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Callisthénie — Dépassement de soi et transformation par le corps

URL : https://youtu.be/aOYqvVsBbPQ

Format : Interview/monologue profond (~40min)


La calisténie — Habiter son corps, écrire son histoire

La première traction et les larmes

La première fois que j'ai réussi à sauter sur une barre de traction, je suis descendu et j'ai fondu en larmes. Pas parce que c'est un accomplissement rare qui en met plein la vue. Mais parce que tellement de barrières étaient abattues.

Il y a que ce rapport très personnel au chapitre de notre histoire qui nous offre les plus belles émotions. Il faut tomber amoureux de sa propre histoire. Apprendre à voir son parcours comme une histoire dont on chercherait à écrire le premier chapitre. Se passionner de l'écriture de notre prochain chapitre. C'est quand on va revenir sur les étapes par lesquelles on est passé qu'on aura les plus belles émotions. C'est quand on va se donner tort à soi-même qu'on aura les plus belles émotions.

Ce qu'est vraiment la calisténie

On sait tous aujourd'hui qu'il est important de prendre soin de soi, de faire du sport, de trouver de la force à tout âge — condition pour être en bonne santé, mais aussi pour avoir confiance en soi. Mais ce qu'on propose le plus souvent — musculation, running, fitness — est à la fois répulsif pour beaucoup et pas très efficace.

La calisténie, ce n'est pas juste une méthode de développement musculaire — ça, c'est un bonus. C'est avant tout une manière de développer des capacités physiques que l'on ne possède pas, en utilisant seulement son corps, le sol, éventuellement un mur, quelque chose auquel s'accrocher. Des choses très simples. C'est aussi une manière de se connecter à son corps par la force, de façon très efficace et définitive.

Elle ne coûte absolument rien. Elle peut être pratiquée partout — dans la rue, dans la chambre, proche du lieu de travail. Elle se case facilement dans un planning moderne.

Un corps étranger à lui-même

Enfant, puis adolescent, puis jeune adulte — j'ai toujours été remarquablement mauvais, dénué de coordination. Je me suis toujours senti comme un habitant étranger à mon propre corps. Comme si un robot de chair un peu décevant, un peu malhabile transportait mon esprit. Il y avait toujours cette dichotomie entre les deux.

J'ai coché toutes les cases de l'homme moderne, particulièrement en France où très jeune les enfants sont mis à des bureaux pendant très longtemps. Je restais sur une chaise à longueur de journée. Mon cœur ne travaillait pas, donc il se réduisait. Ma mobilité n'était jamais utilisée. Je devenais de plus en plus rigide.

Marcher me paraissait tellement peu naturel que ça m'épuisait au bout de 20 minutes. Ça créait des tensions dans la nuque, dans les épaules — toute la machine semblait dysfonctionner. Je suis sorti de mes études supérieures à 23 ans en me sentant un vieillard, avec l'impression que mes grands-parents à leur âge avaient su être plus en forme que moi.

Ce qu'on a perdu et pourquoi

Le problème des sports vers lesquels on nous dirige, c'est qu'ils oublient de réparer le socle. Ils oublient comment fonctionnent nos mains, nos pieds, quelle mobilité on devrait avoir avant de commencer telle ou telle épreuve. Il faudrait pouvoir s'asseoir en squat profond, être à l'aise dans cette position. Toute la culture orientale y est. Nous, on est amoureux des chaises.

La musculation m'a apporté des douleurs supplémentaires. Certes un peu de gain musculaire — mais je me sentais encore plus une fraude, encore plus étranger à mon propre corps. Tant que mes capacités physiques étaient encore plus diminuées.

Ce que le fitness présente au grand public segmente le corps en parties séparées. La calisténie rappelle constamment que le corps fonctionne en unité. Si on se concentre sur le tronc à un moment, c'est pour ensuite qu'il rejoigne la respiration, qui rejoint le reste, qui rejoint la concentration, qui rejoint le mental.

