ULTRAMAN : Comment forger une DISCIPLINE et une FO
2026-07-14 68 min
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ULTRAMAN : Comment forger une DISCIPLINE et une FORCE MENTALE INCASSABLE? | Mathieu Blanchard

URL : https://youtu.be/dMAsTRZBayU

que il y a aussi une forme de plaisir dans la souffrance. Souffrir, c'est aussi ressentir et ressentir c'est vivre. Aujourd'hui, on a une relation à l'inconfort qui est quelque chose d'ultra négatif. Il fait chaud, on met la clim, il fait froid, on met le chauffage et on veut plus rien ressentir. Et rien ressentir pour moi en fait c'est être mort. J'ai vu une intervie de Kipoget qui disait que les personnes les plus disciplinées justement, c'est les plus libres. Le potentiel humain physique et mental est beaucoup plus grand que ce qu'on imagine. Je sais pas si tu le sais mais on est des mutants. C'est quoi qui te pousse à continuer justement à surmonter la douleur et à vraiment finir alors tu pourrais juste t'arrêter ? On se met pas des limites. C'est les autres qui nous mettent des limites. You en parlait tout à l'heure sur 650 km. Je pense que j'ai souffert 620 km. Il y a un danger de mort permanent et puis le froid extrême en fait tue en très peu de temps. Si on fait une erreur, on peut vraiment mourir. J'avais extrêmement froid, j'avais extrêmement faim. J'avais mal partout mais ben je continue à avancer donc c'est vraiment dans la tête que ça se passe et c'est ce qui va tout piloter quoi. Comment toi tu penses que tu as fait pour détruire des limite mental que que tu as pu avoir ? Ouf ! Oh la question philosophique. Bah écoute euh salut tout le monde. Je veux juste prendre le temps pour vous remercier pour votre soutien et pour tout l'engouement, qu'il, y a, autour, du podcast. Ça fait un peu plus d'un an qu'on a commencé et on aurait jamais imaginé avoir autant de soutien de votre part. En revanche, on entre dans une nouvelle ère et vous êtes plus de 90 % à regarder les vidéos et à pas être abonné. Donc, on a vraiment besoin de vous que vous vous abonniez pour ne plus rater aucun podcast parce qu'à partir de maintenant, on va en sortir un par semaine. Merci à vous. On continue avec le podcast. [Musique] Mathieu, salut. Saluté, je suis très content de d'être ici avec toi aujourd'hui. Tu as un palmarès vraiment impressionnant podiumb vainqueur de la diagonale des fous, vainqueur du Yukon Artic Ultra. Tu as fait le record du FK du GR1. Il y a rien de tout ça qui est normal. Tu fais vraiment des choses extrêmes anormales. Mais, qu'est-ce, qu'il, y a, d'anormal, chez toi ? Qu'est-ce, qu'il, y a, d'anormal, chez, moi, ? Je pense que c'est la profonde passion de passer du temps dans les milieux naturels et pas que de passer du temps d'exposer mon corps dans ses retranchements dans les milieux extrêmes. C'est ça qui me passionne en fait, c'est vraiment de d'aller voir un petit peu où se trouvent les limites et comment les dépasser en optimisation en optimisant notre potentiel parce que plus jeune, j'ai été éduqué un petit peu comme tout le monde avec des limites qui nous sont racontées par notre éducation, voir nos nos plus proches comme nos parents. Et en fait quand on commence à aller titiller ces limites là, on se rend compte qu'en fait la vérité, elles sont pas là les limites. Et après euh ben ça m'a très très vite passionné de voir que euh finalement euh le potentiel humain euh physique et mental est beaucoup plus grand euh que ce qu'on imagine et il faut parfois même se replonger euh très loin euh dans nos passés d'homo sapiens pour voir ce qu'on était capable de faire et puis se dire que ben on serait on est encore capable de le faire aujourd'hui. Carrément. J'aimerais tu as parlé de d'exposer ton corps dans des milieux naturels. J'aimerais direct parler de l'épreuve que tu as fait qui m'a le plus impressionné. Je sais même pas si on pe appeler ça une épreuve, mais le Yukon Arctic Ultra euh tu as été le premier à terminer cette course, c'est 600 km dans un froid extrême. Avant de parler de l'épreuve, est-ce que tu peux m'expliquer comment tu t'es préparé pour affronter une épreuve aussi unique ? Bah alors, des épreuves comme ça, on peut pas vraiment s'y préparer parce que tu l'as dit, à plus de 600 km, donc déjà c'est des distances, c'est c'est dur à imaginer. C'est sûr que si on a toute l'année pour le faire, ça passe. Sauf que là, c'est dans le cadre d' d'une course. Donc il y a un chronomètre qui est lancé au départ., Il, y a, une, barrière, horaire, qui fait que si on va pas assez vite, on est arrêté. Donc c'est ça qui est difficile c'est de parcourir ces longues distances dans une échelle de temps assez courte. C'est quoi le barrière horaire sur cette course ? C'était euh si mes souvenirs sont bons c'était 12 jours pour faire les 650 km. Donc ça faisait à peu près euh entre 50 et 60 km par jour à faire pour pouvoir tenir les barrières horaires. Sauf que la particularité, ben le grand froid, donc on est descendu à des températures en dessous de - 40° Celus en réel parce que souvent il y a le ressenti qui est pas tout à fait pareil. Et en fait pour s'y préparer, c'est de l'expérience de vie pendant des années parce qu'au final tout ce qui est matériel et tout ce qui est gestion du froid, c'est juste technique. Bon, on pourrait presque l'apprendre dans un livre. Par contre, l'expérience euh de le vivre pendant longtemps et d'être complètement déconnecté du monde et de devoir s'adapter à des situations très complexes où la vie est même en péril ça c'est vraiment des expériences de vie qui se font sur des années. Et euh et donc c'est pour ça que dans ce titre d'épreuve, si on arrive et qu'on a un excellent technicien mais qu'on a pas d'expérience, ça fonctionnera pas. Et l'inverse peut marcher aussi. on peut arriver un petit peu je pas dire à l'arrache. Moi je suis pas arrivé à l'arrache, mais je suis pas non plus euh quelqu'un du grand nord, même si j'ai vécu un petit peu au Canada. Mais euh toute mon expérience et justement ces ces dispositions mentales ultra difficiles dans lesquelles j'ai pu me mettre dans ma vie dans les différents défis m'ont aidé à passer à travers ce cette aventure. Tu penses que construire justement un esprit, un corps aussi prêt à affronter ça, ça prend vraiment du temps ou c'est l'intensité de ton entraînement qui qui peut jouer ? Je pense que c'est surtout Ouais. le temps et l'expérience parce que parce que en fait le corps humain et même le mental, on peut le voir aussi comme une sorte de de muscle qui va se renforcer. Euh, il va s'adapter quasiment à tout téléchargge que tu vas lui appliquer. En fait, euh je sais pas si tu le sais mais on est des mutants. Hm hm. Euh on a vraiment quand tu as exposé à une charge extérieure euh par exemple très simple, tu soulèves des altères mais tes muscles ils vont grossir. Donc voilà, quand tu as exposé par exemple à de la chaleur, tu fais des séances de sona où tu t'entraînes dehors dans la chaleur, ton corps va développer aussi des adaptations. Tu vas augmenter ta capacité de sud, tu vas avoir tes tu vas augmenter ton volume de plasma, donc tu vas avoir plus de sang, tu vas augmenter aussi les diamètres de tes de tes artères. Et ça c'est la même chose pour le froid. C'est la même chose pour pour le sommeil, pour la gestion du sommeil pour la gestion de l'effort. Et si tu t'expose un petit peu tous les jours, un petit peu à des contraintes qui sont pas celles du confort de chez toi, ben ton corps devient mutant s'adapte à ça et le jour où tu te retrouves dans des situations ultra difficiles, bah tu es prêt à passer au travers. Est-ce que tu penses que cette course que tu as faite, c'est la plus difficile que tu jamais faite ? Oui, c'est clairement la plus difficile que j'ai jamais faite parce que je m'étais jamais retrouvé vraiment dans des événements où il y a un danger de mort permanent. Euh chaque journée, j'étais Ouais, c'était Si on fait une erreur, on peut vraiment mourir. Et c'est pas une exagération de Marseillais là, c'est vraiment on peut mourir parce qu'on est loin de tout, on n pas de réseau et puis le froid extrême en fait tue en très peu de temps. Voilà. J'ai eu aussi des expériences dans le désert du Sahara par exemple. Voilà, ou des températures à plus de 50° Celus, on a le temps de se poser même s'il y a pas d'ombre et de réfléchir et de d'essayer de trouver des solutions si on a un problème, si on se casse une cheville ou voilà. Là dans le froid en fait, c'est que si on s'arrête à - 40, le froid vraiment le corps en fait veut se maintenir à notre température de base qui est de 38° et quand il fait - 40 mais le combat contre le froid, il peut pas durer bien longtemps. Et ce qui fait qu'en fait, on va faire une hypothermie et puis s'endormir tranquillement. C'est pas une mort douloureuse, mais euh mais c'est quand même quelque chose euh d'extrême et ça peut aller euh très vite parce qu'en fait on quand on s'arrête en fait, on perd par exemple euh les doigts, on peut plus euh on a plus d'appréhension, on peut plus pincer avec le pouce et s'il faut euh gérer des trucs, on peut plus le faire en fait. Et et donc c'est c'est là que c'est là que c'est assez critique parce que bon, on a quand même des balises GPS sur nous mais parfois s'il y a un mauvais temps ou que on est vraiment très loin bah d'un village, le temps qu'il vienne c'est trop tard quoi. Ouais. Donc en fait il y a un palier où ton corps répond plus et tu sombes tout seul vers C'est ça. Ouais. Et et ce qui et ce qui est très très euh ce qui fait très très peur aussi, c'est justement le sommeil parce que quand on se met euh dans un sac de couchage par terre, dehors comme ça des températures extrêmes et qu'on tremblotte un petit peu dans le sac de couchage et qu'on sait euh comment euh justement le mécanisme d'hypothermie se fait, ça c'est-à-dire que ben tu t'endors et tu te réveilles pas quoi. Donc donc c'est un me fait angoissant quand tu dev un sac de couch des doutes des fois comme ça. Ben oui, donc j'étais j'étais