On va prendre un ascenseur,
on met trois personnes dedans, on bloque l'ascenseur entre deux étages,
on met tout ça dans le noir et on observe. Il y a une personne qui se met
à hurler de peur. OK, il y a une personne
qui se met à crier de rage et une personne
qui reste complètement zen. Donc on voit bien que ce ne sont pas
les situations qui provoquent le malheur des hommes et des femmes,
mais bien l'idée qu'ils s'en font. Comprendre que tout est interprétation
est fondamental. Parce que quand on se fait piéger, ce qui se passe c'est
qu'on imagine toujours le pire. Eh bien, à partir du moment où je repère
ces pensées qui sont piégeant, je vais pouvoir travailler dessus. J'ai une production psychique
qui me piège, et bien je vais fabriquer une autre production psychique
qui va neutraliser la première. Mais ça veut dire qu'elle
est chez le psy ne sert à rien. Bonjour Philippe L. Bonjour. Je suis très heureux de te recevoir
aujourd'hui sur le plateau des Lueurs. Tu es médecin, psychothérapeute
spécialisé en thérapie brève et surtout. Au départ, tu étais un grand angoissé
comme des millions de Français. Tu vivais avec des crises de panique,
avec des peurs, des choses très difficile à contrôler,
qui ne se voient pas. Et on est très nombreux à vivre
ça en nous. Et comme beaucoup d'entre nous
a cherché des solutions partout, tu as évité le sujet, tu as essayé d'aller
comprendre ce que tu vivais et plus tu cherchais à comprendre,
plus tu cherchais à éviter, plus tu cherchais à soulager ce que tu vivais, moins
tu solutionne tes peurs et tes angoisses. Jusqu'à un jour où tu as découvert
petit à petit une autre forme de thérapie que tu vas nous partager aujourd'hui
et que tu as couché, si je puis dire, dans un livre,
une méthode qui s'appelle Guérir de vos angoisses
chez Robert Laffont et Versys Liot. C'est sorti en septembre 2025
et je suis très heureux parce que, à travers ce livre, à travers
ton expérience, on va essayer de rentrer dans notre monde intérieur,
dans notre vie intérieure, dans nos peurs, dans nos angoisses, dans nos paniques
pour essayer de comprendre comment empêcher que nos angoisses
justement nous gâchent la vie. Et c'est notre mission. À travers ton expérience, à travers tous les changements qu'on
va avoir de dégager en fin d'émission. Une lueur pour vous qui nous regarder,
nous écouter pour essayer justement de trouver une forme
de paix intérieure plus facilement et de ne pas avoir à remuer
tout notre passé pour y arriver. Ça te va comme programme ? Ah oui, c'est génial ! Ceux qui nous regardent,
ceux qui nous écoutent en ont l'habitude. Il y a devant toi
trois cartes pour faire connaissance. Je vais te laisser retourner la première
carte. Tu vas découvrir une phrase, Tu peux la
lire à haute voix et la compléter. Ce qu'il doit faut surtout pas faire pour guérir de nos angoisses,
c'est. Rester tout seul dans son coin
à chercher des solutions et puis finalement à faire
ce que j'ai fait, c'est à dire à essayer de comprendre à tout prix,
voir plein de spécialistes, avoir toutes les maladies du monde,
tourner en rond. On se retrouve comme un poisson
dans un filet. Plus on remue, plus
on est dans la en desserré. Donc c'est ça qu'il ne faut pas faire. Quand tu es quand même en train de dire
on va le creuser après que tout ce qu'on fait naturellement,
à savoir se replier sur soi, essayer de comprendre et appeler à l'aide,
c'est ce qu'il ne faut pas faire. Oui absolument. On s'en sert de plus en plus. C'est ce que j'ai vécu en tout cas. Et je connais plein de personnes
qui l'ont vécu. Moi, ça a pu aussi
me m'habiter dans ma vie personnelle. Donc on va on va essayer de creuser.
Pourquoi notre instinct premier, notre réaction est en fait
la mauvaise réaction. Et le premier élan
est celui qu'il ne faut pas suivre. Mais juste avant,
je te laisse retourner la deuxième carte. Même les peurs les plus tenaces peuvent être dissoutes
car car ce ne sont que des peurs. Donc donc on a le pouvoir sur nos peurs. Oui, ce sont des productions psychiques. Et comme tout se passe
dans notre monde intérieur, nous pouvons changer les films
dans notre monde intérieur et et donc transformer une peur
et la voir différemment. Donc oui, c'est vraiment
il n'y a aucune peur. Parlons la, la plus grande peur
c'est celle de la mort. Et bien on la diffusion sans problème. La diffusion on va on va creuser le mot
parce que je vais te demander le définir tout à l'heure,
mais même la peur de la mort, oui, on peut comme tu dis, la défusionner, ça veut dire
qu'on peut la dissoudre, la traverser. Oui, on peut complètement la traverser
et puis en plus ça devient, je dirais, une une philosophie de vie,
parce que on prend quand même conscience
qu'on ne meurt qu'une fois. Et ça, c'est le jour où on découvre ça. On se dit mais mon Dieu,
je suis mort 1000 fois pour rien. Parce qu'on peut, on ne meurt qu'une fois,
mais on peut avoir peur de la mort toute sa vie. Oui, et donc du coup,
le jour où on comprend ça, on se dit mais je suis, je suis,
je suis mort pour rien, c'est idiot, il faut se laisser aller. Et c'est ce que disait Alphonse
Allais Ne nous prenons pas au sérieux, il n'y aura pas de survivant.
Voilà. Donc ok, on y va. On vit sa vie et la peur de la mort,
on la laisse le jour de la mort. Mais voilà. Mais ce jour on ne le connaît pas
et c'est très bien comme ça. Je te laisse retourner la troisième carte. Au début, j'ai cru que mes crises de panique
étaient dues à. Mais en fait, quand ça vous tombe dessus
la première fois, on croit qu'on a une énorme maladie cardiaque
ou des choses comme ça et qu'on va mourir. C'est imminent. Donc du coup, c'est la panique totale. Donc la seule chose que l'on veut
à ce moment là, c'est un service d'urgence et pour être rassuré ou soigner
et surtout voilà. Donc j'ai cru
que c'était des causes médicales. Alors justement,
on va rembobine et on va repartir. Philippe Prêle
Et j'aimerais qu'on rembobine. Une fois n'est pas coutume,
si vous avez l'habitude de nous écouter, nous regarder sur lueurs,
j'aimerais qu'on rembobine sur toi. Parce que, avant toutes les connaissances
que tu as emmagasiné depuis des années, tu es comme tout le monde,
un grand angoissé. Tu es une personne qui un jour a découvert
que c'était qu'une crise d'angoisse, que c'était qu'une attaque de panique, ce que c'était que la peur de faire
un infarctus, de mourir, d'être en train de disparaître,
d'avoir les jambes qui flageolent. Tu te souviens de ta première
crise d'angoisse ? Oui, je me
souviens de en tout cas de la première. La plus forte. C'était. J'étais en train d'ouvrir une boîte de conserve, il y avait l'odeur
et je me suis dit Tu vas. Tu as attrapé le botulisme. Évidemment, ça s'attrape pas
avec le avec l'odeur, mais en mangeant. Mais bon, quand on fait une panique,
on n'est plus tout notre monde rationnel. Donc j'ai commencé tout de suite
à avoir le cœur qui explose et je me suis dit je vais mourir,
je vais mourir. Et donc j'ai couru aux urgences. Et quand tu arrives aux urgences,
ils disent quoi ? Il me prennent au sérieux
en plus étudiant en médecine donc j'arrive à doubler les files,
on me fait mon électro tout de suite et puis là on me dit
non non ça va, tout va bien. Et donc le chef de
clinique me donne une gélule de Tranxène, il me dit non, il n'y a pas de problème,
c'est bon, tout va bien. Le tranxène c'est un anxiolytique.