La progression naturelle

Ce sport existe depuis des millénaires. Il s'agit juste de remettre au goût du jour des progressions qui ont toujours été là, qu'on nous fait oublier au profit du gadget, de la machine — parce que c'est ce qui rapporte de l'argent.

On démarre de quelque chose de très intérieur. Quelque chose de très méditatif — on commence par faire attention à ce qui se passe. Ensuite vient un travail sur la respiration, sur la chaîne abdominale, sur ce que j'appelle la clé de voûte de tous les mouvements complexes. Petit à petit, on va vers des choses de plus en plus complexes pour apprendre à faire des mouvements qui impliquent tout le corps — qui dégagent une certaine virtuosité, mais qui sont beaucoup plus accessibles qu'on le pense.

Il n'y a pas de don à avoir. Pour être bon au tennis, au football, il faut un génie particulier. Ici, non. C'est quelque chose de très naturel, très proche de nous, qui réveille des sensations que tout le monde peut avoir.

Un homme de 67 ans m'a envoyé une photo en train de faire le drapeau humain devant ses petits-enfants — pieds décollés du sol, corps parfaitement droit. Les gens m'épatent comme ça. Mais c'est parce qu'on a simplement oublié les mécanismes naturels de notre corps.

Ce qu'on n'entend pas encore — mais qu'on devrait

On commence à entendre que le muscle est un gage de longévité, de qualité de vie jusqu'à un âge très avancé. Mais bientôt, on parlera de l'explosivité — la capacité à réaliser un geste avec beaucoup de puissance très rapidement, et à amortir un choc. C'est directement relié à la longévité. Et il y a aussi la proprioception — la perception de la position de nos membres dans l'espace, l'équilibre — dont on parle encore trop peu.

Ma volonté avec la calisténie, c'était de présenter la solution avant que se présentent les problèmes.

La callisthénie comme discipline totale

Couvrir tout le corps sans s'en rendre compte

Le problème du fitness grand public, c'est qu'on présente les choses point par point. Un focus sur un aspect, puis un autre. Alors que l'idéal serait que les gens aient des outils qui couvrent tout en même temps : le muscle, la coordination, la proprioception, l'équilibre, la mobilité.

La force de la callisthénie, c'est de tout couvrir ensemble. Sans que ce soit nécessaire d'en être conscient. Parce que les gens ne sont pas motivés tôt dans leur vie par leur santé ou leur qualité de vie. Ces choses deviennent primordiales seulement quand on se retrouve face à ses limites, face à de vrais problèmes. Et ces limites se rapprochent de plus en plus.

Ce qui manque à toutes les vulgarisations bien-être, c'est un facteur simple : c'est cool. La callisthénie, c'est un sport qui donne envie. Il y a quelque chose d'enfantin, quelque chose d'un peu superficiel peut-être, mais qui attire — surtout les jeunes. Au lieu de se détruire avec une musculation brutale et déshumanisée, ils poursuivent des objectifs qui en mettent plein les yeux. "Ça serait stylé d'apprendre à faire ça." Et c'est vrai. C'est d'une beauté à couper le souffle. Ça défie ce qu'on croit qu'on peut faire.

C'est aussi ce qui m'a attiré au début. J'étais tellement feignant, tellement peu motivé, qu'il me fallait superposer beaucoup de couches à ce qui allait me motiver. Pas seulement quelque chose pour casser le mal-être. Il fallait aussi que ça fasse rêver, que ça porte ce côté enfantin d'être capable de quelque chose d'incroyable.

Une discipline intergénérationnelle

Ce que je vois parmi les pratiquants, c'est énormément de rencontres intergénérationnelles. Des pères qui pratiquent avec leurs fils, des mères avec leurs enfants. C'est extrêmement rare dans le sport : plusieurs générations qui s'entraînent ensemble avec les mêmes objectifs, et où chacun trouve quelque chose qui le fait vraiment vibrer.