un petit peu j'avais très peur. Donc finalement c'est ça, tu dors si vraiment tu commences à tremblotter un petit peu avant de t'endormir, bah finalement ce que tu fais c'est que tu sors du sac de couchage et tu repars donc tu dors pas en fait. C'est vraiment dingue. C'est vraiment dingue. Est-ce que tu peux me parler justement de j'ai évoqué les doutes de ton état mental pendant la course. Est-ce qu'il y a des moments où tu étais vraiment au plus bas et tu doutis de pouvoir finir ou même de rester en vie ? Ben, je dois te dire euh que c'était tout le temps et même euh dès le départ, dès la première minute. Faut savoir qu'on était donc euh on partait de Tesline, un petit village des premières nations euh du Yukon. Donc on était à l'intérieur tous là, on était une cinquantaine de participants dans un chalet euh au chaud. Il devaiit faire 30° là-dedans. Et au moment où on est parti, en fin d'après-midi, il faisait déjà - 35 dehors. Donc ça faisait un delta de température de + 30 - 35°. Ce qui fait que je me suis dit mais là comme ça pendant 650 km en fait j'étais sur la ligne de départ, j'arrivais pas du tout à me projeter, à me dire mais comment je vais faire 650 km dans cette température là quoi. Et en fait il suffit de de découper par étape, d'aller de checkpoint en checkpoint. Mais c'est sûr que chaque nuit que j'ai passé chaque moment où j'arrivais plus à tirer ma luge, je me disais qu'il restait encore beaucoup de kilomètres, jamais je vais aller au bout quoi. Mais mais voilà, on s'accroche et on découpe un petit morceau et on finit par y arriver. C'est incroyable parce que oui, tu as dit la luge pour les gens qui savent pas, tu tires ton matériel derrière toi dans une petite luge. C'est ça. Ouais, tout à fait. Quand on fait des des projets dans le grand froid, en fait, on a besoin quand même de beaucoup de matériel pour pouvoir survivre et ce matériel est trop lourd pour le porter sur le dos. Euh déjà par rapport à la distance, ça ferait trop mal aux épaules et puis tu t'enfoncerais dans la neige. Ce qui fait que tout le matériel, on le met dans une luge qu'on appelle dans le langage une pouka qui est derrière accroché avec deux petites cordes et puis on tire notre matériel comme ça pour pour pouvoir pour pouvoir avancer. C'est incroyable. et quand il y a la descente, on peut s'asseoir sur la luge aussi. J'avoue, ça ça doit aider. Ça doit aider. Et euh j'ai t'ai posé la question si tu as douté de finir certains moments parce qu'il y a beaucoup d'athlètes qu'on leur demande "Est-ce que tu penses que est-ce que des mouté ?" Ils disent "Non, je savais, j'ai toujours su que j'allais finir." Est-ce que toi déjà c'est comme ça ou il y a vraiment des moments où tu te poses des questions ? Ben en fait, c'est sûr que je reste humain, je suis pas un robot et puis j'ai peur comme tout le monde. J'ai eu des moments de doute et puis des douleurs aussi. extrême dans mon corps comme j'ai déjà ressenti dans d'autres épreuves. Euh après moi je suis voilà je suis je suis dangereux pour moi-même je pense et que tant que je peux toujours faire un pas de plus 1 cm de plus qui t'a pas rampé non plus dans la neige mais peut-être peut-être marcher à quatre pattes. Je l'ai jamais fait encore mais mais je vais continuer à avancer en fait et ce qui montre que voilà c'est cet aspect mental aussi prend vraiment le dessus sur tout le reste. J'avais extrêmement froid j'avais extrêmement faim, j'avais mal partout mais je continue à avancer. Donc c'est vraiment c'est vraiment dans la tête que ça se passe et c'est ce qui va tout piloter quoi. Donc voilà, après faut rester aussi faut rester aussi humble par rapport à à ce qui se passe autour. Mais voilà, tant que tant que ça avançait euh j'avançais mais à aucun moment c'était gagné. Et je te dirais même que jusqu'à la dernière journée, j'étais pas sûr d'arriver au bout. J'avais j'avais des douleurs dans les jambes et la la fin de parcours était vraiment en montagne avec des des pentes extrêmes et des moments où c'était tellement raide que je n'arrivais même plus, j'étais épuisé à tirer ma luge et je me et je m'arrêtais en bas de la pente, je la regardais, je regardais en haut de la pente. Je me disais mais je sais même pas comment je vais monter, je vais peut-être monter en haut, faire un système de de treuil pour monter ma luche. Donc ouais, tant que tu es pas arrivé au bout, tout peut arriver et et voilà, faut faut bien rester concentré. Est-ce que tu penses que cette volonté de faire que tu as qui te pousse à toujours faire un pas si tu peux, c'est quelque chose dîner ou c'est quelque chose que n'importe qui peut développer avec de l'entraînement ? Alors, c'est une très bonne question et c'est je suis encore dans l'introspection pour pour trouver cette réponse. J'ai pas envie de dire que c'est iné, même si je pense que c'est iné parce que je voudrais pas que des personnes se disent "Je l'ai pas donc je vais pas essayer." Tu vois, je suis quelqu'un qui aime bien aussi inspirer et pousser les gens à eux aussi expérimenter voilà des aventures qui les dépassent. Euh mais voilà, après je sais que ça se travaille aussi parce que mes premiers mes premières épreuves d'ultraendurance, j'avais enfin ben je je disons que j'abandonnais un petit peu plus facilement. Maintenant je sais aussi euh euh qu'est-ce que c'est qu'est-ce que c'est une échelle de douleur, qu'est-ce que c'est une des premiers signes de douleur et qu'est-ce que c'est vraiment quelque chose d'extrême qui va mettre en péril ton intégrité physique. C'est vraiment une échelle qu'aujourd'hui je sais évaluer. Au début, tu la connais pas. Mais c'est sûr que dès euh mes premiers événements j'avais quand même cette capacité à me pousser plus que d'autres qui débutent ce, qui, fait, qu'il, y avait, quand, même quelque chose à moi d'un petit peu euh iné. Donc euh je pense que voilà, on a quand même on est quand même avec un mental plus ou moins euh déterminé mais ça se travaille aussi. C'est vrai qu'il y a deux types de de souffrance, la souffrance physique et la souffrance mentale. Pour toi, c'est quoi le plus difficile ? Bah, c'est clairement le mental parce qu'au final le physique, c'est une seule information. Euh une seule information en général, ça va être soit une douleur ciblée. Donc voilà, tu vas être capable de quand tu es assez connecté avec ton corps à scanner un petit peu cette douleur essayer de réfléchir d'où elle vient. Est-ce que je l'avais avant ? Est-ce que c'est nouveau ? Est-ce que c'est lié à un mauvais pas que je viens de faire ? Est-ce que c'est quelque chose qui va passer ? Est-ce que ça va continuer à s'amplifier, à m'amener dans quelque chose de vraiment dangereux pour ma santé ? Donc voilà, il y a une seule information tandis que dans la tête. Euh c'est un tout à gérer he le cerveau en fait c'est vraiment un ordinateur central qui va qui va contrôler justement tes battements cardiaque, qui va te faire suer s'il fait chaud, qui va essayer de te créer de l'énergie si s'il fait froid. Euh les émotions aussi à gérer parce que quand tu es dans des épreuves comme ça euh tous les masques ils tombent en fait hein. Là quand on est dans le confort, on peut se cacher derrière ce qu'on veut mais là on est vraiment à fleur de peau. Ce qui fait qu'il, y a, si, on, est, assez, sensible, et qu'on a vécu beaucoup de d'expériences fortes dans notre vie, ça ressort toujours à ces moments-là. Euh et puis il peut ressortir de la de la colère, il peut ressortir de la tristesse. Et ça ça peut nous amener dans des mécanisme de discussion interne que si on l'ajoute à la douleur, ben en fait c'est un cercle vicieux qui va forcément te pousser vers l'abandon. Donc c'est c'est ça qui est dur à gérer, c'est de d'avoir une douleur et en même temps si on a un discours interne qui est pas forcément positif, ben de prendre le contrôle là-dessus consciemment pour sortir de cette passe là avec des schémas mentaux pour se remettre dans une dynamisme de d'aller vers l'avant. Bah tu vois par exemple il y a un mois et demi, j'ai fait l'Iron Man et sur le marathon, c'était un marathon sous canicule. J'étais j'étais vraiment dans le dur. Bien entendu parler. Ouais. Mais mais je sais je sais pas comment j'ai fait pour continuer ni pourquoi j'ai continué mais je l'ai fait. Est-ce que toi dans tes moment doute tu sais c'est quoi qui te pousse à continuer justement à à surmonter la douleur et à vraiment finir alors que tu pourrais juste t'arrêter ? Bon, il, y a, plein, de, raisons, he, c'est, des raisons profondes. Je sais pas pourquoi tu as participé à cet éonnement de Nice. Voilà peut-être que tu t'es même pas posé la question c'est possible aussi. Après, c'est tout simplement euh essayer un défi, quelque chose de nouveau. D'autres le fait, d'autres d'autres le font et et c'est peut-être aussi tout simplement nourrir un petit peu ton ego de voir que tu es capable toi aussi de faire des choses incroyables. C'est très bien comme ça. Maintenant, il y a quelque chose aussi au fond de nous. Euh c'est ce qu'on appelle la survie. L'esprit de survie, c'est quelque chose que on l'a un petit peu perdu parce que quand on est, on est tout de suite pris dans un cocon de sécurité. Mais ce qui est fou, c'est que si on te prend comme ça et qu'on te jette dans la jungle ou peu importe ou dans le désert ou dans un milieu froid, même si tu n'as jamais eu aucune expérience là-dedans, je peux t'assurer que tu vas te découvrir à faire des choses à à tout d'un coup à voilà à te mettre dans à te mettre dans un dans un dans une optique de de survie pour pouvoir ben finalement rester le plus longtemps possible. Et ça c'est quelque chose qui ressort vraiment quand on est au fond au fond dans les moments les plus difficiles mentals et physiques. Et c'est ce qui t'est peut-être arrivé. tu avais tu avais quelque chose en toi, une ressource insoupçonné dans ton cerveau qui t'a permis de de trouver voilà les ressources pour pour continuer et pour pouvoir les expérimenter ces ces sensations