révérend du Cool, il a renoncé au travail.
La messe de l'église dudeiste, c'est une partie de bowling. L'occasion de réaffirmer la profession de foi : l'essentiel, c'est de ne pas participer.
Le 21e siècle serait-il celui de la fin de l'homo salarius ? Le travailleur pourrait bien ne plus être la force vive de la nation, supplanté par la troisième révolution industrielle.
La crise du crottin de cheval a commencé en 1870. Pendant longtemps, la majorité des transports nécessitaient des chevaux — et donc beaucoup de fumier. Dans les grandes villes, les tas pouvaient atteindre les premiers étages des immeubles, être aussi larges qu'un terrain de foot, presque aussi hauts que la tour de Pise, soit plus de 50 mètres. Puis, à la fin du 19e siècle, on a inventé le moteur à combustion et l'automobile. La grande crise du fumier a pris fin.
L'une des thèses les plus tristement célèbres de la pensée économique moderne : ce que le moteur à combustion a fait aux chevaux, les robots et les ordinateurs vont le faire aux humains.
À quelques centaines de mètres de la tombe de Karl Marx, à Londres, vit l'économiste Daniel Susskind, ancien conseiller au 10 Downing Street. Pour lui, le chômage technologique est pour demain — c'est la thèse de son bestseller Un monde sans travail, paru en 2020.
"Tous les jours, on entend des histoires de machines ou de systèmes qui accomplissent des tâches qu'on pensait réservées aux humains : poser un diagnostic médical, conduire une voiture, rédiger un contrat, concevoir les plans d'un bâtiment, composer de la musique. Qu'est-ce que tout cela implique pour la grande majorité d'entre nous, pour qui l'emploi est la principale — voire la seule — source de revenu ?"
"Je pense que c'est l'une des grandes problématiques de notre époque et je crois que nous ne prenons pas assez au sérieux la menace que représente un monde où il n'y aurait pas assez de travail pour tous les êtres humains, à cause de ces incroyables progrès technologiques."
"Je suis convaincu que les inégalités et les dysfonctionnements du marché du travail ne vont faire qu'empirer. Les grandes inégalités dont nous sommes témoins aujourd'hui montrent que ce modèle est en train de s'effondrer — certains sont déjà payés beaucoup mieux que d'autres pour la même charge de travail."
En 2011, le mouvement Occupy, installé au pied de Wall Street, met le doigt là où ça fait mal. "Nous sommes les 99 %" est le cri d'une jeunesse précarisée qui n'arrive plus à vivre décemment dans un monde où la moitié des richesses est désormais détenue par 1 % seulement de la population mondiale.
"Le chômage technologique, c'est la même chose que ce que nous vivons déjà, mais en pire."
Susskind défend ce qu'il appelle un revenu minimum conditionnel. Dans ce modèle, un État fort taxe le capital et les revenus générés par la Big Tech pour garantir à tous un revenu de base — mais pas question d'être payé à ne rien faire. Le travail reste l'indispensable ciment d'une vie en société, à condition d'englober toute activité au service du bien commun : écrire de la musique, changer les couches d'un enfant.
"Les gens consacrent une grande partie de leur temps à des activités socialement utiles mais qui ne sont pas compensées par un salaire : le bénévolat, le ménage, s'occuper des enfants. Voilà le genre d'activité qu'on devrait reconnaître comme méritant un revenu de base, tout particulièrement dans un monde où il n'y aurait plus assez de travail salarié traditionnel pour tout le monde."
Nourries par les crises à répétition — des subprimes au Covid — doublées d'une écoanxiété tenace, plusieurs milliers d'expériences communautaires ont germé un peu partout sur la planète : zadistes, écoféministes, communautés intentionnelles. De plus en plus nombreux, ils tentent de réaliser le grand rêve des Lumières : l'utopie, le "bon lieu" où il fait bon vivre.
"Aujourd'hui, on reconstruit un autre monde et c'est vraiment l'essence même du geste du travail en tant que tel."
"Il y a l'expression d'un désir de concrétude qui a été déjà pensé au 19e siècle par Charles Fourier, à travers ce qu'il avait appelé les phalanstères : des maisons communes dans lesquelles les gens vivaient, effectuaient des travaux extrêmement variés, pouvaient se divertir et se réunir."
Le plus célèbre des phalanstères est le Familistère de Guise, fondé dans l'Aisne en 1858 par l'industriel Jean-Baptiste Godin. Cette immense cité ouvrière, où vivent près de 2000 personnes, est régie par la redistribution aux travailleurs d'une partie de la richesse produite par leur labeur. Produits de première nécessité, crèche, soins médicaux, accès à l'éducation et à la culture : tout est mutualisé, offrant aux ouvriers quelques-uns des privilèges de la bourgeoisie de l'époque. Adepte de Fourier, Godin croit que le travail mis au service du mieux-vivre est la raison profonde de l'homme.
