URL : https://youtu.be/2xylK1qjQVE
Invité : Antoine BM — créateur depuis 2012, 14 ans d'expérience, 5M€ générés
Format : Podcast long (~3h)
[Hôte] Je suis avec Antoine BM, un dinosaure du web. Antoine fait partie des quelques personnes qui m'ont donné envie de me lancer. C'était en janvier 2016 — j'étais complètement perdu dans ma vie, j'avais arrêté mes addictions, j'avais arrêté de fumer, mais mes études me faisaient chier. Un jour, je suis tombé sur ta chaîne dans l'algorithme YouTube. Sur la miniature, il y a un mec sur une plage en train de faire un vlog. Je clique. Je m'identifie à toi parce qu'on a à peu près le même âge. Tu n'avais pas l'air d'un expert en costard depuis sa tour d'ivoire — juste un mec normal. Je me suis dit : lui il le fait, moi je vais le faire aussi. Il y avait toi, Jean Rivière, et Olivier Roland.
[Antoine] En 2012, j'avais 17 ans. Je vivais chez mon père, ça se passait pas super bien, j'avais mon bac bientôt. J'avais une soif de liberté gigantesque et un désir de créer du contenu qui était en moi depuis toujours. Enfant, je faisais des petits journaux pour ma famille, des petits blogs, des petites chaînes Dailymotion.
Quand je suis tombé sur des blogueurs qui voyageaient en Thaïlande et qui écrivaient leurs articles à l'arrière d'un taxi entre Bangkok et Chiang Mai — ça me faisait rêver. Ils étaient payés pour écrire, ils voyageaient, ils étaient libres.
Je me suis lancé sans trop savoir si ça allait marcher. Premiers euros 6 mois plus tard : 800 € sur une première formation. J'ai commencé à entrevoir une possibilité d'échapper à ma condition. Trois ans plus tard, je suis passé full time.
[Hôte] Qu'est-ce qui a changé entre les premières années et aujourd'hui ?
[Antoine] Il y a eu plein de générations successives de nouveaux créateurs qui arrivent avec l'opportunité du moment — le dropshipping, les NFT, maintenant l'IA. Moi, j'en suis toujours arrivé à la conclusion que ce que je faisais au début, c'est ce qui marche le mieux pour moi, et c'est toujours ce qui marche le mieux aujourd'hui.
J'ai testé toutes les plateformes : podcast, email, Instagram, TikTok, LinkedIn. Je me retrouve à faire des vidéos YouTube longues format comme quand je me suis lancé en 2015. Des gens achètent mon programme, me suivent — ça marche.
Il y a aussi un phénomène : ton audience grandit avec toi. Les gens qui se sont lancés avec YouTube sont toujours sur YouTube, ils continuent à en consommer. Ce qui marchait à l'époque marche toujours aujourd'hui. Le niveau d'exigence a évolué, il y a des nouvelles tendances, mais fondamentalement, si tu arrives à trouver des choses intéressantes à dire qui connectent avec ton audience, tu auras toujours une place.
[Hôte] C'est un cheat code d'avoir commencé il y a longtemps. Moi, j'ai eu une période avec beaucoup d'audience, puis je suis revenu sur des thématiques plus nichées liées au business en ligne. Des gens qui me suivaient il y a 5 ans reviennent : "Ah toi, je me souviens de toi, j'aimais bien." Ils se remettent à te suivre. Tu réactives des audiences. Quand tu as fait des millions de vues, tu existes déjà dans le répertoire mental des gens — tu es devenu une marque.
[Antoine] J'aime les gens qui font une longue carrière. Les Michel Drucker, les Stéphane Bern — ça fait tellement longtemps qu'ils sont là qu'ils font partie du paysage. S'ils lancent un nouveau projet, il y a toujours une audience, toujours des clients.
Ça va à l'encontre de l'idée que chaque créateur a une date de péremption. Moi, je n'ai jamais eu mon "prime" — jamais eu ce moment où j'explosais, où tout le monde parlait de moi. Je le vois comme un avantage : j'ai toujours été à un niveau de notoriété similaire, donc je n'ai pas le sentiment d'avoir régressé.