Donc oui voilà. Et donc là on se retrouve dans la rue
devant l'hôpital avec sa gélule et on se dit
mais tout ce qui m'est arrivé c'est rien. On se sent un peu bête, non ? On se sent un peu bête, on ne comprend
pas, on se dit mais c'est comment ? Comment expliquer un tel décalage
entre ce que j'ai vécu ? Parce que moi, j'ai eu la panoplie
de tous les symptômes de l'angoisse du ventre, le cœur, les poumons,
le cerveau, enfin tout y est passé. Tout dans ton corps
dit que tu vas mourir. Oui. Ah oui, c'est une sensation de mort
imminente, de déréalisation totale. Donc oui, j'étais vraiment persuadé
que j'allais mourir ce jour là
et et se retrouver à ce moment là dans la rue,
on est vraiment complètement perdu. Et c'est pour ça que la première question
qui arrive c'est pourquoi. Tu avais quel âge ? Je devais avoir 20 ans. Comment on explique que souvent
ça arrive à la vingtaine ? Oui, quinze 25
Et bien en fait il se passe très souvent. C'est que il faut
faut faire juste un petit préalable pour bien comprendre
et expliquer ce qu'est le bug de la peur. Le bug de la peur. Oui, le bug de la peur en fait, c'est que toutes nos angoisses ne sont que des peurs qui sont imaginaires,
inutiles et insupportables. Donc une fois qu'on a dit ça,
pourquoi de telles peurs nous déclenchent de telles angoisses ? C'est simplement que par exemple,
je suis si je suis. On parlait de la facture,
je lis mon journal le matin et puis il y a un article avec un nouveau
traitement de l'infarctus du myocarde. Et puis il y a une pensée qui me traverse Et si tu faisais
un infarctus du myocarde ? Et là, d'un seul coup,
nous avons dans notre cerveau deux petits organes qui s'appellent
les amygdales cérébrales, que moi j'appelle les détecteurs d'alerte. Leur rôle, c'est de repérer les menaces
en nous et autour de nous. Alors c'est très utile dans le monde réel. Si une voiture me fonce dessus,
alerte, chute d'adrénaline, hormone de l'action,
je recule et je suis sauvé. Donc c'est absolument génial. Mais ils vont faire la même chose
avec une simple pensée Et si je faisais un infarctus ? Alerte chute d'adrénaline. Mais sauf que là, comme
je ne suis pas dans l'action mais en train de lire mon journal
dans mon fauteuil, l'adrénaline
devient l'hormone de l'angoisse. Donc le sang quitte le système digestif
Boule au ventre, nausées, vomissements, quitte la peau, picotements,
transpiration, bouffées de chaleur, va dans le cœur, palpitations, va dans les poumons, oppression,
suffocation, va dans le cerveau à fond. Donc vertiges,
sensation de réalité, part de mourir. Donc c'est tout.
Ce sont tous les symptômes de l'angoisse. Donc c'est juste une. Le bug c'est ça, c'est que notre cerveau
ne sait pas faire la différence entre réel,
imaginaire, fictionnel et virtuel. Et donc il va sur une petite pensée
et si je faisais un infarctus qui est complètement fausse ? Il n'y a pas de réalité,
il va juste déclencher une menace. Alors pourquoi le jeune entre quinze
et 25 ans, Souvent ça se passe après une bonne soirée,
une bonne teuf, Il rentre fatigué. Il a essayé beaucoup de choses
dans la nuit. Le matin, il se lève tôt,
il court après le bus. C'est exemple que je donne dans le livre,
mais ça arrive très souvent et à ce moment là,
il a le cœur qui tape naturellement parce qu'il a couru, il est épuisé,
il est fatigué. Voilà papa. Et les détecteurs là haut se disent
mais qu'est ce qui se passe dessous là ? Donc inquiétude
et donc alerte, chou d'adrénaline. Alors là, le cœur explose complètement,
il étouffe et. C'est parce qu'il est très fatigué.
Très fatigué. Donc généralement il a par exemple là
fait la fête, donc bu de l'alcool, peut être fumer des cigarettes, danser
toute la nuit avec du sang très fort, etc. Tous les sens ont été mis en éveil. Les détecteurs d'alerte
sont devenus hypersensibles. Et le lendemain, crac ! Et oui, ils vont détecter un petit truc. Mais il y a un truc que
je comprends pas, c'est que une fois que tu as tous les signaux qui se mettent en alerte,
oui, tu ne le sais pas encore, mais tu fais une crise d'angoisse,
tu ne vas pas vraiment mourir, tu fonces à l'hôpital
pour reprendre ton exemple. Tu arrives,
tu fais la queue, tu dis au médecin Mais vraiment je vais mourir,
je vais mourir. Les mecs, regarde ce que tu as te disent, finalement il n'y a pas de problème,
ils te donnent un médicament. Ton cerveau pourrait se dire OK,
il n'y a pas de problème. Pourquoi ? Une fois qu'on l'a vécu,
ça va ouvrir une boîte de Pandore qui fait que l'angoisse va commencer
à s'emparer de nous irrémédiablement,
sans qu'on arrive à le raisonner. Et là, tu touches quelque chose
qui est vraiment fondamental pour moi, c'est qu'il faudrait inclure un petit protocole
dans les services d'urgence pour que l'on prenne simplement
une petite demi-heure pour expliquer aux gens Voilà, vous
venez de vivre une crise d'angoisse, et tout ce que je viens d'expliquer,
avant qu'on l'explique aux gens et qu'on leur explique
que donc notre cerveau a buggé, il s'est fait piéger
pour une peur imaginaire. Mais mais juste, est ce que je vais faire
un infarctus ? Est ce que je vais mourir ? Voilà. Et sur cette peur imaginaire,
il a déclenché toute cette alerte. Mais maintenant que vous êtes revenu
à un moment tranquille, il n'y a plus de
de pensée imaginaire qui vous perturbe. Vous voyez que tout va bien. Voilà donc leur expliquer ce phénomène là,
le bug de la peur. Et donc ensuite leur conseiller
une petite thérapie qui va durer une, deux ou trois séances
pour bien réviser tout ça. C'est ça qu'il faudrait faire
et les gens seraient guéris immédiatement. Moi, un jeune qui vient de faire
une crise, je le guéris en une séance. C'est pas plus compliqué que ça. Alors toi, aujourd'hui,
tu te guéris en une séance. Mais la réalité, c'est qu'il
y a énormément de monde qui vit avec ça pendant des années. Je crois que la moyenne
tu vas me corriger, mais je crois que la moyenne c'est
5 à 7 ans pour trouver une solution à nos angoisses
et à nos peurs. Oui, c'est extrêmement long. Mais oui, parce que quand on n'a pas eu
l'explication initiale et qu'on se retrouve dans la rue
avec sa Jules Tranxène et qu'on a vécu, il y a tel décalage entre la solution
et le problème qu'on a vécu, qu'on se dit c'est pas possible. Donc on sait très bien
qu'il peut y avoir des erreurs médicales, que urgences
il avait peut être d'autres choses à voir, que j'étais peut être pas un cas grave,
mais quand même j'ai rien compris. Donc on va commencer par voir
un cardiologue puis après on va voir. Et puis on avait quand même mal au ventre un gastro,
puis après l'imagination s'empare. Donc on va chercher sur internet
ou dans les livres des explications. Et puis il y a quand même des doutes
et puis on assiste, enfin bref, on rentre un peu dans l'époque,
on rit, on voit plein de spécialistes. On commence à se prendre le pouls
toute la journée en fait. Voilà, on commence à se prendre le pouls, puis après arrive la peur de la peur,
c'est à dire qu'on a remarqué que c'était dans telle situation
que ça se déclenchait le plus. Donc on ne va plus dans la situation,
on va plus au cinéma, on ne va plus aussi au resto avec les potes,
on devient agoraphobe, ça nous envahit progressivement
et c'est pour ça que ça met cinq sept ans. Moi j'ai je suis vraiment passé par là
et c'est au bout de cinq sept ans, je me suis dit bon ok Philippe,
tu as fait le tour, maintenant tu peux raisonnablement conclure
que physiquement il n'y a rien. Voilà. Et donc ça se passe dans ta tête ? Oui, mais j'aimerais qu'on s'arrête là
avant d'aller plus loin. Ça se passe dans ta tête. Moi, je l'ai entendu pour moi
sur des sujets, Je l'ai entendu chez plein d'amis qui m'ont dit
On m'a dit que c'est dans la tête. C'est extrêmement culpabilisant.