de survie, il faut vraiment se mettre volontairement dans des situations difficiles. C'est pour ça aussi ce que je disais tout tout à l'heure en introduction, c'est que j'aime me mettre dans ces situations là parce que je me découvre ben des codes qu'il y a dans ma tête qui que je savais pas qu'ils étaient là et notamment sur le je me suis découvert à faire des trucs. Hm hm. pour survivre que jamais j'aurais imaginé, j'ai cré j'ai développé des des systèmes pour pouvoir survivre quoi. Tu as un exemple de truc que tu as ? Ben par exemple, qu'est-ce que j'ai fait ?, Ben,, il, y avait, des, nuits, où, vraiment je me battais contre le froid, il faisait c'était c'était c'était ingérable. Ben, j'avais froid au niveau du ça me prenait ici. Ben, j'ai pris une petite bouteille en plastique que j'avais, j'ai mis de l'eau bouillante dedans que je faisais chauffer et je me la mettais ici à l'intérieur contre ma veste. Je fermais la veste Gortex. Ça me faisait une sorte de Ça me faisait une sorte de sona enfin c'est pas un sona sona mais ça me faisait comme une bouillotte ici au niveau du ventre et ça me ça me permettait de passer toute la nuit comme ça et ça j'ai découvert la deuxième nuit et après les de les nuits étaient étaient beaucoup plus faciles. Jamais quelqu'un m'avait dit de faire ça tu vois. Euh après par exemple aussi l'air était extrêmement sac et extrêmement froid. ça me faisait très mal au poumon et j'ai fini par comprendre qu'en me mettant un petit tissu sur le visage euh ça ça en fait quand tu expire tu mets un petit peu de gouttelettte voilà dans le tissu et quand j'ai inspiré ben ça humidifiait l'air et c'était beaucoup plus facile. Donc ça c'est des trucs que je sais pas ça sort d'un coup naturellement et ça te permet de de survivre. Tu penses qu'on devrait un peu plus se jeter dans la jungle comme tu l'as dit de nos jours ? Oui, oui, 100 % c'est j'ai Ouais, j'en suis convaincu parce que pour plusieurs raisons déjà euh [Musique] ça te c'est une école qui est hyper puissante pour euh pour le cerveau de de tu travailles tout en même temps. Tu travailles euh la mémoire, euh, tu travailles euh la créativité, la recherche de solutions et en même temps ton corps travail aussi et tout ça. Bah, c'est c'est vital. C'est vital. On est on est faitin on est encore aujourd'hui peut-être que dans des millions d'années, on sera on évoluera différemment, mais encore aujourd'hui on on a besoin de bouger notre corps de manière intense euh donc dans l'intensité, c'est-à-dire avec des rythmes cardiaques élevés et aussi euh en endurance, c'est-à-dire un effort sur des petites intensités mais longtemps et être exposé à justement à du froid, à du chaud. Voilà. Et ça en fait c'est parce que au niveau cellulaire euh ça va un petit peu voilà activer et c'est un petit peu comme ça aussi que fonctionne la longévité. Voilà. Et puis aujourd'hui, on essaie de consommer des des petites géules le matin là parce que on a des bilans sanguins catastrophiques. Mais en fait la solution c'est surtout ça. Mais mais voilà, c'est aujourd'hui on a une relation à l'inconfort qui est qui est quelque chose d'ultra négatif et qui fait que ben on n'aime pas s'exposer à l'inconfort. C'est c'est comme ça. Il fait chaud, on met la clime. Il fait froid, on met le chauffage et puis on veut plus rien, on veut plus rien ressentir. et et rien ressentir pour moi en fait c'est être mort. Donc je dis pas que j'aime pas l'inconfort, j'aime aussi me mettre dans un bon gros canapé comme ça de temps en temps devant un gros une grosse série où j'ai pas chaud, j'ai pas froid mais mais ça doit rester très ponctuel. C'est c'est intéressant. Bah en vrai c'est un peu pour ça que j'ai fait l'Iron Manque du tout envie de faire, je me force à le faire et je me rends compte que ça me permet de grandir fois 1000 carrément. Bien sûr. Bah tu es tu es fier de ce que tu, fais., Tu, peux, aussi, euh euh, inspirer des personnes autour de toi à tu le sais pas mais est-ce que tu as partagé peut-être à se mettre aussi à l'activité physique, pas forcément faire un Iron Man, mais ils sont dit "Ah tiens, il a fait ça, je vais essayer d'aller courir je vais essayer d'aller faire du vélo et puis et puis ça va indirectement les remettre vers un chemin de santé." D'ailleurs, tous ces gens qui commencent, ils ont souvent, tu sais des petites douleurs, des choses qui vont pas quand l'exercice et ils se disent que les gens de ton niveau, ils ont pas de douleur, ce qui leur permet de s'entraîner énormément. J'ai mal tous les jours. J'ai mal tous les jours. Je pense que j'ai il y a aucune journée où je me lève où j'ai pas mal. Je me lève j'ai les tendan à ch bloqué pour aller aux toilettes le matin, c'est un enfer. Mais mais voilà. Après, c'est parce que aussi je aujourd'hui, c'est mon métier le sport et je mets mon corps à rue d'épreuve. Mais mais non, la douleur la douleur encore une fois c'est une échelle. Il y a douleur et douleur et c'est moi j'appelle ça des petites douleurs parasites. Forcément tu si tu te lèves un matin que tu as un petit peu des des courbatures, des petites douleurs, ben c'est que la veille t'a fait quelque chose. Après, à toi d'être assez intelligent pour bien gérer ce que ce que ce qu'on appelle la quantification du stress mécanique. C'est-à-dire d'être toujours dans cette limite où le corps travaille et mais où le corps a le temps de récupérer aussi. ce qui fait que tu es dans l'adaptation et ton corps progresse. Et parfois certains sont dans euh dans cette voilà dans ce dogme du no pain no gain qui est de passer au-dessus de la courbe et de se blesser. Et ça c'est dommage parce que parce que se blesser déjà de une la blessure peut être assez grave pour pour t'incapacité pendant plusieurs mois et finalement c'est dommage. Mais le pire ça serait que ça te fasse tellement mal que ça te démotive à arrêter ce que ce que tu as commencé. Ça c'est vraiment le pire. Donc l'idée c'est de d'en faire de trouver juste ce qu'il faut pour pouvoir toujours être dans la progression. Pas trop bas sinon bah finalement tu stagne pas trop haut sinon tu te blesses. Et ça c'est beaucoup d'expérience et surtout beaucoup de connexion avec son corps aussi. parce que j'avais vu une vidéo où tu faisais l'an de ton corps et j'ai lista un peu tout ce qu'il y avait de périostites, des fractures de fatigue des entors des douleurs au tendon pendant 8 ans et malgré tout ça bah tu arrives à vivre avec et ouais après moi j'ai un profil particulier c'est que j'ai commencé mon sport à l'âge de 30 ans. Donc c'est sûr que aujourd'hui ce qui me passionne c'est la course à pied, le trail et c'est un sport qui est où il y a quand même beaucoup d'impact. Donc quand tu commences tout jeune à courir, que tu fais de l'athlétisme, voilà, donc ton corps a le temps de s'adapter à la charge que peut représenter la course à pied. Sauf que quand tu commences euh fin vingtaine, euh bah le corps il est resté 20 ans sans pratiquer une activité à impact. Ce qui fait que ben c'est ce que je disais tout à l'heure, le corps va s'adapter mais il faut lui laisser du temps. Sauf que moi comme je voulais un petit peu euh aller plus vite que ce que ce que était capable de prendre mon corps, bah au début ça a été Ouais. Ça a été un carnage. Mais mais aujourd'hui si c'était à refaire, je ferais différemment. Et je fais je coach aussi. Voilà, je je je coach un petit peu et et je conseille des coureurs et je leur recommande absolument pas d'aller faire des courses de plus de 100 km dès la deuxème année de pratique. Faut surtout pas faire ça. Pour revenir aux courses de 100 km par exemple sur une course par exemple l'UTMB où il y a moins de contraintte climatique par exemple moi j'étais basketur pro avant, et, tu, sais, il, y a, des, moments, dans le match où tu as l'impression que tout coule tu penses plus à ton cardio, tout se passe bien, tu es dans dans ta zone un peu. Est-ce que des fois tu as cet effet un peu de voler de flotter sur la course ou alors tu es toujours dans la souffrance ? Alors oui, ça arrive et nous dans notre langage, on appelle ça l'état de flow. Je sais pas si c'est pareil dans notre sport, c'est très très rare. Moi je pense que ça m'est arrivé peut-être deux fois peut-être trois dans ma carrière sur des dizaines de courses et et puis j'ai jamais su en fait. J'ai pourtant j'ai vraiment travaillé après à essayer de de regarder en détail qu'est-ce que j'ai fait à l'entraînement, de regarder en détail qu'est-ce que j'ai fait dans ma course en terme de pacing, c'està-dire de d'allure, de qu'est-ce que j'ai mangé et j'ai jamais su le reproduire. Donc c'est quelque chose qui est qui est assez cool aussi de se dire que tout n'est pas contrôlable, et, qu'il, y a, une, part, de magie aussi dans le corps humain, dans le mental et dans le sport. Et mais c'est fabuleux quand ça arrive. C'est-à-dire que ben normalement courir sans voilà comme une épreuve comme l'Ultrat trail du Montblanc que tu viens de citer qui fait plus de 170 km, tu es censé souffrir tout le long. Mais non en fait, tu peux vraiment avoir des moments entre le kilomètre 130 et 170 où il y a plus aucune douleur et où tu es capable d'accélérer et oùù tout est fluide quoi. Et ça c'est ça c'est c'est totalement paradoxal et contraducteur pour notre esprit parce que on se dit on part au départ, on est plein d'énergie on a les muscles qui sont qui sont bien frais et tout et puis en fait ça devrait être juste une courbe descendante jusqu'à la ligne d'arrivée et en fait ça se passe pas comme ça. plutôt euh alors c'est pas une sinusoïde constante, mais ça plutôt être un roller coaster, il va avoir des bas, des hauts et et ça défie toute logique parce qu'en fait à mesure qu'on avance, on est de plus en plus fatigué, mais on réussit à être de mieux en mieux, de mieux en mieux parfois et ça c'est quelque chose qui qui me passionne aussi dans dans le fonctionnement de notre corps quoi. C'est clair. Et voilà, je l'ai déjà vécu ce flow et c'est vrai que je recommande à