Tu peux toujours te renouveler en apprenant de nouvelles compétences, en développant de nouvelles stratégies. Et l'effet de simple exposition au bout d'un moment : les gens t'ont vu tellement de fois qu'ils te font confiance. Ils savent que tu ne vas pas partir avec la caisse. La constance est un atout énorme dans ce domaine.
[Hôte] Tu te vois toujours créer du contenu à 40, 50, 60 ans ?
[Antoine] C'est mon métier. Ce n'est plus une opportunité business, c'est mon métier. Je vais continuer aussi longtemps que je peux. S'il faut faire différemment, je le ferai différemment. S'il faut de nouvelles plateformes ou de nouveaux outils, pas de problème, je m'adapte. S'il faut utiliser l'IA pour accélérer, simplifier, augmenter l'ampleur, je le fais.
Même dans un monde où l'IA est omniprésente, il y aura toujours une audience qui aura envie de savoir quel est mon regard sur les choses — le regard d'un humain. Quand je lis un mail d'un créateur que je suis et que je réalise que c'est écrit par une IA, je me désabonne. Même si les idées sont intéressantes, j'ai besoin qu'un humain ait vécu le truc avec ses émotions, son point de vue, pour me le transmettre.
[Hôte] Si l'humain utilise l'IA pour écrire, c'est que pour la forme. Le fond, c'est lui. L'anecdote dans le texte rédigé par l'IA, c'est lui qui l'a vécue. Après, oui, certaines structures IA sont cramées à des kilomètres — le truc en trois points mécanique. Mais personnellement, ça ne me gêne pas.
Ça dépend aussi de l'usage : si tu t'abonnes à un créateur qui partage de l'information type géopolitique, tu t'en fous que ce soit l'IA. On a toujours utilisé des outils pour améliorer notre productivité.
Au début quand ChatGPT est sorti, il y avait une honte secrète de la part des créateurs — on ne voulait pas que les gens sachent. Phase 1. La phase 2 : tu commences à utiliser un peu, tu acceptes la rupture technologique, mais avec une petite pointe de culpabilité. Aujourd'hui, c'est une évidence. Si tu n'utilises pas l'IA dans tes process, tu te tires une balle dans le pied par rapport aux concurrents qui l'utilisent.
[Antoine] Je mettrais une nuance : c'est accepté dans le milieu des entrepreneurs, obsédé par la nouveauté, la compétition, produire toujours plus. Dans le grand public, je vois au contraire de la méfiance, des inquiétudes, une peur de perdre son boulot — et une envie forte d'authenticité, de réel.
Quand les gens ont l'impression que ce qu'ils lisent ne vient pas du cerveau d'une personne mais d'un système générant du contenu automatique, la déception est forte. C'est pour ça que beaucoup d'entrepreneurs ne disent toujours pas qu'ils utilisent l'IA. Ceux qui font du ghostwriting par IA, c'est rarement dit — ils savent que ça risque de faire perdre quelque chose chez leur audience.
[Antoine] J'avais délégué l'écriture à l'IA en me disant : à quoi bon écrire si elle peut le faire aussi bien que moi ? Et j'ai perdu quelque chose auquel je tenais. J'aimais écrire — ça stimulait ma pensée, ça me permettait de connecter directement avec mon audience.
J'ai recommencé à écrire. J'ai maintenant un email hebdomadaire qui s'appelle "les pépites" — que j'écris moi-même. Ça me prend 2 heures tous les jeudis. Ça pourrait me prendre 15 minutes avec l'IA. Mais depuis que je les réécris moi-même, et que je dis aux gens que c'est moi qui les écris, j'ai beaucoup plus de retours positifs.
Avant, ma liste email ressemblait à un canal à sens unique — plus personne ne réagissait, plus personne ne répondait. C'était un email parmi les 200 générés par l'IA qu'ils recevaient dans la journée. Recréer un canal safe en disant : "Là, c'est moi, j'ai mis du temps, j'ai mis du soin" — ça recrée du lien. C'est peut-être pas le meilleur moyen de générer des ventes, mais c'est important.