Oui, c'est culpabilisant quand c'est quelqu'un
d'autre qui vous le dit comme ça, mais quand c'est une conclusion à laquelle on aboutit pour
pour se dire finalement j'ai tout checké, effectivement,
j'ai vu tous les spécialistes et je suis toujours vivant quand même,
cinq ou six ou sept ans après. Donc la mort veut pas de moi et voilà. Donc il doit y avoir
un problème différent. Et là on commence à s'intéresser
aux crises de panique. On voit bien que c'est et on se On
s'interroge sur l'intérêt d'une thérapie. Alors on va chercher à tout comprendre
et tu vas nous montrer petit à petit. En fait, on croit bien faire alors qu'en
fait on s'enfonce dans un énorme piège. Et ça, on va le développer ensemble. J'aimerais juste avant que tu parles
d'un sentiment dont on parle assez peu. En tout cas
j'aimerais te questionner là dessus. C'est la honte. Oui parce qu'en fait, quand on vit
ses crises d'angoisse pendant des années, quand on va à l'hôpital et qu'il
n'y a rien, quand on voit des médecins, quand on en parle à un ami ou à quelqu'un
de sa famille qui ne comprend pas, on peut, on peut avoir un peu honte
d'être vulnérable, incompris, de dire
je vais mourir et de ne pas mourir. Comment on traite ce sentiment de honte ? Est ce qu'il faut l'exprimer,
Ce qu'il faut accepter de ne pas en parler pour ne pas être
jugé ? Tu comprends ma question. Seulement je la comprends. Je te remercie pour cette question
qui ne m'a jamais été posée. Moi, ça a été,
il faut bien voir que ça a perturbé complètement ma vie de couple à l'époque,
parce que régulièrement, je me retrouvais dans ma voiture devant les urgences
au cas où, tellement la peur. Mais je sais pas si tu es marié,
mais tu dis à ta femme ou tes amis là je peux pas rentrer parce qu'en fait je suis devant les urgences
pour la 10ᵉ fois. Tu as l'air un peu bête. Voilà, j'ai un peu bête. Et donc on a fini par divorcer quoi. C'était pour moi, c'était c'était
plus possible et pour elle aussi. Donc ça oui, ça a des conséquences
qui peuvent être lourdes. Donc oui, socialement c'est
pas acceptable. Et en plus, moi, comme j'étais
médecin et beaucoup de collègues qui me disaient
mais finalement, Philippe I, bon. C'est intéressant parce que quand on est médecin, ça veut dire
que tu as les moyens de comprendre, oui, mais que tout comprendre
ne permet pas de ne rien ressentir. Oui et puis, disons le répéterons le quand même,
le monde médical n'est pas formé à cette à bien comprendre
et bien traiter cette maladie toute simple que c'est comme la maladie
la plus fréquente en psychiatrie qu'est la crise de panique. Donc la honte. Pour terminer sur cette question, c'est
quelque chose de partagé par les gens qui traversent ces sujets là, et
il ne faut pas avoir honte d'avoir honte. Oui absolument. Et non seulement
il ne faut pas avoir honte d'avoir honte, il faut effectivement chercher
de bonnes solutions. Et moi, ce que j'observe, c'est que quand les gens sont guéris, là
d'un seul coup, ils me disent rendez compte, ça fait dix ans,
20 ans, 30 ans, J'ai même entendu 40 ans que je souffre avec ça
et maintenant waouh ! Et donc je vais rattraper tout ça. Mais c'est effectivement tous ces épisodes de honte
et d'incompréhension qu'il balaye. On est à un stade de notre échange où l'angoisse fait désormais
partie de notre vie, nos peurs, nos phobies,
parce que ça s'adresse vraiment à tout ça. Ça va de la peur de l'araignée à la peur
de prendre l'avion, la crise d'angoisse, l'attaque de panique, l'expérience de mort
imminente, l'agoraphobie, les TOC. On englobe tous ces sujets là. Pour vous qui nous regarder, qui
nous écouter aujourd'hui et naturellement en fait, on va appeler à l'aide,
on va chercher à comprendre. Et généralement, moi je l'ai entendu, on va chercher à comprendre
dans son passé, c'est mon père qui m'a filé ça, c'est ma mère qui m'a
filé ça, c'est ma grand mère qui avait ça. Pourquoi c'est un piège de chercher
à comprendre les racines de nos angoisses. En fait. C'est un piège parce que finalement,
derrière toutes ces peurs que tu as énumérer,
toutes ces maladies que tu avais minerai, on retrouve le même bug,
le bug de la peur. Et derrière ce bug donc tu as compris que c'est nos détecteurs d'alerte
qui qui se font piéger. Bon mais bien entendu,
notre passé a une influence parce qu'on va être, on va pouvoir devenir hypersensible. C'est à dire que si on a vécu beaucoup de traumatismes,
même des petits à répétition, et bien nos détecteurs d'alerte
vont se dérégler progressivement et on va devenir hypersensible,
On va hypersensible, on va sauter pour sursauter
pour un oui, pour un non. On va avoir un peu peur de tout. Donc on a des lecteurs qui sont au taquet
et c'est ça l'explication. Mais là où le
ça peut être utile et c'est même chouette de pouvoir le faire, de s'occuper
des traumatismes que l'on a pu vivre dans son enfance et son adolescence pour justement
calmer nos détecteurs d'alerte. Il n'empêche que quand on a vécu
des angoisses, on a quand même mis en place le bug
et donc même si nos détecteurs sont plus cool,
le bug sera toujours là et il faut vraiment apprendre à le gérer
pour guérir de ses angoisses. Mais ça veut dire qu'elle
est chez le psy ne sert à rien. Ça veut dire qu'il
y a deux choses à mettre en place. Il y a calmer mes détecteurs d'alerte. Ça c'est le travail
qu'on peut faire sur tous nos traumas. Voilà. Et on peut aussi le faire avec d'autres
méthodes de respiration, etc. Parce que, remarquons de choses très simple,
c'est que quand on dort, nos détecteurs d'alerte dorment aussi. Donc autrement dit qu'on est tranquille,
calme, nos détecteurs sont calmes. Donc faire baisser les détecteurs d'alerte
pour que les gens qui nous regardent et nous écoutent suivent
bien, c'est le sommeil, l'hygiène de vie, la respiration, la méditation,
l'émerveillement dans la nature. C'est tout ce qui va nous connecter
à nous même et au vivant. Absolument. Et aussi certains médicaments,
certains d'antidépresseurs, etc qui peuvent nous guérir comme ça
en calmant nos détecteurs d'alerte. Bon, et donc tout ça, c'est le champ
calmer nos détecteurs d'alerte. Mais une fois qu'on a mis en place ce bug,
qu'on l'a vécu, et bien après
on va pouvoir buggé de plein de manières. Et tant que même si
nos détecteurs d'alerte ne sont pas réglés de manière optimale,
on pourra déclencher malgré tout. Et donc il faut quand même apprendre
à gérer nos détecteurs d'alerte, à gérer notre bug. Et c'est pour ça
qu'il y a une double thérapie, et c'est pour ça qu'on voit tant de gens
suivre des thérapies entre guillemets classique, avoir des être plus
apaisé mais toujours angoissé parce que cette partie bug n'a pas été. En fait, il y a plein de gens
qui sont angoissés mais pas apaisés. Voilà, il y a les deux, les gens apaisés, angoissés, les gens angoissés
qui ne sont pas apaisés. On voit les deux. En fait, ce que l'on est en train de dire,
c'est qu'il y a deux formes de thérapie la thérapie du bug pour calmer l'angoisse,
pour la gérer, et puis la thérapie de avec notre passé, de nos
pour calmer nos détecteurs d'alerte. Moi je commence toujours
par la thérapie des angoisses parce que c'est pratique tout de suite,
en quelques séances, les gens vont comprendre comment guérir
de leurs angoisses et passer le cap. Et évidemment, soit leur crise initiale,
c'était un simple bug comme on l'a expliqué tout à l'heure,
c'est à dire que le simple circonstances ont été très fatigué, lendemain
ça a buggé. OK, bon là on ne va pas
aller chercher plus loin, mais soit. Effectivement on voit qu'on est
on a des détecteurs quand même qui sursaute pour un oui pour un non
nous touche l'épaule, on saute. Enfin voilà, on sent
qu'on est un peu excité de ce côté là. Ben oui, il faut faut chercher si on a pas eu des traumatismes,
aller chercher dans le passé. Les deux se complètent. Mais là où on se fait piéger
dans le circuit, c'est que d'abord on ne comprend pas,
donc on cherche toutes sortes d'explications, puis un jour
on se dit bon ok, c'est dans la tête, on va faire une thérapie, mais la thérapie
va calmer nos détecteurs d'alerte. Mais si le thérapeute ne gère pas,
l'angoisse elle même nous donne pas les outils parce que ce sont des outils,
et bien on va garder nos angoisses. Voilà. Là c'est un peu c'est un peu ça
que tu es en train d'aborder, c'est qu'en fait
il y a une forme de piège dans ce piège. Soit, même si je te suis bien, j'aimerais
pour qu'on comprenne un peu ce piège et comment il se referme sur nous
malgré toute notre bonne volonté. J'aimerais qu'on donne un exemple
dans le livre, tu parles d'un d'un jeune homme qui s'appelle Kevin je crois. Est ce que tu peux
nous raconter cette histoire ? Parce que je trouve, en tout cas moi
c'est celle qui m'a permis de comprendre comment on était
notre propre piège malgré nous. Oui mais en fait Kevin, on a commencé
un peu à raconter son histoire. C'est ce jeune homme
qui, après une grosse teuf le matin, a été a couru après son bus. Donc c'est détecteur d'alerte se sont
demandé pourquoi le cœur battait si vite. Ça a déclenché la première angoisse. On l'a emmené aux urgences,
il s'est retrouvé avec, effectivement, on lui a dit l'électro est normal,
tout va bien, un petit anxiolytique. Et puis ensuite il a trouvé que c'était
quand même pas, il comprenait pas. Donc il a commencé
un parcours d'hypocondrie. Donc avoir plein de spécialistes,
c'était c'était très éprouvant pour lui. Puis il a commencé à sa. Sa peur a commencé à se généraliser,
c'est à dire que c'est ce qui se passe très souvent. On a peur d'une chose, Après il a commencé à avoir peur
des transports, de l'avion etc. Donc il a commencé à rétrécir sa vie. Et puis arrive la peur de la peur,
c'est à dire que l'on n'ose plus sortir ou faire des choses,
ou qu'il a vécu tout ça, donc plus la chercher des explications,
il trouvait pas les bonnes réponses et plus sa maladie
s'est étendu, s'est généralisé et moi ça liberté était là, donc sa vie était très
très gravement atteinte. Et c'est c'est c'est là
que que je l'ai rencontré et que on a commencé tout simplement
par lui expliquer le bug de la peur. Donc là, à ce moment là,
tout s'est remis en place, il a compris d'un seul coup
tout ce qu'il avait traversé et il a pu tout de suite
apprendre à gérer ce bug. Et puis reprendre l'avion,
reprendre une vie normale. Parce qu'il faut bien comprendre que c'est reprendre
une vie normale qui finit de nous guérir. Ce qui est dur quand même dans l'histoire,
il faut le poser, c'est que une fois côté, une fois que tu deviens
sensible au bug, le truc s'ancre un peu. C'est comme si tu avais dépassé un signal.