Retrouver un rapport vivant au corps

La base, c'est de retrouver un rapport vivant au corps. Pas un rapport instrumental. Instrumentaliser son corps, c'est déshumanisant — et beaucoup de gens sensibles le ressentent sans pouvoir le formuler. Ce qui distingue cette approche, c'est qu'on commence par habiter son corps, par le sentir.

L'expérience de comédien : le corps bloqué

J'ai été quelques années comédien. Et c'est là que j'ai réalisé à quel point j'étais déconnecté de mon corps. En gros plan, j'étais bon. En plan large, j'étais mauvais. Les émotions restaient coincées dans le carcan de mon visage, elles ne s'exprimaient pas dans le corps.

C'est via la méditation — qu'on utilise beaucoup dans la formation des comédiens — que j'ai trouvé l'accès aux premiers exercices. Cette attention portée au corps, à ce qui se passe en nous, à ces toutes petites sensations, à la façon dont on agit sur elles et dont elles agissent sur nous. La méditation m'a permis d'aborder les exercices non pas avec un côté mécanique, mais avec quelque chose de très intime : j'apprends à te ressentir, j'apprends à écouter ce que tu m'envoies, et à voir comment tu réponds à ce que je t'envoie.

C'est un changement de perspective fondamental : au lieu d'instrumentaliser son corps, on fait alliance avec lui. On devient ami avec son corps pour l'emmener plus loin, et on l'écoute.

Une méditation de l'extrême

La musculation traditionnelle occupe l'esprit à encaisser des signaux très violents — l'acide lactique, la douleur musculaire. On apprend juste à les encaisser de mieux en mieux. La callisthénie, il y a ça aussi, mais au-delà, il y a une écoute constante, un effort de concentration permanent. C'est une méditation de l'extrême : au travers de signaux forts, on cherche quand même à découvrir de nouvelles sensations. On ne peut pas apprendre un nouveau mouvement sans chercher à sentir de nouvelles choses.

C'est ce qui rend les acquis définitifs. J'ai découvert des sensations de façon très éphémère avec certains exercices de méditation, avec certains sports essayés brièvement. Mais ici, le fait que l'écoute méditative soit mélangée à énormément de force et de tension musculaire fait que les deux s'imbriquent et restent. Définitivement.

Les acquis cardio-vasculaires de la course, on arrête, on les perd. Le développement musculaire de la salle, on arrête, on les perd. Les acquis dans la perception du corps et dans la façon dont le système nerveux réagit — ceux-là, on les garde. La discipline est difficile, mais elle change à vie.

Ce qui m'avait coincé avant, c'est que pour me sentir bien avec mon corps, je devais lui prêter attention constamment, constamment, constamment. C'était bénéfique, mais ça restait un effort quotidien. Dès que j'arrêtais, je revenais en arrière. La callisthénie m'a permis, pièce par pièce, de me connecter à mon corps. Et avec les figures avancées, de me connecter même à mon environnement.

Force et détente : une fausse opposition

Ce qui surprend les gens, c'est qu'on augmente la force et on augmente la détente en même temps. Le message général, c'est que la force demande la tension, le contrôle. Mais ici, ce qu'on apprend à tendre, on sait le détendre. Et il est plus facile d'apprendre à tendre quelque chose pour le détendre ensuite, que de détendre quelque chose qu'on n'a jamais vraiment su contrôler.

La musculation aujourd'hui tend à ne pas respecter la mécanique du corps. On segmente, on tend des mécanismes sans les faire fonctionner ensemble. Et un corps qui ne sait pas s'organiser en unité ne sait pas non plus se détendre d'un coup.

Le corps comme unité

La callisthénie, c'est "la beauté de la force". Une réconciliation avec la force — pas comme brutalité, mais comme unité.

En musculation classique, on muscle une partie du corps, puis une autre. On perd l'unité. Ici, on ne la perd jamais. Si on se concentre sur un segment, c'est toujours ponctuellement, pour l'intégrer à l'ensemble.