[Hôte] Personnellement, écrire une newsletter a toujours été un enfer — le perfectionnisme me prenait 4 à 5 heures pour 300 mots. Obsédé par la structure, la meilleure phrase possible, la formulation parfaite. L'IA qui donne un premier jet : fantastique. Et de toute façon, personne ne fait la différence.
Ce qui compte, c'est le fond. Un email écrit par l'IA, c'est un produit que toi en tant que créateur tu as validé — il a passé ton filtre. Aucun problème. Pour créer du lien humain, autant utiliser la vidéo : on n'en est pas encore à se cloner.
[Antoine] L'IA n'est pas un outil ordinaire. Un outil, c'est Photoshop — c'est moi qui ai pris la photo, j'utilise Photoshop pour la modifier. L'IA, c'est différent : elle peut trouver l'idée de la photo, générer la photo, et te faire toute une stratégie de cohérence visuelle. Pareil pour le texte : elle peut trouver l'idée, la générer mieux que toi, et avec les systèmes d'agents, publier tout ça automatiquement.
Je connais un mec qui dit : "J'ai toujours rêvé de faire une newsletter sur le stoïcisme. Maintenant que j'ai mon agent IA, il me l'a faite." Mais quel est l'intérêt ? Tu voulais le faire pour l'opportunité business ou parce que ça avait un sens pour toi ?
Dans ce monde-là, la bonne question n'est pas "qu'est-ce que l'IA peut faire ?" — elle peut tout faire. La bonne question, c'est : qu'est-ce que je refuse que l'IA fasse ? Qu'est-ce que je garde pour moi ? Et ça, ça devient ton identité, ton marketing.
[Antoine] Ce qui a toujours fait la différence, c'est pas "est-ce que c'est bien écrit ?" — c'est "est-ce que tu fais confiance à la personne qui l'a dit ?" Une dépêche de l'AFP et une dépêche d'un inconnu sur Twitter, même si les deux sont bien écrites, c'est pas la même chose.
Dans un monde où l'IA est omniprésente, ce qui va vraiment compter, c'est de créer de la confiance. Si un mec génère des vidéos par IA qui semblent être lui, et qu'un jour les gens le découvrent — c'est terminé pour sa crédibilité.
L'enjeu : si tu écris tes emails sans l'IA, dis-le — c'est un argument marketing. Si tu les écris avec l'IA, dis-le aussi. Il y a des gens qui vont lire tes emails justement parce que tu leur as dit que tu les écris toi-même, que tu as mis du soin. C'est là que se joue la vraie différenciation.
Utiliser l'IA doit être un choix éditorial conscient. La bonne question : est-ce que tu veux confier ce contenu à l'IA comme tu le confierais à un employé, ou est-ce que tu veux le garder pour toi ?
Analogie du journal : des pigistes rédigent certains articles, des journalistes d'autres, mais toi tu es le rédacteur en chef — tu écris l'édito du lundi.
Ce que les gens vont rechercher, c'est de la confiance. La notion de preuve d'humanité devient centrale : de plus en plus, face à quelqu'un sur internet qui prétend être humain, les gens vont exiger des preuves. La présomption de confiance disparaît.
Les trois douves protectrices pour un créateur humain :
L'information brute (ex : newsletter sur le stoïcisme) est une commodité. Les gens peuvent l'obtenir en demandant à l'IA. Ce qui crée de vraies relations, c'est la trajectoire, la complexité de la personnalité, le fait de s'identifier au chemin de quelqu'un.
L'IA n'a pas de convictions stables. Tu lui dis "je pense ça", elle dit "tu as complètement raison." Le lendemain, tu changes d'avis, même réponse. Cette limite — ne pas pouvoir tenir une position cohérente dans le temps — reste non résolue. Un créateur humain peut dire "je crois ce truc-là au point de me mettre moi-même à risque pour le prouver."
Il y aura un marché pour le contenu généré par IA — et c'est OK. Comme aujourd'hui coexistent des contenus de qualités très différentes. Il y a de la place pour des petits créateurs parce qu'il y a tout un tas de personnalités différentes. Les gens suivent des créateurs pas très connus, pas pour l'information brute, mais parce qu'ils les apprécient, qu'ils s'identifient à leur chemin.