Et c'est pas juste une fois, c'est qu'en fait
ça va devenir le nouveau seuil quoi. Ben oui,
parce que nos détecteurs d'alerte, c'est comme si ils découvrent une nouvelle espèce de tigre,
ils intègrent à ce tigre là méfiance. Là ils découvrent une peur
qui connaissaient pas, qui est imaginaire,
mais il fait pas la différence. Donc maintenant il va être très vigilant. Et dès qu'on va sortir une pensée
qui ressemble à cette peur, il va y aller. Est ce que ça veut dire
quand même que ça ne sert à rien d'aller
comprendre s'il y a une forme d'hérédité dans nos peurs,
C'est à dire que tu vois quelqu'un qui dans son enfance,
moi j'ai souvent entendu qu'on parle des blessures d'enfance,
on parle des blessures de nos parents. On a pu être abandonné un week end
parce que nos parents sont partis. On l'a très mal vécu. On a pu avoir très très peur
d'une araignée dans un jardin. On a pu vivre un trou d'air
dans un avion énorme. Tu vois, on a vécu des
mini traumatismes et moi j'ai enfermé ça dans un truc
qui s'appelle les blessures d'enfance. C'est pas moi qui l'ai enfermé,
on me l'a raconté des gens qui sont venus à ce micro. Et donc j'ai quand même l'impression que comprendre
notre passé nous aide quand même à comprendre pourquoi nos détecteurs,
ils ont été flingués. Absolument. Et en thérapie, c'est ce que je fais. Simplement, là où il y a,
je dirais jusqu'à présent une incompréhension, c'est qu'il y a vraiment
deux phénomènes qui se complètent. D'un côté nos nos blessures de l'enfance, comme tu dis,
qui vont dérégler nos détecteurs d'alerte. Ça c'est une chose. Et donc traiter ces blessures de l'enfance
est indispensable, tout à fait utile. Mais deuxièmement, il fois qu'on a déclenché une première panique
ou une première angoisse, et bien nos détecteurs
vont devenir sensibles à nos pensées, à notre imaginaire
et vont détecter de plusieurs manières. Et là, ça vaut le coup d'apprendre. Et c'est pour moi le deuxième volet
de la thérapie à gérer nos angoisses. Sur la gestion des angoisses
dont tu viens de parler. En fait, ce qui est marrant, c'est que quelqu'un
qui cherche à comprendre ses angoisses, quelqu'un qui cherche à les soulager
et quelqu'un qui cherche à les éviter. Il a l'impression de gérer ses angoisses
et c'est peut être ça le piège en fait, c'est que plus on a l'impression
de gérer nos angoisses, plus en fait le piège dont je parlais
se renferme. C'est ça le sujet. Oui parce que on entraîne nos détecteurs
à repérer des thèmes d'angoisse
dans notre vécu intérieur. Donc oui, il va déclencher, ils vont
déclencher de plus en plus souvent. Mais j'aimerais faire une petite remarque
à ce stade, parce que même ceux qui sont entre guillemets normaux,
qui ne vivent pas de crises d'angoisse, qui n'a pas vécu, à un moment donné,
on a une remarque du patron, il y a une pensée qui nous traverse
je vais me faire virer et à ce moment là, hop, on a une méga petite angoisse
qui arrive là et on se. Sent bien pourtant
qui passe dans le ventre par exemple. Du coup on va éviter une réunion de peur
que on commence des évitements, puis après on rentre chez soi,
on fait la tronche et puis on se avec son conjoint,
ça se passe pas bien. C'est pas des crises d'angoisse
mais c'est quand même dérangeant tout ça. En fait, ce que tu es en train de dire,
c'est que les solutions qu'on va voir ensuite, en fait,
elle ne parle pas qu'aux grands angoissés, elle parle à ceux qui ruminent la nuit
leurs questions, qui n'arrivent pas à dormir. Les insomniaques.
Elle parle à ceux qui surinterprète les réactions de leurs amis
ou de leur famille. Et absolument et tout. C'est là que notre vécu intérieur. Il faut bien comprendre que dans notre toute notre vie
se passe dans notre monde intérieur et que dans notre monde intérieur,
nous passons notre temps à réinterpréter ce vécu. Alors c'est très simple,
je suis dans devant un beau coucher de soleil, je peut l'interpréter
de plein de manières. Il est merveilleux. J'ai jamais vu aussi beau celui là, J'ai déjà vu 10 000 fois
c'est bon, c'est bon et puis de toute façon c'est une journée pourrie
alors ça ne va rien changer. Voilà, je m'en vécu,
va complètement changer, enfin mon interprétation va changer mon vécu
et ça c'est constant. Et il faut vraiment intégrer ça parce que
nous pouvons changer nos interprétations. On n'est donc pas responsable
de ce qu'on vit, mais on est responsable de la manière dont on va le projeter
pour la suite de notre vie. Ah oui, absolument. Et on peut absolument changer ça. Une des premières choses que je fais quand les gens rentrent dans mon cabinet,
j'ai plusieurs tableaux. Je leur demande
si de montrer ce qui lui plaisent, ce qui leur plaisent, qui plaisent pas, pourquoi il vous plaît,
pourquoi il vous plait pas. Et après je leur explique
sur les interprétations. Moi je vais vous montrer celui là
qui vous plait pas. Regardez ça. Ce côté là avec
je décris tout ce qui est beau et oui. Ah oui c'est vrai. Et puis après l'autre, vous voyez
des choses qui sont, qui sont moins bien. Donc tout comprendre que tout est
interprétation est fondamental parce que quand on se fait piéger,
qu'est ce qui se passe ? On se qui se passe c'est
qu'on imagine toujours le pire je vais faire un infarctus,
je vais mourir, je. Mon patron fait une remarque,
je me faire virer. On imagine toujours le pire. Et c'est ça le mécanisme profond
ou qui déclenche le détecteur d'alerte. Eh bien, à partir du moment où je repère
ces pensées qui sont présentes, je vais pouvoir travailler dessus. En fait, on est notre propre bourreau. Ben oui, parce que nous, nous n'avons pas,
je pense, sincèrement, nous n'avons pas appris. C'est quelque chose de fondamental
à gérer notre monde intérieur. Donc que celui ci nous donne
des hypothèses, c'est son job j'allais dire, mais qu'il
puisse y avoir une hypothèse A, B ou C, ça, ça demande de la sagesse
que je puisse me dire. Mais mon patron m'a fait une remarque.