Résultat : des pratiquants qui semblent beaucoup plus forts qu'ils n'en ont l'air. Parce que tout fonctionne en harmonie. Un pratiquant de callisthénie peut entrer dans une salle de musculation sans y avoir jamais mis les pieds, et surpasser des habitués. Parce qu'il a appris à faire que chaque mouvement implique tout le corps.

Tout part du tronc

L'effort central, c'est le tronc. On fait en sorte que tout parte du tronc vers les membres — alors qu'on a tendance à visualiser le sport comme quelque chose qui utilise les membres, avec le tronc un peu oublié.

La respiration, le diaphragme, la contraction des muscles profonds — tout ça devient systématique. Exemple : lever la jambe, on peut le faire en utilisant seulement les fléchisseurs. Anatomiquement, pas besoin d'inclure les abdos. Mais on s'y oblige, au début de façon consciente et forcée, jusqu'au jour où lever la jambe déclenche automatiquement la contraction abdominale.

La force fonctionne par ruissellement. Plus on apprend à contracter efficacement un muscle, plus ses voisins se contractent efficacement. C'est ça qui protège. C'est la clé pour ne pas se faire mal.

La force sans le virilisme

Je ne me suis jamais reconnu dans le modèle dominant de la force — cette puissance écrasante, cette image de virilité agressive. Quand je m'approchais du "monstre fitness", je me sentais agressé, parfois même insulté par des hommes qui en avaient un rapport très superficiel.

Pour moi, ce n'est même pas une question d'homme ou de femme, d'être viril ou pas. On a tous un corps. Il fonctionne pour tous globalement de la même manière. Y mettre des questions de genre, je ne les comprenais tout simplement pas.

La force réelle n'a rien à voir avec la brutalité

Entre le modèle viriliste du fitness et l'absence totale de rapport au corps, il existe quelque chose d'autre : un rapport vivant à la force. En apprenant à contrôler son corps, on apprend à se contrôler soi-même. On apprend à se découvrir.

La force que cela induit est bien sûr physique — mais le voyage qu'on entreprend dans la callisthénie crée quelque chose de bien plus profond : une force mentale, plus saine que celle du fitness traditionnel.

Le cycle perpétuel d'apprentissage

En callisthénie, on est constamment dans la découverte de soi. À chaque nouveau mouvement abordé, même après des années, on se retrouve terriblement nul — parce que chaque mouvement est tellement différent des autres. On apprend perpétuellement à se sentir perdu, et on apprend perpétuellement à évoluer à partir de là.

C'est ce cycle sans fin qui finit par nous rendre puissant dans la vie. Bien plus que ne l'aurait fait la répétition mécanique des mêmes gestes.

En musculation traditionnelle, les mouvements du premier jour sont ceux du dernier jour — on se contente de rajouter du poids. Ici, à chaque nouveau mouvement, on se jette dans le bain, on se noie, on apprend à nager. Et on recommence. Perpétuellement.

C'est ça le sport, dans sa vérité : un processus de constant apprentissage.

Se donner tort à soi-même

Les tractions me paraissaient inaccessibles quand j'ai commencé. J'étais persuadé d'avoir un blocage au niveau des omoplates, une physiologie particulière qui ferait que je n'y arriverais jamais.

Me prouver tort à moi-même — et en faire une habitude — a ouvert tous les horizons dans la vie en général.

Sortir de la comparaison : tomber amoureux de sa propre histoire

Pour sortir de la comparaison permanente, il faut tomber amoureux de sa propre histoire.

Personne ne part du même point de départ. Personne n'a les mêmes objectifs. La comparaison n'a donc pas vraiment de sens en premier lieu.

Ce qu'il faut, c'est apprendre à voir son parcours comme une histoire dont on chercherait à écrire le premier chapitre. Se passionner pour l'écriture du prochain chapitre. En faire quelque chose de central dans son évolution.

Les plus belles émotions arrivent quand on revient sur les étapes par lesquelles on est passé. Quand on se donne tort à soi-même. La comparaison n'a jamais fait ressentir grand-chose à qui que ce soit.