Le contenu générique ne fonctionnait déjà plus bien avant l'IA. Il fallait déjà aller plus loin : idées, opinions, positionnement clair.
Accompagnement actif : ~30 personnes, paiements en plusieurs fois, suivi complexe.
Système mis en place avec Claude Code :
Principe directeur : "Avant d'embaucher quelqu'un, demande-toi si l'IA peut le faire à sa place." (approche Profit First — garder un business léger et agile)
Analogie boutique Hermès : quand quelqu'un paye plusieurs milliers d'euros, on ne lui met pas une borne de commande McDonald's. L'expérience premium exige un humain. Pour le reste (factures, suivi, relances), l'IA est parfaite.
Système de Personal Context Management : un second cerveau construit avec Claude Code, géré via Obsidian pour les fichiers Markdown.
Exemple concret : un skill personnalisé (prompt sauvegardé en Markdown) pour préparer les épisodes de podcast — recherches sur l'invité, lecture du contexte personnel, identification des zones d'intérêt pour la conversation. Une commande suffit à lancer toute la préparation.
Nouveau paradigme : tu n'as pas besoin de construire le système toi-même. Tu parles en vocal (Whisper Flow sur Mac), tu expliques ce que tu veux, et c'est l'IA qui crée la structure, les skills, et gère tout.
L'IA rend l'exécution facile et rapide — ce qui crée l'illusion qu'on peut exécuter plein de choses en parallèle. Résultat observé : des entrepreneurs qui lancent des sites partout, qui commencent à vibe coder des apps sans avoir jamais fait ça, avec 15 autres projets en cours — et qui ne postent pas plus de vidéos qu'avant, dont les vidéos ne sont pas meilleures, et chez qui rien n'a changé concrètement pour leurs clients.
Le vrai problème n'est pas un problème de productivité. C'est un problème de dispersion. Ce qui manque : une vision claire et la capacité à l'exécuter proprement.
Règle pratique : se limiter à quelques heures par jour pour l'exploration IA. Entrer rapidement dans des cas d'utilisation concrets et itérer. Ne pas chercher un système parfait dès le départ — commencer avec un skill imparfait et améliorer progressivement.
Le cerveau humain retient 7 à 9 informations en mémoire vive simultanément. La mémoire est une bibliothèque immense dont on ne sait pas accéder aux rayons. Le second cerveau compense ça.
Avec l'IA par-dessus : comme un exosquelette pour l'esprit.
Cas d'usage identifiés pour les créateurs :
Claude est déjà en soi un second cerveau universel pour l'information générale. La question : à quoi sert un second cerveau personnel si on trouve déjà ses idées, si on fait une vidéo par semaine et qu'on a toute la semaine pour réfléchir ?
Réponse : ce que Claude ne connaît pas, c'est toi — ta newsletter de la semaine dernière, ton histoire, tes décisions passées. Le Personal Context Management, c'est tout ce contexte personnel que l'IA généraliste n'a pas.
La valeur du second cerveau dépend du profil :
La bonne question à se poser : qu'est-ce que je fais aujourd'hui que je n'aime pas et qui me prend du temps ? Le meilleur endroit pour chercher des cas d'usage IA, c'est là où tu avais déjà envie de déléguer à quelqu'un.
Avoir des opinions claires et les assumer crée du magnétisme. Steve Jobs à 28 ans déclarait devant ses équipes que ses concurrents "n'avaient pas de goût" et que vendre un PC moins cher serait "forcément de la merde" — une posture qui fédère. Les créateurs qui semblent s'excuser d'exister ne génèrent pas de communauté.
La communication non verbale est le point le plus sous-estimé sur YouTube. L'énergie, le langage corporel, les expressions faciales — tout ça se travaille. Une pratique concrète : 20 minutes face au miroir chaque matin à Bali pour parler, convaincre, s'exprimer. Le contenu importait peu, c'était la forme. Les premières vidéos étaient mauvaises — c'est venu par la pratique délibérée.