tout le monde de le vivre. Maintenant, je me dis que c'est peut-être une bonne chose de pas avoir les clés pour pouvoir l'utiliser quand tu veux parce que c'est bien que ça reste rare et je pense aussi que c'est dangereux pour nous-même parce que quand tu rentres dans un état de flow, tu peux vraiment te mettre dans des dispositions physiques, enfin tu peux vraiment te pousser très très loin. Et c'est comme si tu mets, tu vois le noz là sur ta voiture là quand tu joues au jeux vidéo là, faut pas le faut pas l'utiliser trop souvent sinon tu sers le moteur quoi, tu vois. Donc je pense que c'est bien de le vivre ponctuellement mais de pas avoir les clés, de le garder un petit peu secret et et que ça arrive par surprise parfois c'est très bien comme ça. Mais je trouve que c'est une belle chose parce que pour le vivre tu dois souffrir en fait et c'est la souffrance qui te rend heureux finalement et ça c'est en corrélation avec ce que tu dis. Ouais, c'est ce que je dis souvent. la souffrance fait partie de la vie et et moi en fait tu vois au Yukon, tu en parlais tout à l'heure sur 650 km, je pense que j'ai souffert 620 km mais en fait c'est ce que je veux dire c'est que il y a aussi une forme de plaisir dans la souffrance. Euh souffrir c'est aussi ressentir et ressentir c'est vivre tu vois quand j'ai froid quand je je sens mon corps, ben je me je me je m'ancre et je me sens vraiment je suis là quoi. Je suis pas en train de de pas exister, tu vois. Je me sens exister dans un environnement et aussi la souffrance met un référentiel. C'est veut dire que quand je rentre après le Yukon à l'hôtel qui fait chaud, que je me prends une bonne douche et tout là là j'ai j'ai comme voilà un plaisir de la joie qui monte qui est beaucoup plus grande que les douches que je prends habituellement tous les soirs chez moi, tu vois, parce que j'ai mis un référentiel de ce que c'est de pas prendre de douche pendant 10 jours euh dans le froid et de souffrir de ça. Donc c'est aussi faut aussi voir ça comme comme une manière de d'être plus heureux, de souffrir. Est-ce que la sensation que tu as ressenti quand tu as passé la ligne d'arrivée de cette course, c'était quelque chose de vraiment unique ? Alors, c'était euh très particulier parce que habituellement sur les lignes d'arrivée, euh bon comme d'habitude j'arrive assez à fleur de peau et puis à c'est des courses euh voilà assez médiatisées auxquelles je participe. Donc il y a du monde, du public et et ça crie, ça chante, c'est de la musique et c'est sûr que bon, j'ai toujours des larmes qui sortent ou voilà, j'ai des émotions très fortes, ça me prend dans la poitrine et tout. Euh et là en fait j'étais tellement vidé tout, de fatigue que j'ai que j'ai rien eu. C'était assez perturbant comme sentiment. Je me dis je me suis dit mais tout ça pour ça quoi. Ça faisait euh je sais pas euh voilà 600 plus de 600 bornes que que je que j'avance que je crapautis au fin fond de ces forêt canadienne et j'ai vu ce village ce village au loin les maisons qui arrivaient et j'attendais d'avoir quelque chose qui monte de la chaleur une larme et puis rien du tout quoi. Absolument rien. Et je pense que voilà, euh euh, l'émotion, aussi, est quelque chose qui qui consomme de l'énergie et j'avais plus assez d'énergie pour pouvoir même vivre des émotions. Donc ça c'est vraiment ça a vraiment été une expérience aussi particulière de se dire "Ah ouais, on peut se pousser jusqu'à ne plus avoir d'émotions." Alors, j'ai une petite larme qui est sortie quand même après une fois que je suis vraiment arrivé sous la ligne d'arrivée mais j'ai pas trop su dire si cette larme c'était de la joie, de la tristesse, de la du soulagement, mais j'étais vidé. Voilà ça ça arrive aussi. Euh donc euh voilà euh je veux partager que parfois attention on peut préparer des mois et des mois une épreuve sportive puis rien rien ressentir le jour J mais c'est pas grave, on ressentira sur d'autres épreuves. L'alarme elle a gelé immédiatement ou pas ? Elle a quasiment gelé immédiatement. Ouais c'est marrant ça gelé ça gelait tout ce qui coulait sur mon visage ça gelait ça s'accrochait ici sur mes poils de moustache et ça faisait des salactides comme ça. Ou donc ou ouais ça ça gèle très très vite. Ouais j'aimerais bien que tu me parles maintenant de ta préparation. Est-ce que tu peux me décrire la la journée classique d'un Ultraman ? Euh et donc bon, une journée typique en général euh euh donc déjà ça c'est un luxe mais euh c'est de ne pas mettre de réveil euh le matin, ce qui fait que je laisse mon corps euh se réveiller naturellement quand il quand il a assez dormi. Voilà qui voilà. Donc ça c'est ça peut être 6h du matin ça peut être 7h, ça peut être 8h. Ça dépend un petit peu de l'heure du coucher la veille aussi de et de ce que je me suis mis la veille. le corps euh plus ou moins besoin de dormir mais en général c'est entre 8 et 10h. Ensuite euh ben voilà, je suis un peu comme je suis un peu comme un véhicule de course quoi. C'est faut chauffer un peu le moteur au début quoi. Le matin, c'est un peu raide. Alors, ça veut pas dire que je suis pas en santé, mais c'est sûr que quand tu as une structure musculaire développée, des articulations plus développées, des tentons plus gros, bah tout ça, faut que ça chauffe un petit peu. Donc je m'accorde toujours une bonne heure de routine du matin où là vraiment j'essaie de de faire monter progressivement cortisol là et et mes hormones pour pas aller tout de suite dans les écrans, tu vois, les trucs anxiogènes. Donc là c'est vraiment une routine de je suis sur un petit tapis de yoga. Euh parfois je me lance un petit podcast euh et puis et puis je fais des exercices de mobilité quoi, pour pour réveiller mon corps tranquillement. J'aime beaucoup les exercices de respiration aussi c'est quelque chose que j'ai appris plus jeune sous l'eau. Et ensuite, ben je vais euh programmer la journée. En général, elle est programmée par un par une programmation d'entraînement he parce que ce que je te disais tout à l'heure, c'est que le corps s'adapte dans la limite où tu imposes la charge. Voilà, bien calculée. Donc en gros c'est des courbes qui augmentent progressivement de semaine en semaine et puis tu essayes donc voilà de de de respecter ces chargesl donc c'est des charges d'intensité ou ou d'heur par jour. Et euh et en général, c'est deux entraînements par jour. Voilà, c'est soit deux entraînements par jour, un le matin et un en fin de journée, soit un gros entraînement, ce qu'on appelle les très longues sorties toute la journée. Et après, j'essaye pour rester assez dans le circle un petit peu circadien et puis aussi social de rentrer pour manger le midi avec ma compagne ou si je suis avec des amis et d'essayer de respecter ça quoi. Parce que sinon quand tu athlète pro et que tu as pas de rendez-vous, tu peux très vite complètement décaler. Ça m'est déjà arrivé. tu pars euh courir à 11h, tu reviens à 14h, tu as sauté le repas, du coup là tu manges à 15h puis tu as plus faim, le, soir., C'est, faut, va faut, vaut mieux éviter de faire ça parce que tu pars tu pars complètement euh dans tous les sens. Et puis les deux séances par jour, ça peut être une séance de vélo une séance de course, deux séances de course, une séance de course, une séance de muscu à la salle. Voilà. Mais c'est c'est activer le corps deux fois. Je préfère l'activer un petit peu deux fois que que beaucoup une seule fois. Voilà. Et euh et puis il y a rien de il y a rien de sorcier quoi. L'idée c'est d'être constant quoi. Constant, fréquent un petit peu tous les jours plutôt que faire le bourrin ou essayer de faire du rattrapage au dernier moment. Ça ça fonctionne pas du tout. Je te demandé justement pour toi, c'est quoi dans ton entraînement l'habitude la plus sous-estimée mais qui fait le plus la différence selon toi ? Euh bah c'est tout simplement de sortir quoi qu'il arrive euh tous les jours euh qui pleuvent, qui vent, qui neigent et en fait c'est que moi je considère que même une toute petite sortie ça compte. Et ça c'est ce c'est ce que j'essaie de partager souvent aussi qu'on est dans cette dans cette dans cette société de la performance dans cette société du même aujourd'hui voilà,, il, y a, des, réseaux, sociaux, de, où on partage nos activités, où tout le monde nous regarde et donc sortir moins d'une heure, c'est un peu la honte, tu vois. Si tu pars sur ton vélo ou courir moins d'une heure, finalement tu vas pas y aller parce que tu te dis ça sert à rien. Et ça c'est vraiment une habitude que j'ai commencé très très tôt, c'est de me dire que même si aujourd'hui je suis pas très bien ou la météo est vraiment dégueulasse, même pour 20 minutes, je sais que c'est chiant. Il va falloir mettre les baskets, s'habiller et tout, mais j'y vais quand même, tu vois. Et ça c'est quelque chose qui fait que quand tu le multiplies sur les jours, les semaines, les années, mais finalement ça fait un volume accumulé énorme et tu ton corps ne se a pas le temps de se désadapter parce que je disais tout à l'heure que euh on s'adapte très vite mais on se désadapte très vite aussi et ce qui est très ingrat dans dans voilà dans le sport et surtout dans les sports d'endurance, c'est que tu arrives à un certain niveau et si après tu t'arrêtes un petit peu que tu te désadaptes, mais tu quand tu vas reprendre, tu vas vouloir reprendre au temp été. Alors que il faut surtout pas faire ça. Si là tu as fait un Iron Man et tu te remets les entraînements que tu t'es mis dans les dans les derniers mois avant l'Iron Man je peux t'assurer que tu vas te blesser et c'est frustrant. Alors, je dis pas que tu repars à zéro parce que tu as quand même une mémoire musculaire mentale, articulaire, tissulaire qui fait que tu vas revenir à ton niveau plus vite que le temps que ça t'avait pris à l'origine pour pour y aller. Mais il faut quand même repartir assez bas. C'est vrai. Bah, finalement, c'est un peu la discipline, la la l'habitude la plus importante. J'ai vu une interview de Kip