Si tu joues à [musique] un bon niveau amateur, tu l'as sûrement déjà vu. Dans ton équipe, il y a ce joueur avec une VMA énorme, 19 20 km/h [musique] peut-être, une endurance que même certains pros n'ont pas et pourtant lui, il reste amateur, il ne passera jamais professionnel. Et d'ailleurs, parfois ce joueur-là, ce n'est même pas le meilleur joueur de ton effectif. Et moi, à l'inverse, en tant que préparateur physique, ça m'est déjà arrivé de voir des joueurs d'un niveau Ligue 2 complètement en difficulté sur de simples footing de début de saison. Alors, quelles sont les qualités physiques qui font vraiment un footballeur professionnel ? parce qu'aujourd'hui tu n'as peut-être pas assez de repères sur ce qu'un professionnel est capable de faire physiquement. Et bien dans cette vidéo, ces repères là, je vais te les donner point par point. Mais surtout, tu vas comprendre que ce [musique] que beaucoup pensent être l'écart entre toi et un professionnel n'est pas forcément là où il l'imagine. Alors je sais, on te répète partout la même chose. Un pro ça court des distances de dingue en match. 12 13 km, ça tu l'as sûrement déjà entendu. Sauf que là-dedans, il y a deux problèmes. Le premier, bien souvent 12 km, c'est un plafond. Un maximum atteint par certains milieux de terrain sur un gros match. En moyenne, un match de professionnel, c'est plutôt 10 à 11 km. Et le deuxème problème, le plus important, c'est qu'on a aussi mesuré des amateurs GPS à l'appui. Et quand on compare la distance totale parcourue en match par des amateurs entraînés et des professionnels, et bien on tombe à peu près sur la même chose. Le pro tourne autour de 10 11 km et l'amateur, lui, va être autour des 9 10 km, un écart d'à peine 11 %. Donc, tu peux mettre un bon amateur et un pro côte à côte sur 90 minutes, ils vont couvrir à peu près la même distance. Et pourtant, il y en a un qui vit du football et l'autre qui va bosser le lundi matin. Donc non, courir beaucoup ça ne fait pas de toi un professionnel, mais ça ne s'arrête pas là. La deuxième idée reçue, c'est que pour jouer à haut niveau, il te faudrait un cardio de folie. Sauf que et bien là encore, non. Dans beaucoup d'équipes amateurs sérieuses, comme je te le disais en début de vidéo, on retrouve des joueurs à 18 19 20 de VMA et pourtant ce sont des amateurs. Et ça, je m'en suis rendu compte pendant des années en m'occupant d'équipe de niveau régional. J'avais toujours dans un effectif au moins un ou deux joueurs capables de sortir une VMA supérieure à 18 km/h et c'est pas ça qui les a fait monter au niveau supérieur. Avoir une grosse VMA ne t'ouvre pas les portes du monde professionnel. Et dans l'autre sens, c'est encore plus parlant parce qu'entre préparateur physique, on discute beaucoup. Et il y a un joueur professionnel qui était connu pour sa VMA très faible. Il était attaquant en Ligue 2 et avait une VMA d'à peine 14 km/h. 14, c'est une VMA que beaucoup d'amateurs dépassent largement. Et tout ça, ce n'est pas juste des observations de terrain, ça a été aussi étudié. La VO2 max, c'est l'indicateur le plus répandu pour mesurer les qualités d'endurance d'un footballeur. En gros, c'est la quantité maximale d'oxygène que ton corps peut utiliser pendant un effort très intense. Et cette VO2 max, les chercheurs l'ont comparé chez les amateurs et chez les pros. Résultat, des chiffres quasiment identiques, 56,5 chez le Pro et 55,7 chez l'amateur. Un écart si faible que statistiquement on ne conclut à aucune différence. Donc non, ce n'est pas ta VMA qui décide si tu vis du football ou si tu te contentes de le faire en loisir. Troisème chose maintenant, et ça c'est quelque chose que beaucoup de joueurs cherchent à améliorer. Ils se disent "Ah si j'étais un peu plus rapide, je serais meilleur sur le terrain, je pourrais jouer plus haut." Et souvent, j'ai des joueurs qui viennent me voir et qui me disent "Moi, je veux gagner en vitesse. Je mets déjà en place des séances de vitesse. Je fais des springs de 20, 30, 40, 50 m." Dans leur tête, cette vitesse qui leur manque, c'est un peu le mur entre leur niveau actuel et le niveau professionnel. Sauf que là aussi, c'est un peu plus compliqué que ça parce que en s'entraînant comme ça avec des sprints plutôt longs, ce qu'ils développent leur vitesse maximale, la vitesse que tu as atteint une fois lancée après 30 ou 40 m. Et la vraie question qui se pose, c'est est-ce que cette vitesse de pointe, c'est vraiment ce qui sépare un amateur d'un professionnel ? Alors là aussi, ça a été mesuré. Des chercheurs français ont pris deux groupes, des joueurs professionnels de première division et des amateurs de 4e division. Ça reste des amateurs de haut niveau qui s'entraînent tous les jours. Ils ont fait passer le même test à tout le monde, un sprint de 40 m, ce qui permet de mesurer la vitesse maximale de chacun. Et sur ce sprint