Distinction clé : ta compétence métier (second cerveau, fitness, langues) versus tes compétences de communiquant. Les deux sont nécessaires. Beaucoup d'experts sont brillants mais incapables de créer seuls — ils ne brillent qu'en podcast avec un animateur qui fait ressortir leur substance.
Règle mentale : quand tu adoptes une méthode, convaincs-toi absolument que c'est la bonne. Le biais de confirmation n'est pas un défaut — il t'aide à tenir. Changer de méthode tous les 3 mois (fréquent chez les entrepreneurs TDAH) empêche de construire quoi que ce soit.
Sur le high ticket spécifiquement :
La frustration du high ticket pur : des gens qui achetaient les petits produits à 200 € n'ont plus accès à rien. Pas de petits produits depuis le lancement de l'accompagnement — envie d'en relancer, mais contrainte de temps et risque de réorienter l'attention.
Petits produits
High ticket
Conclusion : les deux modèles fonctionnent. Le choix dépend de ton profil — besoin d'asynchrone, tolérance à la création répétitive, goût pour le management ou l'artisanat créatif.
Structure actuelle de l'accompagnement :
Réalité que les gros acteurs du secteur confirment en privé :
Ce qu'on peut garantir : que les clients vont faire des vidéos, progresser, avoir du feedback. Ce qu'on ne peut pas garantir : l'explosion de la chaîne, 100 000 vues par vidéo. Ceux qui le garantissent mentent ou imposent des conditions inaccessibles.
Posture saine : garder l'esprit système. Tu crées un système qui aide le maximum de personnes — tu ne peux pas sauver individuellement chacun. Si quelqu'un n'est vraiment pas satisfait, on rembourse. Ce n'est pas dramatique.
Fin 2024, lancement d'un SaaS en building public sur Instagram pendant 3-4 mois, quasi quotidien.
Investissement :
Ce qui s'est passé :
Leçon en 2025 : avec le vibe coding, un développeur expérimenté aurait pu faire la même chose en 2 jours pour 0 €.
Statut actuel : SaaS fermé, passage à autre chose.
L'expérience : lancer un SaaS sans compétences techniques, en s'appuyant uniquement sur le marketing et l'audience. Constat après quelques mois : le marché du vibe coding explose, de nouveaux produits sortent chaque jour, et sans fond technique propre, difficile d'exister durablement.
Décision prise : recentrage sur ce qui fonctionne déjà (accompagnement, pédagogie, transmission de méthodes) et abandon du SaaS. Pas par manque de potentiel, mais parce que d'autres seront meilleurs à ce jeu. La lucidité sur ses propres forces vaut mieux que la persévérance sur une mauvaise cible.
Beaucoup d'infopreneurs qui vendent de la formation ont un biais : ils s'imaginent qu'un SaaS décollera aussi vite qu'un lancement de formation. C'est l'inverse.
Différences fondamentales :
Exemple concret — Tiny Pages : lancement fin 2024, traversée du désert la première année. Pivots successifs : d'abord plateforme minimaliste, ensuite intégration IA (Claude pour emails de vente), puis focus sur les coachs high ticket avec formulaires de qualification. Chaque pivot issu des retours utilisateurs, pas de la vision initiale.
Il faut choisir. Les deux à la fois, c'est possible uniquement avec les ressources d'un Hormozi (équipe dédiée, capital important). En mode solopreneur, l'énergie se dilue.
Ce qui motive dans un SaaS que la formation ne donne pas :
Contexte : 5 millions de chiffre d'affaires générés sur plusieurs années, trésorerie quasi nulle. Raisons :
Déclencheur : arrêt des lancements en 2025 (pivot SaaS), revenus stoppés, charges maintenues. Pendant 6 mois : impossible de se verser un salaire, avances de trésorerie personnelle, vente d'actions. Travail intense, appauvrissement réel.