Pourquoi ? Parce que la boîte a besoin que je m'améliore sur tel point
et que je perde pas mon temps à faire ça. Mais je mets plus d'énergie là dedans. Ça, c'est l'hypothèse B. Ça y est, je suis dans le
je suis dans la bonne voie. Et surtout que souvent on se construit des
scénarios horribles qui n'arrivent pas. Et ben. Oui, on imagine toujours le pire. C'est incroyable, On l'explique ça. Je crois que. Alors là, pour le coup, je crois que. Alors je crois que ça
vient un peu d'homo sapiens, parce qu'il avait intérêt à imaginer le pire
quand il connaissait pas une zone. Il peut se faire bouffer
par un lion à tout moment. Voilà, il y avait toutes les catastrophes
possibles, naturelles et les prédateurs. Donc oui,
il avait intérêt à imaginer le pire. Donc l'hypothèse qui arrive en A. C'est la pire. Mais sauf que nous,
pour bien vivre notre vie, il faut imaginer l'hypothèse B ou C. Voilà. Si exemple classique je rentre chez moi,
je suis fatigué, mon conjoint n'a rien préparé, du coup
je ne pense pas à moi, elle m'oublie. Thèse numéro un et tu passes numéro deux. Mais elle a peut être passé elle aussi
une journée incroyable et un possible. Elle est épuisée. Donc on va aller, on va manger un sandwich tous les deux
et puis ça sera très bien comme ça. Hypothèse B il faut tester, il y en a. Voilà, peut être qu'elle a une
une difficulté particulière, voilà, ou qu'elle a quelque chose de tellement
engageant pour elle, de nouveau, qui est devenu prioritaire
avec un nouveau livre qu'elle n'a pas vu le temps passer. C'est une artiste, il y a plein d'hypothèses et du coup
je change complètement mon vécu. Surtout que c'est important
de changer son vécu et son rapport à son monde intérieur. Et c'est ce dont on va parler à partir de maintenant parce que,
et ça me permet de faire une transition si on ne fait que soulager en tacticien,
le piège s'agrandit. Et j'aimerais juste pour illustrer
ce point là de transition, parler
d'un psychologue américain qui s'appelle Bruce kiné dont tu parles dans le livre,
qui a montré un truc assez redoutable, c'est que éviter une situation anxiogène
qui pourrait nous apparaître comme une solution procure
en fait un soulagement immédiat. Et donc le cerveau se dit si l'évitement
me soulage, je vais reproduire le soulagement
à chaque fois et donc je m'isole et donc j'interprète toujours
la même manière. C'est ça en fait l'énorme piège. Oui. Tout à fait la très bien démontré. Et j'aimerais pour illustrer ce phénomène,
parce que la la la conclusion de Skinner,
c'est que nos angoisses résultent des conséquences de nos actions. Et prenons un exemple
on va prendre un ascenseur, on met trois personnes dedans, on bloque l'ascenseur entre deux étages,
on met tout ça dans le noir et on observe. On observe trois réactions. Il y a une personne
qui se met à hurler de peur OK, il y a une personne qui se met
à crier de rage, ok. Et une personne qui reste
complètement zen. On ne peut pas comprendre comme ça. Avec la situation,
c'est la même situation. Eh bien,
il faut aller voir dans leur tête, il y a une qui se dit voilà,
je suis claustrophobe, je vais mourir. Elle hurle de peur
et une qui se dit que ça marche pas. Le syndic
il est en colère et la troisième se dit on va venir nous libérer,
il faut rester zen, pas de problème. Donc on voit bien que ce ne sont pas
les situations qui provoquent le malheur des hommes et des femmes,
mais bien l'idée qu'ils s'en font. Il y en a un dans l'autre exemple. Il y a une hypothèse à l'autre
hypothèse B, l'autre hypothèse C. Et donc il y a eu trois vécus différents. Donc c'est ça qui va complètement changer
et c'est ce que c'est ce que. Et ça va avoir des conséquences
après, c'est à dire que si effectivement je panique, ça va me mettre dans le champ
de la panique, si je reste dans la colère, ça m'amènera à avoir des
des réactions de colère. Et puis si je reste dans le zen,
je vais avoir des réactions plus zen. Donc c'est vraiment ce que montre
et Skinner. Alors Philippe, à ce stade de l'échange,
moi j'ai bien compris que on n'est pas tous égaux devant l'angoisse
et la peur, que certains vivent de véritables attaques de panique,
des expériences de mort imminente et que c'est réel. On a vraiment l'impression
qu'on va mourir et que c'est horrible et qu'on peut en avoir honte
parce que c'est c'est quelque chose
qui est très, très dur à expliquer. Pourtant, c'est c'est quelque chose
d'extrêmement violent. J'ai compris aussi à ce stade de l'échange
qu'on a tous envie, et c'est bien normal de trouver une solution. Et pour ça, on essaie de comprendre,
pour ça, on essaie de soulager rapidement et on essaie d'éviter
les situations qui créent nos angoisses. C'est naturel, mais ça ne guérit pas
à long terme nos angoisses. Et donc j'en viens évidemment
à la question que je me pose, mais j'imagine ceux qui nous regardent
et nous écoute aussi. Comment on fait pour réussir
à contrer ce bug de la peur et arrêter d'avoir nos indicateurs intérieurs
qui recréent des angoisses indéfiniment ? Et pour ça, tu parles de
la maîtrise psychologique, mais tu parles surtout d'un mot que je n'avais jamais
lu avant, c'est la diffusion. C'est quoi la diffusion ? Et bien la diffusion,
c'est extrêmement simple. Quand notre cerveau se fait piéger par une pensée, il fusionne avec elle et qu'il fusionne,
il est complètement dedans. Par exemple, si je regarde un film, eh bien il fusionne avec le film
et je vis les émotions des personnages. Donc c'est un phénomène qui est génial,
la fusion. Même chose avec les livres, etc. Mais là
il va faire la même chose avec ma pensée Et si tu faisais un infarctus, hop
il fusionne avec et donc du coup il déclenche parce que
infarctus, alerte etc. J'ai la pensée que je vais mourir,
je vais vraiment mourir et donc tout se met en mode
je vais mourir. Et donc dès qu'il y a un danger
et déclenchement l'alerte et shoot d'adrénaline. Voilà, ça c'est la fusion. Et la diffusion, c'est que j'ai compris
que tout ce que je vis se passe dans mon monde intérieur,
que le scénario a. J'ai imaginé le pire
je vais faire un infarctus, je vais mourir, ok, donc
je déclenche tout ça et je défusionner. Je prends du recul et je me dis il y a un scénario B, c'est
pas la facture, c'est juste une pensée. Et donc je vais jouer avec elle
pour calmer mes détecteurs d'alerte. Et c'est pour ça
que il y a plusieurs exercices de diffusion que je propose dans mon livre
Guérir de vos angoisses. Mais le premier est tout simple,
c'est de donner un peu un nom à nos peurs
pour entamer un dialogue avec elles. Faire une saynète de manière
à berner nos détecteurs d'alerte, qu'ils se fassent piéger. Donc par exemple, si j'ai un infarctus,
enfin une pensée suffisamment affectueuse, je peux dire je peux l'appeler infarctus
simplement et dire infarctus. Je suis content de te voir, Tu check mon
cœur, c'est super, on a toujours besoin. Et puis bon. Et puis depuis que tu t'occupes de moi,
c'était déjà passé le mois dernier. Je suis en forme donc tout va bien. Fais bien ton check, moi je vais continuer à lire le journal
mais je te laisse faire. Pardon pour l'expression,
mais tu te fous un peu de sa gueule. Oui, évidemment, plus on met d'humour,
plus on s'amuse, plus on des fusionne. En fait, il faut imaginer la défusion
comme une distorsion. Si par exemple, je suis en train de regarder
un film américain, il y a deux amoureux, ils vont s'embrasser à la fin,
il y a la musique qui va bien. Mon cerveau il est fusionne,
il attend le baiser. Puis d'un seul coup,
il y en a un des deux qui se retourne et qui met un clown
le cerveau et fusionne tout de suite. Il y a quelque chose qui ne va pas
dans l'histoire, là. Donc c'est ce qu'on va faire en diffusion. Non, on va,
on va ajouter de la distorsion. Donc j'avais peur d'infarctus et bien je vais rigoler avec infarctus
et puis parler avec lui. Et du coup, le les détecteurs d'alerte ne perçoivent plus de danger
et arrêtent d'envoyer d'adrénaline. Et comme l'adrénaline dure
très très peu de temps parce que notre corps n'aime pas l'adrénaline,
on a deux enzymes pour la détruire, et bien au bout de deux minutes,
il n'y a plus la ligne, c'est fini. Donc ça veut dire qu'en gros,
pour reprendre le truc de l'infarctus sous forme de métaphore, pour être sûr
de bien comprendre, il y a le feu. Avant, à chaque fois
on envoyait tous les pompiers et maintenant le truc
c'est de regarder les pompiers, de dire salut les pompiers,
si vous voulez, vous pouvez y aller. Moi en tout cas,
je reste peinard parce que j'ai déjà vu que la dernière fois, à chaque fois qu'il y a le feu,
ils se foutent de note tronche. Il n'y a pas vraiment le feu quoi. Ils nous déplacent pour rien
donc vous pouvez y aller. Moi je vous attends là. Mais mais mais allez y si vous voulez,
pas de problème. Oui c'est ça. Alors ce que je. Dans la façon de le faire, j'allais
dire, il y a juste un peu trop de logique parce que le but
c'est vraiment de s'amuser et il faut bien évidemment, le but n'est pas
en tant que tel de parler avec infarctus, c'est pas de créer un délire dans notre
cerveau, c'est juste une scénette. Et cette scénette,
on est capable de faire des saynètes a pour but
de berner nos détecteurs d'alerte. Donc j'ai pas besoin de justifier
tout ce que je fais. Ce que tu dis sur la diffusion pour
parce que c'est à la fois très simple. En tout cas moi quand je l'ai découvert,
j'ai trouvé ça à la fois très simple et pas si facile parce que on a du mal,
je trouve, à jouer avec nous même. On a l'impression qu'à moi
je me suis projeté en me disant mais je vais me sentir encore plus fou
que je ne le suis déjà. Quoi donc ? Est ce que j'ai vraiment
envie de me berner moi même ? J'ai trouvé ça un peu dérangeant, donc
c'est pour ça que j'aimerais qu'on creuse vraiment, pour comprendre que derrière
le côté un peu simplet, c'est plus fin. Il y a une phrase que tu as dit
dans le livre et qui permet de bien comprendre, je la donne La meilleure façon
de sortir du piège de l'adhésion avec nos pensées effrayantes
est de ne plus y adhérer. Cette lapalissade est au cœur
du processus de guérison de nos angoisses. C'est à dire qu'en fait, le sujet, si je
comprends bien, c'est de ne plus adhérer à la pensée première qui nous envahit. Oui, je vais, c'est effectivement important
à bien comprendre parce que tu soulignes une chose, c'est
que c'est contre intuitif et contre intuitif
de faire de sa peur qui nous faisait paniquer, d'en faire une amie,
de parler avec elle naturellement. Bon, mais on se rend compte très vite que
quand on le fait, on fait ce petit jeu. Nos détecteurs d'alerte du coup
se font piéger et ne détecte plus la peur. Et arrête d'envoyer l'adrénaline.