de 40 m, le pro était en moyenne à 30,9 km/h et l'amateur à 31,4 km/h. Et oui, tu as bien entendu, on pourrait même croire que c'est l'amateur qui va un peu plus vite que le Pro, mais bon, statistiquement, il n'y a aucune différence entre les deux. Donc sur la vitesse de pointe, un pro n'a rien de plus qu'un bon amateur. D'ailleurs, en match, aucun de ces deux joueurs, ni professionnel ni amateur, n'utilise vraiment sa vitesse maximale. Les vitesses max qui ont été mesurées chez ces joueurs en match étaient plutôt aux alentours de 92 % de ce qu'ils ont été capables de faire sur le test. Donc en gros, en match, personne ne court réellement à fond. Donc non, ta vitesse de pointe ce n'est pas ce qui te sépare du haut niveau. Alors, attends 2 secondes. Si ce n'est pas la distance parcourue, si ce n'est pas la VMA, si ce n'est pas la vitesse de pointe, qu'est-ce qui nous reste alors ? Qu'est-ce qui sépare vraiment un amateur d'un pro physiquement ? Parce que jusqu'ici tout ce qu'on a vu, c'est des valeurs qui sont à peu près les mêmes chez l'amateur et le professionnel. Alors, il est peut-être temps maintenant de regarder où est le vrai écart entre le monde amateur et le monde pro. Et ça, je te le dis tout de suite, ça tient en deux choses, deux qualités que justement beaucoup ne travaillent pas quand ils cherchent à être meilleur physiquement sur un terrain de football. Et la première, c'est l'accélération. Attention, pas la vitesse, l'accélération, c'est-à-dire ta capacité à atteindre ta vitesse le plus vite possible. Autrement dit, ce qui se passe sur les tout premiers mètres. Et là encore, ça a été mesuré. Une étude française devenue une référence en préparation physique a comparé des joueurs du niveau pro jusqu'au niveau amateur. Et deux choses ont été mesurées. Leur temps sur 10 m et leur temps sur 30 m une fois lancé. Et sur 30 m, et bien il n'y avait pas de différence. Ça, on l'a déjà vu. La vitesse de pointe, on retrouve à peu près la même à différents échelons du football. Mais sur 10 m, sur le démarrage, là il y a un écart qui apparaît. Le professionnel est plus explosif sur ses premiers appuis. Un écart net et systématique. Alors oui, ça se joue sur des centères de secondes, sauf qu'en football, c'est centiè de secondes, c'est un duel de gagner ou de perdu. Et quand tu y penses, c'est logique. Sur un terrain, tu as rarement 40 m pour te lancer. Tu as 1 2 3 m 3 m pour prendre ton adversaire de vitesse, pour sortir d'un pressing, pour gagner un duel. Et autre chose, le football ce n'est pas de l'athlétisme. En athlétisme, chacun court dans son couloir. En football, c'est différent. Tu peux te mettre dans le couloir de n'importe qui parce qu'avec ton adversaire direct, peu importe d'où vous partez, vous allez au même endroit vers le ballon. Vous êtes dans le même espace et c'est pour ça qu'on appelle ça un duel. Ce ballon, cet espace, il va falloir le disputer. Et c'est là que tout se joue. Si tu démarres plus vite, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, et bien tu passes l'épaule en premier. Tu te glisses entre le ballon et ton adversaire et tu prends déjà une position avantageuse. Et à ce moment-là, le duel, bien souvent, il est déjà gagné peu importe ta vitesse de pointe. Et donc tout ça, ça se joue sur deux ou trois appuis, pas plus. parfois depuis une position arrêtée, parfois depuis une position lancée, parfois depuis une position désavantageuse où tes épaules ne sont même pas orientées vers le ballon. Bref, tu commences à le comprendre. Ce qui compte vraiment, ce n'est pas ta vitesse pure, mais c'est ta capacité à démarrer vite, juste assez pour passer l'épaule en premier. Et maintenant, cette qualité d'accélération, il y a sur un autre type d'action que tu la retrouves. Parce que oui, sur un terrain, tu cours rarement tout droit. Bien souvent, tu accélères, tu freines puis tu repars dans l'autre sens. Et un match, c'est ça. Il est fait de changement de direction constant. Et en terme d'effort physique, c'est sans doute ce qu'un match de football te demande le plus. Tiens, à ce sujet, il y a un exemple qui est parfait. Est-ce que tu as déjà vu ces images de Cristiano Ronaldo ? On l'a fait courir contre un sprinter professionnel, un vrai, un champion du 100 m d'abord en ligne droite sur 25 m et là, le sprinter a gagné 3,31 secondes contre 3,61 pour Ronaldo. Jusque- là, rien d'anormal. Pour un sprinter, courir vite en ligne droite, bah c'est son métier. Il ne fait que ça. Donc pas de surprise de retrouver Ronaldo derrière. Mais ensuite, ils ont mis en place un autre parcours, 25 m mais cette fois-ci avec des changements de direction. Et là et bien les rôles s'inversent. Cristiano Ronaldo finit devant avec 6,35 secondes contre 6,86 pour le sprinter. Et oui, lui le changement de direction ce n'est pas son métier. Il ne fait absolument jamais ça dans ses