La première fois que j'ai réussi à sauter sur une barre de traction, je suis descendu et j'ai fondu en larmes — de bonheur. Pas parce que c'était un accomplissement rare ou impressionnant. Parce que quelque chose dont je m'étais convaincu serait à jamais inaccessible... ne l'était pas.

Il n'y a que ce rapport très personnel au chapitre de notre histoire qui nous offre les plus belles émotions. La comparaison, même si elle sera toujours là, n'offrira toujours que des émotions médiocres. Et on ne vit que pour nos émotions.

Construire une discipline dans un monde de distraction

Au début, c'est un acte de foi.

On a l'impression qu'il faut devenir un grand stoïcien pour trouver la discipline. Mais au début, ce sont des habitudes très pratiques : faire son lit le matin, mettre le téléphone de côté un peu plus chaque jour. Des choses qui poussent dans l'inconfort, mais progressivement.

Beaucoup veulent passer d'un coup à une vie monastique — et imploseent au bout de quelques mois. Il faut être bienveillant avec soi-même. Progressif.

En ressentant les bienfaits, on finit par avoir l'appétit d'un peu plus de solitude, d'un peu moins de bruit. Et on arrive naturellement à s'éloigner des distractions.

Pour le sport spécifiquement : les premiers fruits mettent toujours au moins quelques mois à être palpables. Au début, c'est donc presque un acte de foi. Je me suis dit : si je m'y tiens quelques mois, il va forcément se passer quelque chose. Même persuadé que j'y arriverais sans doute pas — 28 ans de vie précédente à être nul en sport, à être applaudi pour mes humiliations m'avaient enseigné tout l'inverse.

Et puis quand j'ai pu goûter les fruits de ce travail — là, ça devient beaucoup plus facile. La discipline nous a récompensé. On finit même par apprécier les contraintes qu'elle impose, pour ce qu'elle nous apporte.

Transformer son corps, transformer son être

Faire ce travail sur son corps, ce n'est pas qu'un travail sur son corps. C'est un travail sur notre être, sur notre rapport au monde.

Lorsqu'on est enfermé dans la cage de son esprit, on ressent l'environnement comme quelque chose d'étranger et brutal — quelque chose qui vient constamment nous heurter. Et on répond en général avec plus de nervosité et d'émotivité qu'on ne le devrait.

Quand on apprend à se connecter à son corps, puis à ressentir son environnement, les choses s'accueillent beaucoup plus simplement. L'espèce de dôme de verre qu'on avait autour de soi part. On arrive à percevoir les interactions avec les autres comme faisant partie d'un tout dont on fait aussi partie.

Il y a quelques années, j'aurais été incapable d'avoir cette conversation. Au bout de 10 minutes, j'aurais commencé à percevoir chaque échange comme quelque chose qui vient me heurter. Le sport a diminué ces barrières. Je ressens le dialogue avec les autres de façon beaucoup plus détendue.

Affronter ses peurs primales

La callisthénie fait peur — on voit des gens tenir en équilibre sur une main, sur un pied, dans des positions acrobatiques. J'ai eu très peur au début. La première fois que je me suis accroché à une barre, je suis tombé sur mes fesses.

Mais c'est précisément ce passage qui permet d'apprendre le plus. On apprend à surmonter des peurs très primales : la peur de la chute, la peur instinctive quand le corps se trouve dans des positions où il n'a plus aucun repère.

La peur est juste un facteur à surmonter. Elle récompense énormément.

La méthode : y aller centimètre par centimètre. Chaque progression, je la répète jusqu'à m'en ennuyer. Puis j'aborde la suivante. Elle fait un peu peur, pas trop — parce que j'ai dosé. Je l'ai répète jusqu'à ce que le frisson soit remplacé par l'ennui. Et je passe à la suivante.

Je ne me suis jamais blessé — moi, le roi des maladroits — simplement parce que j'aborde les choses de façon tellement progressive. Il y a toujours une progression qui met dans l'inconfort sans effrayer. C'est là que le corps évolue le plus.