Ça tu l'as testé ? Et oui je l'ai testé moi là,
je l'ai testé pendant. Je souffrais notamment de panique en avion et mon métier à l'époque
faisait que je devais prendre l'avion deux fois par semaine,
donc c'était l'horreur. Donc je ce que j'avais fait,
ce que je faisais, c'est que j'avais fait un protocole de thérapie comportementale
et cognitive, relaxation, etc. Donc je faisais ma. Et ce qui marchait très bien, d'une
certaine manière, je pouvais prendre l'avion,
donc j'étais déjà content. Donc je faisais une séance de cohérence cardiaque
dans la salle d'embarcation. Puis quand j'ai été à mon siège
après je me concentrais dans mon livre pour essayer de justement
de penser à autre chose qu'à panique et puis l'écarter. Et quand elle s'approchait,
je me concentrais encore plus. Puis quand je pouvais plus, hop j'arrêtais et je faisais une séance
de cohérence cardiaque. Donc c'est épuisant. C'est épuisant. Toutes les demi-heures, elle revenait,
donc ça devenait voilà. Et puis j'ai découvert la diffusion. Donc la première fois
que je l'ai appliqué, donc j'étais en train de lire mon livre
et puis elle arrivait. Mais dès le début, j'ai posé le livre,
je dis à Coucou, je suis content de te voir, je sais que tu allais venir,
je suis dans un avion, c'est normal. Tu lui a donné un petit nom
ou quoi ? Panique tout simplement. Tu l'as appelé. Panique à Oui panique. Coucou, écoute j'ai arrêté de lire
donc vas y, mon cœur est là, mes poumons sont là, va
y fait ce que tu veux, je te laisse faire. Voilà je te regarde pendant ce temps là et puis quand tu auras fini
je reprendrai mon livre. Bon alors évidemment
quand je parle comme ça a panique mais détecteur et il voit plus de problème,
il n'y a plus de il n'y a plus de danger. Et pourtant toi
tu as ton cœur qui palpite, tu as tes jambes qui flageolent. Ça se calme. Très vite, vraiment
ça se calme. Oui, très très vite et simplement
en faisant en parlant avec panique à ce moment là, j'ai
tout simplement défusionner. Avant j'étais à fond dans mon angoisse
et là je me dis j'ai commencé à fait de panique,
un petit personnage avec qui j'ai parlé et c'est ça le cette diffusion, c'est qui qui va donc décrocher nos détecteurs
d'alerte de la peur qui les faisait faire
des shoots d'adrénaline. Ça marche aussi avec ceux qui ont peur
de prendre la parole en public, par exemple ceux qui ont peur
de parler à leur, à leur boss ou ou d'affronter
des gens qui leur font peur. Ça marche avec toutes ces situations
de la vie courante ? Oui. Une fois qu'on a découvert
comment on peut jouer avec nos peurs et et les transformer,
ça devient magique. D'abord, j'aimerais à ce moment là,
puisque après l'exemple de de ma panique en avion
où j'ai été fusionné la première fois, dire deux choses. Premièrement, une méthode très simple
pour guérir toutes les panique Si un copain ou une copine à côté de vous fait une crise avec cette méthode,
vous pourrez la guérir instantanément. C'est très simple, vous dites ok,
tu fais une panique, t'en fais pas, on va se mettre en position
tour de contrôle, mais toi dans ta tête et tu me dis qu'est ce qui se passe
alors le cœur dis moi alors les poumons dis moi alors le ventre
dis moi alors le cerveau dis moi. Et du coup je me suis mis en dehors de moi
même, j'ai mis la personne en dehors d'elle même et je lui ai fait checké
et donc elle se regarde par dessus, elle a complètement défusionner
et donc le détecteur à rénover. Au bout de deux minutes
il n'y a plus rien à Lille, tout redevient normal et c'est tranquille. Donc cette méthode que j'appelle
la tour de contrôle, vraiment mettez là c'est la diffusion top. Et à la limite, des fois même je me fatigue plus,
je me dis un petit tour de contrôle check, tac tac tac, oui tout va bien,
je continue. Mais si vous voyez que la position
du chèque, je me suis mis au dessus. Il y avait une deuxième méthode. En fait, c'est que, à partir du moment où on a mis au point
une diffusion qui marche, et bien on peut s'en servir tout le temps,
même en prévention. Moi quand je monte dans un avion,
je dis coucou, panique,
je suis place neuf, à tout de suite. Ça veut dire quoi ? Il place neuf. À Voilà, comme ça
mes détecteurs d'alerte, je l'envoie, je leur envoie un message
Et les gars, cool, vous êtes dans un avion mais pas dit
que c'est toujours une copie de tout, donc on peut défusionner en prévention
et donc ça devient un jeu. Et je crois que c'est ça qui est fondamental et que j'aimerais
que nos auditeurs retiennent, c'est qu'on peut jouer avec tous nos vécus
de notre monde intérieur. Et quand il s'agit de peurs, on peut donc
les berner, nos détecteurs d'alerte. En psychologie,
on parle beaucoup de l'enfant intérieur. Oui, j'ai l'impression, en tout cas c'est
ma question, parce qu'on rigole ensemble et on va encore prendre d'autres
exemples après. Mais derrière il y a quelque chose
d'assez beau je trouve, assez doux, en tout cas c'est là-dessus que j'aimerais
t'interroger. C'est aussi une manière
de se prendre un peu dans les bras avec amour, c'est à dire c'est
pas une manière de se foutre de soi, c'est une manière de se dire
voilà toi tu es là en moi. Panique, oui peur, angoisse, on va, on va discuter ensemble,
on va, on va agir ensemble. C'est à dire que c'est pas le rejet
d'une partie de soi, c'est une discussion, une relation avec une partie de soi
qui avant nous envahissait et qui demain peut juste discuter. C'est bien ça ? Oui, d'une certaine manière. Mais je dirais plutôt que qu'il s'agit d'un jeu. Et de même que en fait, je suis, je me suis fait piéger
par une production psychique. Quand j'ai des angoisses.
Quand j'ai des angoisses. Et si tu avais un infarctus et panique,
tu vas mourir, voilà, etc. Et j'ai une production psychique
qui me piège, et bien je vais fabriquer une autre production psychique
qui va neutraliser la première. J'essaie toujours de vulgariser pour pour,
pour être sûr de bien comprendre. Mais je ne suis pas médecin,
mais je sais qu'il y a des maladies extrêmement graves
où les cellules mangent d'autres cellules et on finit par mourir parce que le corps
se retourne contre lui même. Je ne dis pas de bêtises. Oui, et en fait,
ce que je comprends là, c'est que c'est, toutes proportions gardées,
le même mécanisme. Le bug, c'est notre cerveau
qui se retourne contre lui même avec quelque chose
qui est complètement faux et qui peut nous mener une vie horrible.