courses. Et là, on voit bien que la capacité à changer de direction et la vitesse pure sont deux choses bien différentes. Sur un terrain, la vitesse pure, elle est loin de suffire parce que ce qui compte, c'est de freiner, de repartir, de changer de direction et ça constamment. Et d'ailleurs quand je dis constamment et bien ça nous amène sur la suite, la répétition. Parce que produire une accélération de qualité et un bon changement de direction, on vient de le voir, tout le monde n'en est pas capable. Mais à haut niveau, ça va encore plus loin. Cette qualité, le joueur doit être capable de la répéter sans se fatiguer et ça 200 fois par match. Ta qualité d'accélération à la 85e minute, elle doit être quasiment aussi tranchante qu'à la première minute d'un match. Et c'est ça qui achève de séparer le pro de l'amateur. Il ne suffit pas d'avoir des qualités d'accélération et de changement de direction. Il faut être capable de les tenir jusqu'au coup de sifflet final. Alors, tu vas peut-être me dire "Oui, mais répéter les efforts, c'est justement ça l'endurance, c'est là où on a besoin du cardio ?" Et bien, pas tout à fait. Le cardio, l'endurance, la VMA telle qu'on la mesure au football, on l'a vu entre un amateur et un pro, elle est plus ou moins la même chose. Et par contre, ce qui change, c'est la capacité à répéter des sprints, des efforts courts, explosifs, enchaînés avec peu de récupération. En préparation physique, on appelle ça la RSA pour répéter le sprint ability, ta capacité à répéter des sprints. Et ce n'est pas tout à fait la même chose que l'endurance. On ne la mesure pas pareil, on ne la travaille pas pareil. Tu peux très bien avoir une VMA plutôt moyenne et avoir une bonne capacité à répéter des sprints. Et cette capacité à répéter des sprint et bien c'est exactement ce qu'on retrouve en match. Tu te rappelles de l'étude sur la distance parcourue sur le total entre amateur et pro, on a vu que c'était plus ou moins la même chose. Par contre, si tu commences à t'intéresser à la distance parcourue à haute intensité, les sprints, les accélérations, là c'est une toute autre histoire. On a mesuré qu'entre un joueur professionnel de très haut niveau et un joueur professionnel d'un niveau moyen, la distance sprintée en match est quasiment 60 % plus importante. 410 m pour l'un contre 650 pour l'autre. Et ça c'est entre deux joueurs professionnels. Donc pour une même distance totale, on peut avoir des intensités qui n'ont rien à voir et c'est cette capacité à fournir une telle intensité qui différencie vraiment l'amateur du professionnel. Et d'ailleurs, cette capacité à répéter l'intensité, on sait la mesurer. Il y a un test pour ça très utilisé au football, c'est le yoyo test. C'est un test intermittent donc avec des temps de récupération où tu dois faire des allers-retours de plus en plus rapides en prenant une petite récupe à chaque fois. Et ce test là, il se rapproche beaucoup plus des efforts en football qu'un test classique. Et des joueurs de différents niveaux ont été testés dessus. Voici les résultats. Pour un joueur très amateur qui s'entraîne un peu quand il peut, le résultat sur le test est autour des 1800 m. Pour un amateur de bon niveau, compétitif, il va se trouver plutôt autour des 2000 m. Le joueur professionnel moyen, lui, il est autour des 2200 m. Enfin, le joueur de très haut niveau, de niveau international, il va être à 2400 m et plus. Et c'est là qu'on voit à quel point cette capacité à répéter les efforts est importante au football et à quel point elle fait la différence entre un joueur de bas niveau, un joueur moyen et un joueur de très haut niveau. Donc ce que tu dois retenir maintenant, c'est que cette capacité à répéter les efforts, tel qu'on te la demande dans ce test, elle ne s'obtient pas en courant des kilomètres et des kilomètres ni en travaillant sur ta vitesse max, mais elle s'obtient en travaillant ta capacité à démarrer fort et en t'entraînant à refaire ces démarrages encore et encore sans jamais baisser en intensité. Alors, la vraie question maintenant, c'est "Et toi, tu te situes où sur cette échelle ?" Et ça, tu peux le savoir précisément. Je t'ai préparé tout ce qu'il te faut. Je vais te donner le protocole exact ainsi que la bande son pour pouvoir caler ta vitesse à chaque palier et tu vas pouvoir faire le test sur le terrain en une dizaine de minutes. Ça te permettra de savoir où tu te places exactement sur cette échelle qui va de l'amateur aux joueurs de très haut niveau. Si tu veux accéder à tout ça, je t'ai laissé le lien en description ou sur le QR code qui est juste ici. Et d'ailleurs, si tu veux voir une autre vidéo où je t'explique ce qui fait qu'un joueur devient pro, et bien tu peux aller voir ça ici. Maintenant en attendant la prochaine vidéo, je te dis à bientôt et n'oublie pas un joueur qui progresse vite est un joueur intelligent.