URL : https://youtu.be/MPoOtqHay7w
Format : Retour d'expérience, ton direct
Pendant des années, Antoine a été le "jumeau maléfique" du narrateur. Alors que ce dernier vendait des formations à 2 000 € créées sur 6 mois, Antoine lançait des petits produits en série : quelques jours à créer, vendus une centaine d'euros, et ça marchait fort.
Le narrateur a lancé plus de 250 formations — là où la plupart des gens en lancent deux ou trois et les font grossir. Antoine, lui, promouvait son modèle, et pour le narrateur, le high ticket représentait alors la pire façon de vendre : processus long et complexe, produits difficiles à vendre, structure lourde (rendez-vous, closers, webinaires), et surtout la fin de la liberté des créateurs.
Sauf qu'en 2025, Antoine a tout changé. Il est passé de 1 000 clients à 50 clients, mais vend 25 fois plus cher.
Les petits produits ont commencé à moins bien marcher. Il faut être honnête là-dessus.
Antoine s'est séparé d'une personne avec qui il était en couple depuis presque 10 ans. Il a déménagé. Il a aussi tenté de lancer un SaaS qui n'a pas fonctionné. Cette période de crise a provoqué une remise en question profonde.
Antoine s'est fait diagnostiquer TDAH. Il a compris que son épuisement venait de là : son cerveau était constamment attiré par la nouveauté, et il avait construit un business model entièrement dépendant de cette nouveauté.
Conséquences concrètes :
Au lieu de créer un nouveau produit puis un autre puis un autre, l'idée : créer un produit et l'améliorer chaque semaine. Construire quelque chose de durable, de plus calme, dont on peut être fier. Et surtout — voir les gens progresser, ce qui n'arrive pas avec les petits produits, "comme les bouquins : tu ne vois pas pour qui tu travailles."
Phase early adopters : 3 000 € pour 3 mois. Passé ensuite à 5 000 € pour 6 mois.
La raison du passage à 6 mois : les "vidéos dividendes" paient souvent au bout de plusieurs mois. Des gens avaient créé des vidéos pendant 3 mois sans percée, puis ces mêmes vidéos ont commencé à performer dans les 3 mois suivants. 6 mois laisse le temps de construire un système et d'avoir de vrais résultats.
Pourquoi 5 000 € :
Sur la question "aurais-tu pu vendre encore plus cher ?" : Antoine ne sait pas, il n'a pas testé. Mais il note qu'à 10 000–15 000 €, on s'adresse à des entrepreneurs déjà établis — et paradoxalement, ce ne sont pas toujours les plus engagés. Parmi ses premiers clients, deux gros infopreneurs sur trois ont été des "membres fantômes". Les plus actifs sont souvent ceux qui paient en deux ou trois fois, pour qui l'accompagnement a le plus de valeur.
Sa cible : des gens qui peuvent sortir quelques milliers d'euros en s'organisant, qui ont déjà un business qui tourne, mais qui ne sont pas des grandes fortunes.
Antoine a pris lui-même une trentaine d'appels au départ, pour comprendre comment ça marchait. Il est assez bon en appel — mais déteste le follow-up : relancer les gens sur WhatsApp, demander s'ils ont réfléchi, s'ils ont pris une décision. Ça le mettait de mauvaise humeur.
Il a donc recruté une "conseillère" (il déteste le mot "closer" — trop Wall Street). Sa rôle : comprendre le profil du prospect, pas le forcer. Si quelqu'un n'a pas le bon profil, on ne le veut pas dans l'accompagnement. Elle met zéro pression, les gens finissent par acheter spontanément.
Il l'assume : c'est un proof of concept. Une fois validé, il optimisera. Pour l'instant : "c'est juste moi sur YouTube qui dit 'Coucou, j'ai fait un truc, c'est cher, cliquez pour prendre un rendez-vous.' Les gens qui prennent rendez-vous, et ma conseillère qui le vend. C'est juste ça. En sous-régime."
Les "gros marketeurs" disent de ne jamais donner le prix avant — les gens ne peuvent pas évaluer la valeur sans contexte. Antoine déteste de son côté prendre un appel sans savoir ce que ça coûte. Il a donc mis le prix dans le questionnaire pré-appel. Il ne sait pas si ça réduit les inscriptions, mais il assume la friction.
Antoine passait parfois un mois entier sur une page de vente et une séquence email. Son sentiment aujourd'hui : les pages de vente traditionnelles sont moins performantes. L'attention des gens est plus courte, ils n'ont pas envie de lire des pages entières — mais il faut quand même leur donner les informations pour justifier un achat à plusieurs milliers d'euros et répondre à leurs objections.
La mode actuelle : des IA qui font de la vente en message privé sur Instagram, en faisant croire aux prospects qu'ils parlent à la personne réelle (attentes simulées de 10 minutes avant de répondre, etc.). Antoine est catégoriquement contre. "C'est une arnaque. L'IA peut transmettre ton produit, c'est super. Mais faire croire aux gens qu'ils te parlent alors qu'ils parlent à un serveur ChatGPT, c'est pas normal."
La pire chose en vente : répéter un truc que les gens ont déjà entendu. Il faut packager une idée ancienne dans quelque chose de neuf, générer de l'excitation.
Exemple : YouTube n'est pas nouveau. Mais le concept "YouTube dividende" répond à un problème actuel — la roue de hamster des réseaux sociaux. Le message : poste une fois par semaine et laisse tes vidéos travailler pour toi pendant que tu dors. Ce concept est nouveau pour les gens, et c'est ça qui accroche.
Antoine admet ne pas l'utiliser du tout en ce moment — et pense qu'il pourrait vendre deux ou trois fois plus s'il le faisait. C'est toujours le dernier jour qu'on vend le plus. Sans deadline, les gens repoussent indéfiniment. Il cherche une façon saine de créer de l'urgence sans faire des lancements qu'il déteste.
À son pic, Antoine avait 7 ou 8 personnes : équipe pub, conseillers, avocat, etc. Des coûts très élevés qui l'enchaînaient à des revenus très élevés. "J'en avais marre de faire de gros chiffres et d'être dans le rouge."
Aujourd'hui : un monteur vidéo, une conseillère, un comptable. Il gère tout le reste lui-même — intentionnellement, pour comprendre exactement où il a vraiment besoin de déléguer avant de le faire.
Antoine n'a pas fermé la porte aux petits produits. Il en a envie, il adore ça. Mais chaque semaine consacrée à un petit produit est une semaine de moins sur l'amélioration de son accompagnement — et il sait précisément ce qu'il doit faire chaque semaine pour progresser (modules, mises à jour, outils, système de vente).
Sa réflexion pour éventuellement relancer un petit produit : faire une prévente. Moins de 100 commandes → il rembourse et ne lance pas.
Il est lucide sur sa situation : "Je suis encore dans une phase fragile. J'ai peur d'arrêter le high ticket." Il est engagé sur 6 mois avec ses clients actuels, et il veut les voir jusqu'au bout. Mais il n'exclut pas de ne pas renouveler après, et de revenir aux petits produits — en cherchant un modèle qui combine liberté créative et quelque chose de stable qui aide vraiment les gens.