Et donc en fait c'est scénettes. Le fait de se berner, c'est le fait
d'accepter que joue contre nous même. Et donc il va falloir faire un pare-feu pour contrer ce truc
qui nous empoisonnent la vie. Oui alors ce que. Ta façon de présenter les choses. Pour moi un léger inconvénient, c'est qu'on sort de la logique du jeu. Et je crois que la logique du jeu
est fondamentale. Pourquoi ? Parce que la bonne logique, c'est de dire que tout notre vécu se passe
dans notre monde intérieur, que notre cerveau va générer
des hypothèses. C'est son job que j'ai, mes détecteurs d'alerte
qui vont déclencher ou pas, c'est leur job et que malheureusement,
dans beaucoup de circonstances, notre cerveau va imaginer le pire. Donc il va faire une hypothèse. A Et donc me, mes détecteurs vont déclencher et après
je vais rentrer dans ce vécu de la peur. Et bien ce que j'apprends simplement
c'est stop, je fais un arrêt sur image. OK, l'hypothèse A m'a fait buggé,
j'invente une hypothèse B et toc, ça casse la fusion. Donc je dis fusionne
et ça arrête le mécanisme. Je pense que je suis un peu réticent
au côté du jeu. C'est parce que je pense que j'aime l'idée
que si notre monde intérieur nous construit quelque chose de faux,
un bug, on peut se raisonner. Tu vois ce que je veux dire ? C'est à dire que accepter le jeu pour moi,
c'est accepter qu'on n'arrive
pas à se raisonner tout seul. Et je suis sûr que je suis pas le seul,
Tu vois ce que je veux dire ? Oui alors ce qui il faut dans ce cas qu'on qu'on monte
juste l'écran au dessus, le cran au dessus quand on défusionner la La première chose que l'on fait
sans s'en rendre compte à travers les exemples,
on fait un arrêt sur image. C'est à dire qu'en fait toute notre vie
se passe dans notre monde intérieur, c'est notre film et là d'un seul coup,
je fais il y a quelque chose qui ne marche pas, je fais une panique,
j'ai une peur, un TOC, etc. Je fais un arrêt sur image
et je me dis pourquoi ? Pourquoi je déclenche là ? Et à ce moment là je vois l'hypothèse
A qui est souvent la pire. Je dis ok, compris ? Donc je crée une hypothèse B
pour contrebalancer. C'est un jeu intérieur
et et ça va donc arrêter le phénomène. Donc le point de départ
est complètement conscient. J'ai compris et donc je fais cet arrêt sur image,
je rentre dans ce que j'appelle la maîtrise psychologique, c'est à dire je suis capable de faire un arrêt
sur image et de de repérer ce qui se passe en moi à ce moment là
et d'avoir des réactions appropriées. On va pouvoir d'autres façons, voir d'autres façons
d'utiliser la maîtrise psychologique, car il y en a beaucoup,
mais le fond est complètement là. Et je crois que ce qu'il
faut comprendre, c'est que ce petit jeu n'est pas un une simplification n'est pas un abêtir et c'est un enrichissement extraordinaire. Pourquoi nous nous faisons tous piéger par nos peurs,
qu'elles soient des paniques ou de simples peur, des stress qui vont nous amener
à avoir des comportements inadaptés. C'est
parce que nous sommes en mode réaction, nous prenons pas le temps
de faire des arrêts sur image. Je veux dire waouh qu'est
ce qui passe ce passe en moi ? Qu'est ce que vous voulez me dire ? Le boss et que moi j'ai mal interprété. J'ai fait l'hypothèse il y a peut être une
B et donc ça change tout. Je rentre chez moi. Pourquoi ça ? Avec mon compagnon, ma compagne, j'ai fait une hypothèse A
Il y a peut être une hypothèse B ou C. Voilà, dès que là je passe,
je sors du mode réaction. Avant c'était instantané, il se passe
si je fais ça et je passe ça, je fais ci et la claque arrêt sur image. On est trop speed quoi. Et oui donc on n'apprend pas à faire
l'arrêt sur image le nombre de fois. Vous savez la quand je quand les gens sont à ce stade de la thérapie,
ils comprennent l'arrêt sur image. La plupart des gens me disent
Mais vous savez docteur, toute ma vie j'étais en mode réaction et donc ils se
rend compte qu'ils n'ont aucun contrôle. Moi j'ai eu à me rappelle très bien d'un quelqu'un qui dirigeait un supermarché,
il me disait mais maintenant j'ai compris. Avant je disais à mon boss mais je gère bien donc je pourrais gérer
deux, trois, quatre magasins maintenant. Et mon boss me disait
oui mais t'es pas prêt. Je ne comprenais pas et ça y est, maintenant j'ai compris,
je suis toujours en mode réaction. Donc oui je me fait piéger
dans tous les pièges possibles. OK, maintenant arrêts sur image
ok il y a ça, ça, plan B, plan C. Voilà. Et ça change tout. Et dès qu'on devient capable de faire ça, et bien on devient capable
de gérer nos émotions psychiques. Mais que ce soit dans le sens de nos bugs, de nos peurs,
mais aussi dans d'autres sens. Voilà, et c'est ce que j'appelle un. Je vous donne un exemple. J'ai passé une mauvaise journée. Voilà, je suis attrapé avec mon boss, j'ai eu un petit accident de voiture,
enfin bref, une journée. Et puis j'ai mon frère
qui m'invite à fêter son anniversaire. Il y a des potes,
on va rigoler mais je suis tellement. Je ne suis pas une bonne humeur. Je trouve que le restaurant
qui a choisi est nul, le serveur est lamentable
et on attend trop. Et puis les blagues des copains
c'est toujours les mêmes. Voilà, je suis de bonne humeur quoi. Donc je vais pourrir la soirée et la seule couche
je fais un arrêt sur image, je me dis
Oh Philippe, là tu es dans le bon film, Non tu es pas dans le bon film, OK,
laisse tomber tout ça et tu te concentres sur tes potes
toute ma avec les blagues et tu y vas, tu mets des blagues pourries
toi aussi et puis on va se barrer et on change de film simplement. J'arrête, je fais mon arrêt sur image, OK, je suis dans telle situation,
est ce que c'est le film que je veux ? Non, je change. Voilà. Et ça, partir du moment
où on a intégré ça dans notre vie, on voit que ça on dépasse très largement
le champ des angoisses. C'est toute notre vie qu'on peut. Dès qu'il y a des contrariétés, des choses
qui ne se passent pas comme on veut, et bien on peut arrêter. Mais ça peut aussi être dans l'autre sens,
c'est à dire qu'on arrive, on voit que quelque chose n'est pas beau
et puis on se dit attends. C'est un changement de regard complet. Mais ce qui est intéressant
dans ce que tu dis, et c'est pour ça qu'on t'a invité aussi, parce qu'ici chez Lueur,
on éclaire notre vie intérieure. Et si notre vie intérieure
n'est pas en paix ? Et si on n'a pas conscience de notre vie
intérieure, de notre monde intérieur, en fait
il ne peut rien se passer derrière. On peut pas se poser la question du sens,
on ne peut pas se poser la question de la paix, on ne peut pas se poser
la question de l'altérité, de la fraternité, de la charité,
de la liberté, de la créativité. Parce qu'en fait
il y a trop de bruit en nous. Et toi, ce que tu es en train de dire,
c'est que l'arrêt sur image permet justement de se reconnecter à soi
et que c'est de là que partira un scénario B qui est un scénario de vie
à l'extérieur de nous. Oui absolument. Et ça peut toucher parce que tu as
parlé de spiritualité et moi, l'une des d'une des choses les plus extraordinaires
que j'ai découverte grâce à l'arrêt sur image, c'est
mon regard sur les autres, parce que je peux voir les autres. La première chose, n'oublions pas l'hypothèse A la pire,
c'est ce qui arrive le plus souvent. Donc telle personne n'avait pas m'évoquer
telle chose, telle chose, je vais me méfier un peu, me confier
doucement etc. Mais quand je fais un arrêt sur image
et que je regarde autrement l'autre et que je cherche le beau en lui,
je change complètement son regard. Et du coup là, quand je fais ça, je comprends ce que Jésus disait
que nous sommes tous frères parce qu'il voit Dieu en chacun de nous
et d'où notre regard change complètement. Et ce regard qui cherche le beau,
on s'aperçoit qu'il transforme et donc nous. Quand les gens viennent me parler de
de leur amour, etc. Je dis distinguez
bien ce qui est du registre de l'attirance qui est tout à fait naturel. Mais là on est beaucoup en mode réaction
et c'est chouette. Il ne faut pas non plus,
mais ça ne durera qu'un temps, on sait. Et si pendant ce temps là,
je mets en place le beau regard, que je vois
tout ce qui est beau dans l'autre et que l'autre voit tout ce qui est beau
en moi, ça, ça va durer toute la vie. Et c'est en ce sens que je dis que les anciens anxieux qui ont fait ce chemin et qui ont découvert leur monde intérieur
et qui ont appris à vivre avec les arrêts sur image,
deviennent des gens passionnants. Et bien sûr qu'on peut arriver
à ce chemin de plein de manières. On peut y arriver par la philosophie,
par la spiritualité, la théologie. Mais si notre vie nous a amené à passer par l'anxiété, c'est pas grave. Il faut accepter cette porte d'entrée.