Shog qui disait que les personnes les plus disciplinées justement, c'est les plus libres. Est-ce que tu es d'accord avec ça ? Ouais, je pense et puis je suis d'accord aussi euh sur le fait que bah la discipline euh en fait c'est un état d'esprit où euh tu te donnes pas d'excuses quoi. Là pour le coup, tu essayes d'être un petit peu robot, tu as pas envie et tu le fais. Et c'est vrai que quand tu es discipliné euh bah tu te libères euh tu te libères euh de tout ce que tu as à faire dans ta journée, de ce qui est humain, de ta vie sociale, de tes autres projets. Parce que si tu es pas discipliné, ce que tu vas faire, c'est que tu vas procrastiner. Donc si tu procrastines au lendemain, ben finalement tu vas avoir mauvaise conscience toute la journée de pas avoir fait ton activité physique ou en tout cas le travail, la tâche que tu devais faire professionnelle. Et si tu procrastines au sein du même journée, ce qui ce qui fait que tu vas rien faire de la journée parce que tu vas reporter à l'heure suivante toute la journée et à la fin de la journée tu l'auras pas fait ou au pire tu vas le blacker en fin de journée et tu vas être tu vas le faire sous le coup de de l'énervement et ça fonctionne pas. Donc effectivement quand tu es discipliné, quand tu t'es dit à telle heure, je fais mon entraînement, quand c'est fait, c'est fait et puis après tu es tu es libre toute la journée, tu as plus cette mauvaise conscience et tuas tu as une tu as une liberté d'esprit pour faire tout le reste qui est fabuleuse. C'est ça. Donc c'est un petit un petit côté militaire là-dessus mais la discipline agit comme un rouleau compresseur sur le temps. Donc c'est c'est comme ça. Il parlait aussi dans son interview de la vitamine N. Tu sais ce que c'est la vitamine N de Ouais, bien sûr. Ouais. C'est c'est de savoir dire non. De savoir dire non. Non, mais je suis tout à fait d'accord. Moi j'avais pas la vitamine N avant parce que je suis un peu un artisan euh dans mon sport. J'ai tout appris tout seul. Je suis j'ai toujours été comme ça. Je suis autodidacte et ayant commencé très tard, ben je suis pas passé par les écoles classiques du sport. Et et c'est sûr que quand tu commences à progresser, à te passionner, bah tu reçois beaucoup de sollicitations de participer à des course. Moi quand je recevais une invitation pour aller faire une course à Tahiti, j'étais là, je fais "Mais attends, vraiment en train de m'inviter, on me payer un avion, un hôtel et tout pour aller courir à Tahiti, c'est une blague." Donc tu acceptes euh tu acceptes tout, les sollicitations médiatiques et puis au bout d'un moment, tu te rends compte que la vie en fait c'est de l'énergie aussi. Et l'énergie, elle se dépense pas que avec le mouvement, elle se déplace aussi, elle se dépense aussi avec l'activité mentale et ça c'est de la charge. et je m'en suis sorti finalement euh en me faisant accompagner, voilà, en montant une équipe. Et puis aujourd'hui euh aujourd'hui, voilà, j'ai j'ai un agent par exemple qui qui est capable de de réceptionner toutes ces sollicitations et de faire le tri et de dire non à ma place. Parce qu'en fait euh dire non euh c'est difficile aussi parce que quand tu dis non, tu as l'impression que que ben c'est pas cool pour la personne qui t'invite à faire quelque chose, tu vois. Et c'est assez on est c'est dur de dire non à quelqu'un et quand c'est quelqu'un d'autre qui le fait à ta place euh c'est beaucoup plus facile. Donc je recommande aux personnes qui ont pas cette vitamine N de travailler avec quelqu'un qui disent non à leur place et ça ça aide beaucoup à garder le focus et à se concentrer sur des projets ambitieux. Nouvelle interruption. Merci à l'hôtel Lilou Aer de nous avoir accueilli. C'est un lieu vraiment magnifique qui a été conçu par des designers avec en plus un super brunch. On s'est régalé tout à l'heure. Si tu es encore ici et que tu regardes le podcast et qu'il te plaît vraiment. Donc n'hésite pas à t'abonner si c'est pas déjà fait et aussi à le partager avec quelqu'un que ça pourrait intéresser. Peut-être que tu peux aider un pote à commencer la course à pied. Merci à toi. On continue avec le podcast. J'ai l'impression que tous les athlètes élites dans ta discipline dans les dans l'Ultra Trail, ils arrivent à peu près tous à faire la même charge d'entraînement et pour moi, en terme de perf, il y a pas forcément des différences énormes. Est-ce que tu penses que la différence le vainqueur et les autres c'est le mental ? Ouais. le le mental joue énormément. Non, les différences de niveau au final c'est assez proche comme tu dis parce que, voilà, euh, euh, c'est c'est, il, y a quand même une limite en terme de de volume d'entraînement que tu peux faire. Alors,, je, dois, avouer, aussi, qu'il, y a une petite part de chance. Hm hm. Il y a une petite part de chance ce jour-là, tu sais pas pourquoi tu as mal au bid alors que tu as jamais eu mal au ventre sur d'autres courses ou à l'entraînement. Euh ce jour-là, tu loupes un appui, tu te fais une cheville alors que tu t'es pas fait des chevilles à l'entraînement et tu as fait des descentes à bloc comme un malade au milieu des pierres et des racine, aucun souci. Euh voilà, il y a aussi ce ce trucl qui fait que ben des fois ça passe pas et c'est frustrant parce que euh quand on fait de l'ultra endurance c'est des épreuves, tu as pas 10000 cartouches par an quoi. Quand tu te si tu fais si tu fais une épreuve de plus de 100 bornes vraiment tranquille à niveau d'intensité très bas, tu peux en faire des dizaines par an, il y a pas de souci. Par contre, si tu les fais à bloc, euh c'est très très demandant sur le plan physique énergétique et il faut plusieurs mois pour s'en mettre. Après tu peux en faire tous les weekends, mais tu vas avoir une longévité de de 4 ans dans le sport. Donc donc ce qui fait que tu as pas beaucoup de cartouches et si tu fais trois en général tu fais trois gros ultras par an, tu as trois fois pas de chance, ben les années passent quoi. Donc ça c'est quand même quelque chose qui qu'il faut considérer. Maintenant euh maintenant c'est sûr que le mental il joue, faut faire un petit peu aussi ça reste un sport stratégique aussi hein. Tu peux énormément jouer dans la tête d'un adversaire hein. C'est facile he ? C'est c'est mettre une attaque à un moment et jouer un coup de bluff et puis il se dit "Mais waouh, il est tellement au-dessus que je laisse tomber, je lâche et là tu vas pouvoir lui prendre 10 minutes sur une montée ou sur une descente et quand 10 minutes sont installées après tu arrives à les conserver à peu près jusqu'au bout." Donc, il, y a, il, y, a, une, part, de stratégie. pour pouvoir jouer la stratégie, ben faut avoir le mental de la mettre la de la mettre la cartouche au bon moment parce que je peux t'assurer que quand ça fait plus de 20h que tu cours pour mettre pour mettre un petit coup là faut s'accrocher quoi. Mais ça peut marcher. J'ai déjà vécu et et voilà c'est c'est très stratégique et il faut aussi euh c'est très complexe en fait c'est en fait euh les sports d'endurance quand on connaît pas ce sport là, on se dit ils sont tous complètement tebés. En fait, il c'est complètement débile de courir ou de pédaler comme un calu sur un vélo ou peu importe de nager. En fait, tu as tellement de paramètres à gérer. En fait, c'est le plus facile de courir au pédaler. C'est tout le reste qui est difficile. C'est c'est justement quand il fait chaud, comment t'arroser pour faire baisser la température quand il fait froid. Penser à mettre la veste au bon moment, pas trop tôt, pas trop tard. penser à manger quelle quantité bien euh bien diffuse ? Enfin tout ça c'est énormément de paramètres à gérer qui sont très très dur à gérer parce que quand tu es fatigué, tu pars de la lucidité et puis tu t'arrives plus, tu as tu la la notion du temps et de l'espace est complètement déformée. Le temps il s'étire, il se contracte. L'espace quand ça va bien 20 bornes, tu as l'impression que ça en fait deux. Quand ça fait mal, de bornes, tu as l'impression que ça en fait 200. Et ce qui fait que si tu as pas si tu as pas cette capacité mentale et intellectuelle de gérer tous ces paramètres, tous ces facteurs, ben en fait tu t'arriveras jamais. Donc ouais, je peux dire que les meilleurs athlètes d'ultraandirant sont des sont des personnes très intelligentes aussi. En fait, tu es un peu devenu un ingénieur de du corps humain et de ton corps. Ouais. Alors, je suis ingénieur de d'origine, mais c'est vrai qu'il y a il y a il y a les ingénieurs, il ils sont quand même pas mauvais euh dans les sport d'ultraendurance, j'ai remarqué. Alors, c'est pas une généralité, mais beaucoup sont très très bons. Et d'ailleurs,, il, y a, une, épreuve euh qui s'appelle la Barclé aux États-Unis qui est un genre d'ultra un peu fou. Il y a pas vraiment de balisage, un peu de l'orientation. Bon voilà, c'est il y a toute voilà des cérémonies autour de ça et et je crois que plus de 90 % des finisheurs sont des ingénieurs. Ben c'est vrai que j'ai fait des études d'ingénieur avant de faire du basket et j'ai pas mal de potes qui font de l'ultra d'ailleurs. Bonjour à eux et non, parce, qu'il, y a, un, côté, aussi, bien bien sûr que l'instinct est hyper important d'y aller un petit peu comme un animal ressentir ça doit ça do être important mais c'est vrai qu'il y a aussi un côté où faut un peu voilà réfléchir à ce qu'on fait et puis théoriser un petit peu la pratique le fonctionnement du corps et de l'esprit et ça ça peut aider à atteindre à aller à aller dans l'ultra performance on peut aussi très bien juste être dans une optique d'être finisher et s'affranchir totalement de la performance mais si tu tu vas aller vraiment dans l'ultra performance c'estàd poser pousser ton corps dans ses limites comme je te disais tout à l'heure en introduction là, il faut quand même travailler la théorie aussi. Ouais, c'est Et quand tu as arrêté, c'est quand que tu as arrêté ton travail pour te consacrer à 100 % du coup au sport ? Euh j'ai arrêté en 2000 2000 début 2023 donc vraiment 100 %. J'avais déjà du sponsoring depuis 2020 à peu près. Voilà. Mais pour vivoter quoi, mais vraiment avoir un équilibre financier de sponsors qui me permettent de vivre pleinement de mon soir, c'est arrivé vraiment en 2022 2023. Ouais. Et tu l'as vécu comme une libération d'arrêter ton travail ou pas forcément ? Oui oui. Bah c'est ça fait toujours un petit peu peur parce qu'il y a toujours euh cette pression de la société de de la carrière, des longues études, de d'avoir un d'avoir une certaine stabilité liée à au système quoi. Euh voilà c'est des étapes jusqu'à jusqu'à commencer à vivre à la retraite à 60 ans. Hm hm. Et quand tu te jettes un petit peu comme ça dans quelque chose de d'atypique euh d'ant système, bah c'est ça fait un petit peu peur parce que tu as beaucoup moins de repère, tu as beaucoup moins de personnes autour de toi qui l'ont fait. Surtout tes proches ils l'ont pas fait. Alors eux, ils sont c'est les pires c'est ceux qui ont le plus peur et qui vont avoir qui vont émettre le plus de doutes. Et c'est finalement les doutes qui te font le plus mal parce que tu es proche, c'est ce que tu aim et puis les voir douter et les voir un petit peu craintif, ça ça te remet en question. Mais mais après quand tu, l'as, au, fond, de, toi,, il, y a, rien, qui peut t'arrêter hein. C'est c'est ça y va. Et finalement voilà après voilà après quelques temps maintenant je peux te dire que je reviendrai jamais en arrière parce que voilà je je vois aussi où tu vas après le sport professionnel quand tu es vraiment passionné tu peux te reconvertir dans dans plein de projets autour de ce qui te passionne sans forcément retourner dans dans un système classique. Donc tu vois, même des fois on me dit ça fait plaisir euh aux gens de se dire "Ah mais de toute façon, ton diplôme d'ingénieur, il est valable toute ta vie. Euh sous-entendant que ben quand ma carrière elle sera finie, je retournerai dans un bureau faire de l'ordinateur. Mais non, en fait, plus jamais." Donc voilà. Du coup, est-ce que tu penses que tu cours vers quelque chose ou tu cours pour fuir quelque chose ? Ah, c'est une très bonne question. Je pense un petit peu les deux. Euh je cours pour fuir ce que j'ai toujours détesté dans ma vie. Euh c'est-à-dire me retrouver assis sur une chaise dans dans des études à écouter un guignol qui me raconte des trucs totalement ennuyeux et tu te retrouves là parce que tu as pas vraiment le choix et tu es guidé dans des couloirs et et donc voilà, j'ai grâce à la course, j'ai pu fuir tout ça et puis je cours vers quelque chose parce que c'est ce que je te disais tout à l'heure, je cours vers vers la recherche, vers la curiosité. Je suis quelqu'un de très très curieux. Et le mot courir, c'est au sens propre et figuré, tu vois. Voilà, au sens propre ben je cours, je suis coureur pro, mais j'aime courir aussi vers des projets complètement euh aucun rapport avec la course à pied. Tu vois, là toute la journée avant d'enregistrer son podcast j'étais sous l'eau, sous l'eau en plongé sous-marine dans une épave, voilà, faire des d'autres projets. Et donc là aussi c'est aussi pour explorer voilà le le corps. En fin d'année, je vais traverser l'Atlantique sur un voilier. J'ai jamais fait ça de ma vie. Et donc je cours vers aussi cette expérimentation de voir mais qu'est-ce que c'est de vivre sur un bateau au milieu de la mer comme ça tout seul ? Comment je vais encore une fois découvrir mon corps, comment il va être capable de survivre là-dessus dans cet élément de gérer les peurs aussi et et donc voilà je cours vers vers la curiosité. C'est vrai que je trouve que dans ces sports aussi, tu crées des relations qui sont vraiment uniques. Ouais. parce que tu vis euh tu vis des tu vis des trucs tellement extrêmes euh des émotions tellement fortes que en fait c'est une communauté qui est assez soudée puisque c'est très difficile de pouvoir raconter ce que tu vis dans ces épreuves-là à tes proches en fait, à tes amis, à tes parents parce que tu trouves pas forcément les mots et puis même si tu réussis à trouver les mots, ils comprennent pas et c'est alors alors que quand tu parles avec des personnes qui ont vécu la même chose après la course ou même plus tard, ben tu sens dans les yeux qu'on parle de la même chose et c'est très agréable de d'avoir des souvenirs communs et ça crée ça crée des liens très très forts. Et c'est pour ça que la communauté dans les sports d'ultraendurance et surtout dans l'Ultra Trail parce qu'on est aussi un petit peu soumis aux aléas de la nature, de la météo. Euh les liens sont très forts et quand tu vas doubler quelqu'un qui est mal sur un sentier, tu vas passer à côté en disant "Je t'ai pris une place." Non non, tu vas tu vas t'arrêter, tu vas demander si tu as besoin de quelque chose, d'eau, de nourriture, de le relever. Et il y a vraiment euh il y a vraiment ces valeursl qui sont très très puissantes. C'est vrai, c'est rare. Après tout ça, le que tu as parcouru, tu es devenu maintenant une des figures les plus reconnues de l'Ultra Trail. Comment tu tu vois le rôle des médias dans dans ta carrière ou dans la carrière d'un athlète en général ? Ben, les médias font partie euh du sport, font partie euh de la carrière parce que c'est eux aussi euh qui te donnent de l'exposition, c'est aussi qui vont euh relayer euh tes histoires. Maintenant on le sait hein. Euh ça c'est comme à tous les sports, c'est un jeu euh avec les médias. Le boulot du journaliste c'est pas de te c'est pas de te dresser un portrait élogieux en tout temps c'est de vendre des papiers ou vendre ou en tout cas maximiser le nombre de clics. He c'est ça aussi leur leur retour sur investissement. Donc voilà c'est c'est assez difficile. Il faut faire quand même attention à deux choses. La première, c'est justement euh aux histoires qui peuvent être un petit peu dérivées euh euh voilà ou en tout cas qui reflètent pas la totale réalité qui peuvent faire que ben une communauté ou un public interprète des éléments qui sont totalement faux et qui peuvent finalement dévaloriser ton image. Ça c'est la première chose. Et la deuxième c'est de faire attention à la charge aussi, à ta charge mentale. Parce que c'est sûr que quand tu parles à un gros média parfois tu sors d'un gros entraînement ou d'une grosse course, tu es fatigué tu es à fleur de peau, tu parles comme tu serrais euh voilà un repas de famille après quelques quelques verres et finalement d'être un petit peu enfin trop laxiste sur ses propos, ben il le prennent au mot et puis parfois même une phrase un petit peu trop choque et ça va devenir le titre de l'article. Et là, et là ça va partir en buzz, en polémique et puis tu peux te retrouver voilà dans des petites tourmentes pas agréables qui va encore plus se charger mentalement. Donc au début ça a été très dur pour moi. Je pense que c'est très dur pour tous les athlètes aussi. Mais après quand tu com quand tu finis par comprendre ce que c'est le jeu et comment ça fonctionne euh tu tu prends le contrôle là-dessus justement. Tu tu dis non à ceux qui t'ont qui t'ont trahi hein voilà les les journalistes qui t'ont trahi. Et puis tu sais aussi euh voilà euh trouver les mots pour pas te faire avoir quoi. Mais voilà, faut pas faut pas euh cracher dans la soupe he c'est c'est ça fait partie aussi du métier et et voilà faut savoir bien le gérer. D'ailleurs,, c'est, vrai, que, il, y a, un engouement énorme sur la course à pied et je trouve que ça fait qu'il y a un petit changement pas forcément très très haut niveau mais dans la mentalité du trail où je vois plein de le concept de la killcam, ça te parle par exemple ? Tu vois ce genre de chos tu vois ça change un petit peu. To penses quoi de ça ? Oui bah c'est bien mais ça ça apporta des nouveaux codes aussi parce que euh le trail reste quand même un sport très jeune à l'échelle de l'histoire du sport même si ça fait plus de 30 ans 40 ans que ça existe. Mais c'est sûr que c'est un sport qui a connu d'après les statistiques, c'est sur les 5 dernières années, c'est le sport qui a connu la plus grosse croissance tout sport confondu. En terme de croissance je, parle, pas plein, nombre, d'adhérents, en terme de croissance. Euh et c'est sûr que bah ça a fait une explosion anarchique. Donc là euh tout d'un coup, il y a eu euh bah il y a eu aussi des intérêts financiers énormes des marques, des courses, des coureurs charismatiques qui avaient leur avis sur comment organiser ça et ça a été un brouillon monumental. Et après ben aujourd'hui ça évolue. Il y a des jeunes qui qui arrivent dans ce sportlà avec leur code, avec le code du jeu vidéo avec le code de leur de leur voilà de leur de leur âge et qui et qui amène aussi voilà cette jeunesse au sein du sport. Voilà, c'est c'est c'est moi je suis moi je suis OK avec tout ça. Tant que tant qu'on reste dans un esprit qui est ce qui est ce qu'on fait d'aimer courir, en, nature,, il, y a, il, y, a, pas, de souci. Voilà, je veux pas devenir euh ce vieux qui comprend pas un jeune qui parle la table en verlant, tu vois. C'est ce que je faisais plus jeune. Je me rappelle de mes grands-parents quand je parle en Verlin. Il comprenait pas ce que je disais. Ben voilà, c'est un petit peu ça aussi. C'est faut savoir évoluer avec son temps et puis euh et puis si tu veux t'amuser à faire des killcam parce que ça fait rire et que ça peut inspirer des gens à se mettre à la pratique parce qu'il y a un côté fun là-dedans, ben il faut le faire. D'ailleurs, pourquoi est-ce que selon toi la course à piè une telle tendance ? Très bonne question. Euh moi je moi ma théorie c'est que c'est une réponse à au mots Mux. Euh on est on bat tous les records en terme de de dépression he ces statistiques surtout aux États-Unis et puis en France aussi on est quand même pas mal chaque année le nombre de de enfin de dépressions et puis de de médicament de de consultation psychiatrique explosent et moi j'ai une théorie que on est de plus en plus urbain