Installée depuis 1967 en Virginie, la communauté de Twin Oaks tient son autonomie grâce à une organisation radicale. Chaque habitant doit travailler 42 heures par semaine pour la communauté, en échange de quoi il est logé, nourri et blanchi sans rien débourser. Les revenus de la vente de hamacs et de tofu fabriqués sur place assurent le pot commun. Twin Oaks compte aujourd'hui 130 personnes.
"Quel que soit le type de travail que l'on effectue, il est reconnu de la même manière. 1 heure à faire la vaisselle vaut 1 heure à couper du bois ou 1 heure à écrire un livre — si la communauté le reconnaît comme socialement utile."
"Redonner du sens au travail, rompre avec la division du travail, redonner de la variété dans les tâches : voilà des vecteurs de renouveau portés fortement par les communautés contemporaines."
Il y a 7 ans, Johann et Marjorie ont démissionné de leur poste de professeurs — au bord du burn-out à peine 30 ans — pour racheter une bâtisse au pied des Pyrénées et y installer Pourgues, l'un des milliers d'écovillages apparus en France ces dix dernières années.
"Mon corps était bien fatigué, usé. J'étais au bord du burn-out alors que j'avais à peine 30 ans. Il y avait quelque chose : je suis en train de mourir, donc j'ai envie de vivre et d'imaginer autre chose."
Une trentaine de personnes y partagent le gîte et le couvert, ainsi que toutes les tâches, y compris la gestion des 15 enfants qui vivent sur place. Certains ont des emplois à l'extérieur, d'autres travaillent au centre de sophrologie et de massage. Chacun verse selon ses moyens dans la caisse commune et contribue un minimum de 20 heures de travail par semaine pour la communauté.
"Le mot travail, moi je vois vraiment la notion de souffrance, de devoir serrer les dents et faire des choses qu'on n'a pas envie de faire. Alors qu'ici, j'ai la passion de la cuisine et je peux vraiment la vivre. Je cuisine selon les légumes de la réserve, il y a vraiment cette liberté — autant les horaires que ce que j'y fais. Il n'y a personne qui me subordonne. C'est comme si j'avais que des collègues. Même le mot collègue fait un peu monde du travail. Ce sont des compagnons."
"Mon travail peut varier. Je peux nettoyer les toilettes, écouter les gens quand il y a des tensions, aller à la forêt avec les enfants. C'est très variable, beaucoup d'improvisation."
"On n'est plus sur un système de 35h avec les week-ends. C'est comme si on avait un grand terrain de jeu. On peut presque tout faire du moment qu'on a vraiment l'envie de le faire."
Lors des conseils de village, les habitants décident de l'organisation des tâches de façon horizontale, au consensus. Pas de patron, des volontaires pour chapeauter les activités.
"Le but c'est de travailler ensemble et d'être plus efficace à 20 sur une mission d'une heure qu'une personne qui fait 20 heures seule. On est après Taylor, on est au pourgisme — et on est contents de le faire."
"Si je prends du temps pour moi, je travaille aussi sur ce qui se passe à l'intérieur de moi, sur ma psychologie, mon rapport aux autres, à l'environnement. Quelque part, c'est presque considéré comme quelque chose qu'on veut valoriser — quand quelqu'un prend du temps pour lui, ça fait du bien au groupe."
"Ici, le droit à la paresse, c'est un devoir."
"Il y a une crise de sens au travail qui progresse et qui se généralise. On vit dans une matrice qui est exaspérante. Nous, on a trouvé une faille et un moyen de continuer à vivre dans ce monde d'une manière plus épanouissante. La crise de 2008, le Covid, ce sont des accélérateurs qui montrent que le système est profondément malade et qu'il y a besoin de créer des alternatives."
"Il est nécessaire et important de prendre au sérieux ce qui se vit dans ces communautés. Ce ne sont pas juste quelques personnes en phase post-adolescente qui se réfugient. Ils inventent d'autres façons de vivre et de travailler, porteurs d'espoir pour transformer la société dans son ensemble."
"Toute la question c'est : comment peut-on reprendre du pouvoir sur le travail ? Est-ce que c'est possible au sein du salariat ou bien est-ce incompatible avec lui, et faut-il rompre avec ce modèle ?"
"Ces défis sont immenses et il sera très difficile de s'accorder sur la façon de les relever. Mais je pense que ces défis sont plus enviables que ceux qui ont hanté nos ancêtres durant des siècles : comment faire en sorte qu'il y ait assez pour tout le monde, comment faire en sorte que l'être humain n'ait plus à lutter pour survivre — ces questions qui ont hanté l'humanité pendant 300 000 ans."