Principe de base : créer 5 comptes bancaires distincts. Dès qu'une rentrée d'argent arrive, elle est immédiatement répartie en pourcentages fixes :
| Compte | Usage | Exemple de % |
| Revenus | Point d'entrée (transit) | 100 % entrant |
| Impôts | Provision fiscale | ~40 % (France) |
| Profit | Rémunération différée | 10 % minimum |
| Dépenses opérationnelles | Prestataires, closer, etc. | ~10-20 % |
| Dépenses courantes | Ce qu'on peut vraiment dépenser | solde restant |
L'erreur classique : regarder le solde global du compte (25 000 €), en déduire qu'on peut dépenser, et ne pas voir que 22 000 appartiennent déjà aux impôts, prestataires et provisions.
Avec Profit First : si le solde dépensable est 3 000 €, on n'achète pas de MacBook, pas de vacances à 12 000 €, pas de fauteuil à 9 000 €.
Règle d'entrée : commencer à 1 % de profit, même si on est endetté. L'enjeu est psychologique, pas mathématique. Les comptables détestent cette méthode (complexité administrative) mais elle est conçue pour des cerveaux qui ne raisonnent pas en tableur.
Livre de référence : "Profit First" de Mike Michalowicz (version française : "Le profit d'abord", traduction approximative, ~20 €).
Alternative observée : certains entrepreneurs maximisent dès le départ le patrimoine personnel plutôt que le chiffre d'affaires. Objectif cible fixé (exemple : 1 million de patrimoine), tout y converge jusqu'à atteindre ce seuil. Pas de frénésie de dépenses, pas de recherche de statut social visible. Cette posture évite naturellement les pièges de trésorerie sans avoir besoin de toucher le fond d'abord.
Dernier livre marquant : Scattered Minds de Gabor Maté — médecin diagnostiqué TDAH dans les années 1970, a écrit la première édition sous Ritaline et la seconde sans. Preuve que la concentration peut être retrouvée sans médicament.
Citation préférée : Steve Jobs, discours de Stanford — "Je me regarde dans le miroir chaque matin et je me demande si aujourd'hui était mon dernier jour, est-ce que j'aurais envie de faire ce que je m'apprête à faire ? Si la réponse est non plusieurs jours d'affilée, je sais que je dois changer quelque chose."
Podcast / contenu préféré : Les emails de Nicolas Galita (pas une chaîne YouTube mais du contenu qui apporte de la valeur).
App ou logiciel coup de cœur : Trello — système d'organisation complet (planning quotidien, CRM, idées de contenu, recrutement), connecté à Claude Code via API pour automatiser.
Objet physique utile : Le Time Timer — timer visuel avec disque rouge qui montre le temps restant d'un coup d'œil. Utilisé pour les ateliers avec les élèves et pour cuisiner. Recommandation forte pour les profils TDAH.
Meilleure décision des 12 derniers mois : Viser la constance. Le mot "constant" affiché partout — ordinateur, iPhone — pour résister à l'envie de tout changer. Trois éléments combinés : création de l'accompagnement, lecture de Profit First, diagnostic TDAH.
Trait de caractère étrange aux yeux des autres : Fascination intense pour les pistes cyclables et l'urbanisme. Obsession niveau "je regarderais des vidéos YouTube 100 % dédiées à ça." Combat politique personnel si un seul : le développement des infrastructures cyclables.
Schéma d'autosabotage persistant : La difficulté à ne pas changer de cap. Chaque semaine, une nouvelle idée qui semble impérative — puis 3h de recherche intensive pour réaliser que ça n'a aucun sens.
Habitude la plus importante : Poster une vidéo YouTube chaque mercredi — tout le business repose dessus. Structure hebdomadaire fixe : chaque jour de la semaine, le même type de tâches que la semaine précédente. Le plus important avant midi, toujours.
Ce qui rend le plus heureux : Marcher 1 à 2h l'après-midi avec son chien, dans un endroit agréable, avec une stimulation intellectuelle (podcast, réflexion). Outil de santé mentale numéro 1. Raison pour laquelle il ne pourrait pas vivre définitivement en Thaïlande (chaleur, manque de trottoirs).
Activité actuelle à suivre : Une vidéo YouTube par semaine sur la chaîne Antoine BM. Newsletter hebdomadaire le dimanche — "Les Pépites" — les meilleures découvertes de la semaine. Format assumé TDAH : syndrome de l'objet brillant canalisé en un email.