de plus en plus voilà coincé entre quatre murs à chercher l'ultra confort jusqu'à aujourd'hui parler à son téléphone pour qu'il essaie de d'en faire le moin impossible et je pense que c'est contre nature. Euh je pense que c'est contre nature parce que l'ultra confort en fait t'éteint, te fait rien ressentir, te fait pas ressentir d'émotion et et quand tu veux te quand tu prends un petit peu conscience de ça là que tu te sens d'un coup tu sors de ton, corps,, tu, te, regardes, et, tu te, dis "Tua mais je suis un [ __ ] de robot." Euh ben le sport le plus simple euh c'est la course à pied déjà. Donc tu pars dehors avec des baskets, tu commences à ressentir des petits trucs c'est hyper facile. Tu as pas besoin de t'inscrire à un club à avoir pleur à avoir peur de te faire juger parce que tu es nul ou parce que tu as commencé trop tard ou parce que tu as pas les compétences techniques. C'est hyper facile, tu peux le faire en secret discrètement autour de ton quartier. Et après, quand tu ajoutes à ça le côté nature, c'estàdire d'aller courir en nature,, là, il, y a, quelque, chose, de magique qui se passe. Alors là, c'est un côté un petit peu plus énergétique mais avec tes sens, tu entends les bruits les odeurs, les couleurs. La nature, la nature est fait pour interagir avec toi. On est fait pour vivre en nature, on n pas fait pour vivre entre quatre murs de béton. et tu commences à ressentir des trucs et tu rentres chez toi et là tu as des sensations de plénitude. Tout d'un coup tu as besoin de rien, tu es heureux comme tu as pas ressenti depuis longtemps. Et et je crois que les gens en fait ont besoin de revenir à une à une forme de de nature primaire originelle en terme de de mouvement corporel et et d'activité mentale. Et je pense que le trail running répond vraiment à ce besoinlà. Donc c'est un phénomène de société euh voilà pour pour dire très simplement revenir à la nature d'une manière ludique. Exactement. Bah c'est exactement ce que j'ai ressenti. J'ai pas eu l'occasion de faire beaucoup de trail dans ma vie mais j'en ai fait un peu et voilà juste être seul sans rien dans la nature c'est c'est vraiment une sation unique et je comprends tout à fait pourquoi. Ouais puis c'est un luxe. Je pense que dans dans quelques années je pense que ça existe déjà aussi. on payera très très cher euh pour se retrouver dans des environnements sans bruit, euh sans réseau, sans téléphone et avec euh de la de l'espace mental parce que aujourd'hui on est tellement chargé euh par la sollicitation qu'on a plus d'espace pour résoudre les problèmes qu'on a ou tout simplement pour créer. Et et aujourd'hui, je me je m'estime hyper chanceux de pratiquer ce sport parce que ça me permet d'avoir beaucoup de temps avec moi-même quand je suis en nature sans avoir quelqu'un qui me parle ou un écran qui interagit avec mes yeux pour pour créer des projets, pour résoudre des problématiques. Et si aujourd'hui je suis capable de de de créer des projets puis des aventures un peu folles avec des supers équipes, ben je fais tout quand je cours. En fait, je fais jamais ça sur un ordi, sur un bureau, tu vois. C'est en fait le flow aussi le mouvement aide à créer, je trouve ça maximise ta créativité qu'être assis sur une chaise à essayer de réfléchir à brainstormer quand tu te déplaces tu as de l'espace mental d'un coup qui se crée et alors là tu tu es un esprit créatif de de fou. Donc euh je parlais de je parlais de davantage euh sur la santé physique et mentale, mais aussi davantage sur ta carrière, sur tes projets et sur ta vie en général quoi. Euh tu trouves beaucoup de solutions quand tu te retrouves tout seul avec toi-même et que tu as le temps de d'explorer les pistes mentales. Une des choses qu'on peut un peu retirer notre conversation, c'est que on se met des limites dans la vie mais que tu montres, tu as vu qu'on peut les exploser. Comment toi tu penses que tu as fait pour détruire des limites mentales que que tu as pu avoir ? Ben en fait, on se met pas des limites. C'est les autres qui nous mettent des limites dès la naissance. C'est ton grand frère, c'est ta grande- sœur c'est ton père, c'est ta mère, c'est tes copains qui te disent il y a des requines à la mer, faut pas y aller, ils vont te manger. Qui te disent une araignée, dès que tu envoies une, elle va te piquer. Donc dès que il y a des gens qui font des phobies sur des araignées, des serpents, c'est juste parce que toute leur jeunesse, on leur a dit si tu croises une araignée ou un serpent, il va te tuer, quoi. Euh, ils ont peur des loups la nuit. Je vais me faire manger par un loup la nuit, le grand méchant loup va venir parce que toute ta jeunesse on t'a répété ça. Alors que le loup, je peux te dire que si, tu t'en, vois, un,, tu, as, une, c'est, une chance de fou quoi. Tu les verras jamais. Ils sont hyper discrets. Mais euh tout ça pour dire que en fait ben malheureusement euh si un si un jour on se rend compte qu'on s'est fait berner avec toutes ces ces peurs, ses craintes et ses limites, ben c'est d'aller les explorer tout simplement. Voilà, c'est d'essayer de se dire "Bon, on m'a dit que on m'a dit que bah je sais pas, les serpents sont dangereux, ben tiens, dans un pays exotique, je vais me rapprocher d'un serpent et je vais voir qu'il va fuir." Ah bah tiens, il est pas il m'attaque pas finalement, tu vois. Donc je vais peut-être aller pouvoir explorer la jungle sans problème. Tu vois encore aujourd'hui euh j'étais sur un port là à plonger, puis je partais plonger, puis il, y a, une, petite, fille, qui, vient,, on discutait et tout et elle me disait qu'elle elle voudrait jamais plonger parce que elle a peur de de pas voir le fond parce que au fond il y a des monstres, tu vois. J'étais on était là à hier tu vois. Donc ça c'est c'est forcément ses parents qui ont dû lui montrer un film ou ses copains à l'école qui ont dû lui dire des trucs et c'est dommage que parce que peut-être ça va lui fermer des une porte à aller explorer l'océan, tu vois. Donc donc voilà, c'est c'est ça c'est ça ma réponse. C'est le jour où on se rend compte qu'on s'est fait berner, bah il faut il faut aller ben challenger ses limites et se rendre compte que finalement elles sont elles n'existent pas ou en tout cas elles sont beaucoup plus loin que là où on nous les a placé. Et du coup toi c'est quoi la la prochaine limite que tu as explosé tu penses ? Ben en fait je suis pas non plus peut-être brûlé à tu sais à à mettre ma vie en péril mais ça ça se fait petit à petit en fait. Je suis je suis très curieux tu vois. J'aime en fait c'est marrant mais une fois que ça peut paraître paradoxal ce que je vais dire mais quand je devienne hyper confortable dans un environnement qui était au début ultra inconfortable pour moi, ben je vais commencer à m'ennuyer. Et c'est pour ça que par exemple le grand froid, tu vois où je suis allé l'hiver dernier dans le Yukon j'ai fini l'expédition, j'ai beaucoup souffert et j'étais pas du tout confortable. Ce et j'ai et quelqu'un de normal dirait "Ah, j'ai énormément souffert, plus jamais. Et en fait, je me dis non, je veux là, j'ai appris j'ai appris beaucoup de trucs. Je suis déjà en train de bricoler du matériel, je suis déjà en train de réfléchir comment j'aurais pu être meilleur pour avoir moins froid, pour avancer plus vite tout ça. Et j'ai qu'une envie, c'est de retourner pour expérimenter ce que ce que les nouveautés que j'ai appris et le jour où je serai dans le grand froid pépère avec mon petit thé, ben j'arrêterai, je ferai autre chose. Et voilà. Et c'est pour ça que c'est pour ça que j'aime voilà explorer aussi des nouveaux environnements euh notamment la voile aussi parce que je trouve que la voile c'est c'est c'est la liberté ultime quoi. On vit sur une planète qui est voilà pour pouvoir se déplacer. C'est c'est, voilà, c'est, forcément toujours tu sais avec des avions. C'est ça c'est difficile les voitures machin. Il y a des bouchons. Ça me c'est pas fluide quoi. Ça t'énerve tu vois. Alors que le bateau bam, tu pars et il y a rien qui t'arrête quoi. Et tu peux aller à peu près partout et sauf que c'est un environnement qui est totalement inconfortable quand tu as jamais été là-dessus. Les mâles de mer, les vagues que tu prends dans la tronche l'humidité permanente, les enfin tout ça. Et donc ça c'est un petit peu les projets à court terme qui vont arriver. Et ce qui est marrant, c'est que tous ces projets-là euh comme l'Ultra Trail j'ai ça me passionne encore parce que même si j'ai trouvé un certain confort aujourd'hui partir pour 160 bornes, je dois t'avouer que ça me fait pas peur. Ce qui me fait peur, c'est la vitesse à laquelle on va le faire avec les compétiteurs autour. Mais mais ce qui fait que je ramène beaucoup d'éléments que j'apprends dans ces autres environnements à à la pratique centrale du trail quoi, tu vois, sur des aspects mentaux et puis même le froid par exemple, j'ai beaucoup appris là-bas sur place vraiment de manière très très pointue sur la gestion de l'humidité, la transpiration qui est qui est vraiment le le paramètre critique. À partir du moment où tu es mouillé, ben la conduction thermique augmente et c'est là que tu peux te en danger. Mais je sais que dans le trail maintenant quand je vais passer dans des colroid, je vais je sais que je vais beaucoup mieux gérer mes couches, mes ouvertures. J'ai déjà changé mon matériel pour mettre des ouvertures à certains endroits, tu vois. Et donc je ramène comme ça des éléments. C'est vraiment des des projets d'échange et c'est passionnant. Je pourrais te parler d'apné aussi, tu vois. Je travaille très très fort sur un projet d'apné aussi. Je me suis rendu compte que la respiration en fait ça de c'est un facteur de performance énorme si tu le conscientises. On respire tous de manière inconsciente mais si tu conscientises ta respiration ou tu prends en main tes inspirations tes expirations un certain temps avec des certains volumes, ben tu as tu as tu as des gains dans les dans les sports d'endurance qui sont loin d'être marginaux quoi. C'est c'est énorme. et et plutôt que que de faire un cours devant un écran, une masterclass de comment respirer, bah tu le fais, tu dis ben dans quel sport vraiment la respiration c'est utile et ben l'apnée et donc tu apprends par la pratique et c'est ça c'est super et après tu le ramènes. Ce qui fait que moi maintenant dans mes trails, ben quand je suis dans un col voilà dans certaines dans certaines dispositions euh d'intensité, je vais volon volontairement prendre le contrôle sur ma respiration pour choisir mon rythme de respiration et mon amplitude respiratoire. pour euh pour mieux performer ce que les autres ne font pas forcément, tu vois, où ils vont rentrer dans des mécanismes de de d'essoufflement qui va peut-être limiter leur niveau de performance. J'ai aussi entendu parler de de l'Ultra Trail aux Jeux Olympiques de L 2028. H Est-ce qu'on t'y verra ? Euh, je ne pense pas. Alors, je sais plus exactement ce qui va se passer mais le trail prend une telle ampleur que c'est sûr qu'on va le voir de plus en plus dans des événements comme ça. Je crois que pour LA, ça sera un sport de test là. un peu comme ils avaient fait le break dance à Paris là. Euh et puis si s'il y a l'engouement et que ça fonctionne bien, ça devra un vrai sport au JO d'après. HH euh les Jeux Olympiques en fait c'est des dimension c'est les épreuves elles sont dimensionnées pour être médiatisées. Euh donc pour pouvoir être filmé en tout temps, il faut pas que ça dure trop longtemps. Je crois que la plus longue épreuve, ça doit être le marathon et puis il y a pas grand monde qui regarde parce que c'est trop long quoi. Il faut que ça soit ça reste du spectacle. Les Jeux Olympiques, c'est comme ça que ça a été construit. C'est du sport, c'est du jeu quoi. C'est c'est de la c'est du divertissement. Et moi mon sport c'est l'ultra trail. Alors on a l'impression que le trail c'est du trail, c'est pareil qu'on cour born 170 bornes. Mais là je vais mettre ma casquette d'expert c'est pas du tout le même sport. tu t'entraînes pas pour un 20 bornes comme tu t'entraînes pour un 170 bornes et ce qui fait que les épreuves de des Joo seront forcément très très courte, très très spectaculaires, très rapide. Je pense, pas, qu'il, y a, forcément, des, des dénivelés majeurs et je pense que ça va probablement ressembler à un peu à une épreuve de cross là, tu sais où tu cours dans l'herbe et un peu avec quand même quelques ça sera pas comme ça mais je pense que en terme de d'image ça ressemblera un petit peu à ça un petit peu comme ils font le le VTT tu vois. OK. Ouais. Voilà. Ils vont peut-être te faire passer un peu dans un parc, aller dans une colline derrière, mais il faut qu'il y a, des, caméras, partout, en, fait., Et, si tu vas vraiment dans une montagne sauvage,, profonde,, il, y a, pas, de, réseau, c'est compliqué de mettre des caméras. J'ai j'ai peur que ce soit un petit peu asceptisé, ça le sera mais mais tant mieux, ça sera ce sera au Jo, mais ce que j'espère c'est que ça c'est que ça devienne pas après euh les terrains euh des Jeux Olympiques soient reconstruits ailleurs dans des centres pour entraîner les jeunes à chaque cycle de JOI parce que ça dénature un petit peu le le sport et c'est ce qui est arrivé avec l'escalade, c'est ce qui arrivé avec le VTT aussi et voilà ça on a quand même un petit peu cette crainte mais pour te répondre Non, ben ce qui fait que à moins que à partir de maintenant, je me mette à faire du cours euh peut-être, mais ça me plaît pas trop le cours. Moi, c'est vraiment le côté aventure de l'ultra qui me plaît. Donc des chances que j'y sois peut-être pour encourager le sport s'il y a lieu d'être, mon sport s'il y a lieu d'être ou en tant que qu'expert pour apporter quelque chose dans le projet. Mais en tant que qu'athlète, je ne pense pas. Si demain tu pouvais plus jamais courir qu'est-ce que tu voudrais laisser au monde ? Ouf ! la question philosophique. Bah écoute aujourd'hui euh en fait je me suis jeis quelqu'un aussi qui qui pense beaucoup. J'aime un peu la philosophie, j'aime un peu l'intellect. C'est vrai que je pense que c'est un peu tout le monde. Des fois on se lève et on se dit "Mais c'est quoi le but de la vie ? À quoi on sert ?" Et c'est vrai que quand j'étais ingénieur, j'avais beaucoup plus l'impression de servir à quelque chose que depuis que je suis coureur. Et c'est quelque chose qui m'a beaucoup angoissé aussi quand j'ai commencé à courir parce que quand j'étais ingénieur, en fait, je produisais euh tu pouvais produire bah du software, donc des lignes de code ou euh du matériel, tu vois. Bon, moi en l'occurrence c'est des centrales thermiques qui produisaient de l'énergie pour des industries ou des villages. Donc, il, y avait, quelque, chose, de concret. J'avais l'impression de me lever le matin et de construire quelque chose de concret. Euh quand tu es sportif professionnel et que ton boulot c'est de te lever, d'aller t'entraîner tu as vraiment l'impression euh ben de pas être utile quoi. Euh et c'est vrai que ça m'a beaucoup angoissé au début et en fait euh et en fait j'ai fini par par comprendre qu'il fallait pas trop hyper intellectualiser l'utilité pragmatique enfin matérielle qu'on a sur terre et en fait l'utilité bah en fait vivre ça sert à rien aussi quoi. On peut se dire que que vivre c'est enfin c'est tout simplement c'est tout simplement ça le but. Et et puis moi ben voilà, en fait c'est que j'ai le message que je veux laisser en fait c'est que j'étais quand même un petit peu euh j'étais pas forcément super heureux dans dans ma super vie où tout s'était bien passé, où j'avais fait des belles études, voilà, où j'avais une super carrière bien payée, où voilà, je mettais tout ce qu'il fallait sur des plans retraite de je sais pas quoi tous les mois là. Et et en fait euh et en fait je me suis rendu compte que que il me manquait, tu vois, de bouger mon corps et de connecter à la nature. Et vraiment quand j'ai quand j'ai ressenti ça de manière très très concrète, j'ai commencé à vraiment rentrer sur une courbe d'épanouissement et un but de vie qui a été très très fort. Et donc c'est ce que je fais aujourd' manière très très simple, c'est d'essayer de raconter euh ce que je vis, de raconter euh des histoires et d'essayer de vraiment euh quand je vis des courses de pas juste courer avec moi-même, d'essayer d'imprimer aussi ce que je vois autour des scénarios, des de ce que je ressens aussi de pas pour moi mais pour les autres pour essayer de m'en rappeler. Donc c'est un exercice de plus que je fais pour pas tout le temps parce que des fois c'est trop dur mais pour essayer de le ramener aussi et ensuite bah le partager euh à travers divers canaux, tu vois. Bon, ça peut être les réseaux sociaux. J'aime bien faire des films aussi. J'ai écrit un petit bouquin et et en fait aujourd'hui mon but dans la vie c'est de recevoir des messages de personnes qui me disent "Ah ben ce que tu as raconté ou ce que tu as fait là ça m'a donné moi aussi envie." Alors pas forcément d'aller faire l'UTMB, mais juste de me bouger un peu les fesses, de sortir un peu de mon train du quotidien et d'aller marcher ou courir quelques kilomè dans le petit bois autour de chez moi et qui et qui me dit ben et ça m'a fait le plus grand bien. J'ai qu'une envie, c'est d'y retourner voire même de d'essayer de faire un objectif ambitieux dans dans un sport d'endurance. Bah là je me trouve je trouve que c'est un but que c'est un but super utile, quoi. Donc c'est ça que je laisse des histoires et puis aujourd'hui voilà, c'est je crois que d'ailleurs je l'ai je l'ai dit cette phrase dans mon livre, ça fait un moment que je l'ai écrit, mais c'est c'est pas forcément d'accumuler euh un maximum de matériel, mais plutôt d'accumuler d'accumuler un maximum d'histoires à raconter à mes petits enfants qui seront posés sur mes genoux dans une dans quelques années. Faant beaucoup d'années, j'espère. Je pense qu'ils prendront pour un menteur de temps en temps. Mais ben je sais pas si tu as vu le film Big Fish. Non. Bah c'est en fait c'est un film qui est pas mal où en fait c'est le père qui avait vécu des trucs incroyables dans sa vie et qui il est tellement passionné qu'il raconte tous ses ses aventures de vie à son fils mais il les romance un petit peu, tu vois. Il il les exagère un petit peu mais elle et son fils du coup il l'a jamais cru. Il a dit il a dit toute sa vie c'est un bullshitur il me ment. jusqu'au jour où son père il a il a une maladie, il a un cancer et donc il refait un périple et il revoit tous les personnages qu'il a qu'il a qu'il a qu'il a croisé dans sa vie. Et le fils effectivement quand il voit le géant en fait, c'était quelqu'un qui était très grand comme toi, qui faisait pas 3 m mais qui faisait quand même 2 m, tu vois. Et euh et donc et donc c'est ça qui est qui est beau aussi, c'est de c'est de vivre des trucs et après si tu les romances un petit peu pour pour mettre des dans les yeux dans à tes petits enfants, ben tant mieux quoi. Mais mais mais le but c'était quand même d'en construire des histoires. Moi je leur raconterai que j'ai fait un podcast avec Mathieu Blanchard. En tout cas, j'espère que tu as eu l'impression d'avoir pu raconter des belles histoires aujourd'hui. Moi en tout cas, j'ai adoré. On a une petite tradition dans le podcast. Je demande à chaque invité d'écrire une citation qui ou une phrase ou peu importe qui est importante pour lui. Si tu veux au dos de la carte c'est c'est marche. Et voilà, j'écris comme un chien. Mais et du coup, est-ce que tu peux partager avec nous ce que ce que tu as écrit ? J'ai écrit "L'aventure est simplement un état d'esprit qui fait vivre fort et puis après j'ai signé dessous." Merci beaucoup. Merci Mathieu. Cé un vrai plaisir. Je suis impatient de voir la suite de tes aventures et et peut-être que un jour je te raconterai une des miennes. J'espère aussi. Merci pour la Merci beaucoup. [Musique]

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