Il y en a plusieurs, s'en est une. Oui, oui, c'est la blessure qui nous fait
comprendre notre monde intérieur. Il y a une phrase d'ailleurs
que tu aimes bien, une maxime iranienne en forme de lueur. Pour nous, la blessure est l'endroit
par lequel la lumière entre en nous. C'est ce que nous venons de dire. C'est magnifique. Oui, c'est magnifique. Et je crois que, à partir du moment
où je vois que les gens ont compris que tout se passe
dans leur monde intérieur, qui peuvent faire des arrêts sur image quand ils sont,
bien sûr, il faut se laisser. Il faut imaginer
que notre cerveau est une machine absolument extraordinaire,
que tout est automatique. Tu vois,
tu en parles depuis tout à l'heure, Est ce que tu as une seule fois
cherché un mot ? Non, tout vient automatiquement. Tu vois le niveau d'automatisme qu'on a ? C'est prodigieux, C'est vrai
pour tous nos mouvements, la marche, etc. Nos pensées, etc. Mais notre seul automatisme, évidemment, c'est là
qui va nous produire des hypothèses. A Et qu'on va se faire piéger. Voilà. Mais une fois qu'on a compris cela,
on se dit on peut vivre avec tous ces automatismes,
c'est merveilleux. Il faut les prendre tels qu'ils sont. Mais effectivement,
on peut aller plus loin et au dessus. Et là c'est l'arrêt sur image
et le changement de film. C'est
encore une question sur le sens de la vie et la spiritualité que tu as abordé
un instant, qu'on aime bien réunir ici chez Lueur, parce que j'ai l'impression
et j'aimerais que tu me dises si tu souscris à cette à cette question,
à cette thèse. J'ai l'impression que toute la technique que tu es en train de nous partager
est au service d'une vie. Plus vivante,
plus plus, plus pleine d'amour et presque d'un chemin spirituel au sens
large du terme, c'est à dire au sens d'un rapport à la vie
beaucoup plus joyeux. Et c'est rare les personnes qui réunissent
la technique médicale et la fécondité humaine. Est ce que ça te parle
ce que je suis en train de dire ? Oui complètement. Parce que sur le chemin
de la liberté des humains, nous croisons tous la peur de la mort. Donc à partir du moment où je suis capable
de faire des arrêts sur image, de me dire écoute, tu vas mourir
qu'une fois, donc c'est pas la peine de te prendre le chou avec ça et de mourir
plusieurs fois à l'avance, ok ? Et on a des fusionnent
et la mort devient une copine. Et puis on peut l'appeler
le plein de manière bon et on peut l'appeler Dark Vador,
on peut l'appeler comme on veut, voilà. Et puis là, ça, ça va. OK, bon écoute, je ne suis pas sûr que
soit ton jour, tu te rate souvent ? Bon bah écoute,
quand tu seras prête tu repasses. Voilà, je l'ai dit fusionné. Bon et puis ça devient tranquille
en nous ça. Donc on a ce chemin là
et puis après on a le chemin où effectivement on se fait,
on se fait piéger dans notre monde intérieur par toutes sortes d'hypothèses
et donc du pouvoir. Faire l'arrêt sur image, c'est chouette. Troisièmement, bon, on a la mort,
on a nos pièges et troisièmement, on a les autres. Et partir du moment où je suis capable,
par l'arrêt sur image, de dire qu'est ce qui est beau en lui
et on trouve toujours du beau, et bien ça change notre regard
sur ce qui nous entoure. Et à partir de là, je trouve que notre vie devient plus
légère et on devient capable de se dire mais au fond, qu'est ce que tu veux
vraiment toi ? Qu'est ce qui est vivant en toi ? Et là, il y a une question
qui est assez chouette je trouve cette année les gens à se dire
dans votre vie, quels sont les moments où vous vous sentez pleinement vivant et qu'à sont les moments
où vous ne vous sentez pas vivant ? C'est sûr que quand on scroll
comme des malades, qu'on fait plein de shopping,
qu'on boit n'importe comment, on n'est pas très vivant. Et puis il
y a des moments ou des pleinement vivants. Repérer ces moments où on est
pleinement vivant, c'est nous même, c'est profond et l'arrêt sur image permet ça. Et cultiver le d'une
certaine manière. Et oui. Et oui parce qu'à partir de ce moment là,
on trouve une solution. C'est ça la grosse différence
entre le mode action et le mode maîtrise. Justement, un dernier sujet
que j'aimerais aborder avec toi. Tu as parlé tout à l'heure
de la maîtrise psychologique. Oui, ça peut paraître assez paradoxal
par rapport à l'abandon, à la confiance
et à ce à ce choix de la vie. Une fois qu'on a appris à défusionner,
c'est quoi la maîtrise psychologique et pourquoi c'est cohérent
avec tout ce qu'on a dit maintenant ? La maîtrise psychologique, c'est un. C'est une expression que j'ai inventé
pour faire un parallèle avec le mode réaction, pour que les gens,
les gens aiment bien les comprendre. Et puis moi même je trouve ça plus simple
que les choses soient simples. Donc la vie classique, jumeau de réaction,
maîtrise psychologique. Je fais un arrêt sur image
et je me dis ok, plan, un plan B pensée. Donc là je. La maîtrise de logique. C'est tout ce qu'on a dit
depuis tout à l'heure. À partir du moment où je fais,
j'ai compris que tout se passe dans mon monde intérieur, que c'est un film et que je suis capable
de faire des arrêts sur image. Je suis en maîtrise psychologique. Et donc ensuite
je peux gérer la diffusion. Ça veut dire ce qui m'envahit
mais qui en fait me pilote alors que je peux le mettre
à côté de moi et dialoguer. Et donc une fois que j'ai compris ça,
je peux me remettre à agir selon ma partie divine, selon mes talents, selon mes
valeurs, plutôt que de fuir la situation. Oui, et justement, j'aimerais, pour juste aller un petit peu plus loin,
que les gens comprennent une chose, c'est que. La base de la maîtrise psychologique,
c'est bien l'arrêt sur image. Mais à partir de ce moment là,
il y a des situations qui nous génère un inconfort psychologique
avec des pensées, des émotions, des sensations. Par exemple
je suis coincé dans l'ascenseur, bon ça me génère quand même, c'est
pas grave comme situation. À partir de ce moment
là, j'ai la maîtrise psychologique. Si je peux me dire ok, j'ai conscience,
j'étais l'inconfort, je sais pourquoi l'ascenseur bloqué c'est pas drôle. En plus la suis qui se met en colère
c'est pas fun. Bon ok
et bien qu'est ce que je veux vraiment ? Je veux que attendre tranquillement
que ça se termine. Combien de nous
nous sauver entre guillemets ? Et puis je passerai à autre chose. Donc ok, donc je vais accepter
mon inconfort et rester zen. Parce que ça permet en fait de
ne plus être celui qu'on ne veut pas être. Oui oui absolument. Parce que si
je ne supporte pas mon inconfort, eh bien je vais me laisser aller
à la colère, à la peur, etc. C'est
un peu l'histoire de la personne qui dit je projette telle situation,
ça va être génial. En fait, il est très énervé par plein
d'autres trucs. Une fois que la situation est terminée,
il dit Ah, c'est bête,
j'aurais dû être beaucoup plus joyeux parce que j'attendais cette situation
depuis longtemps. En fait, ça va nous permettre de
de vraiment vivre. Je vais prendre un exemple pour
pour que ce soit bien clair. Voilà on on me confie, on me confie un enfant à garder,
il a six ans, on me dit c'est pour l'après 12 h, il a le droit à une demi
heure de tablette. On veut qu'il soit intelligent tout ça. Ouais ok, pas de problème. Au bout d'une demi heure,
je prends la tablette. Il se met à hurler. Bon, un enfant qui hurle, c'est
un inconfort psychologique Pensées, émotions, sensations
Et pourquoi j'ai accepté ? Je vais le foutre par la fenêtre. J'ai la colère, j'ai le cou tendu,
je ne suis pas bien Bon, soit, Je ne supporte pas cet inconfort. Je suis en mode réaction. OK. Il reprend la tablette, Allez fous
moi la paix et ça s'arrête tout de suite. Et l'enfant est tranquille
et moi on a confort. Évidemment quand mon pote vient le soir
et pour reprendre l'enfant, je ne suis pas très fier de moi, j'ai un peu foiré
tout ce que tous mes engagements plan B, plan maîtrise psychologique. OK, l'enfant hurle, j'ai
un inconfort psychologique, je sais pourquoi C'est normal. Un enfant qui hurle, c'est pénible. OK, et bien je vais quand même. Ce qui compte pour moi
et sur image, c'est mon engagement. Je veux le rendre avec juste
une demi-heure de tablette. Donc je dis j'accepte qu'on inconfort
et je dis à l'enfant écoute, tu n'auras pas ta tablette, alors écoute, fait ça,
ça te plaît pas, OK, fais ça, ça va durer une demi heure,
on le sait tous. Et au bout d'une
demi heure, l'enfant va lâcher et puis il va être content
de faire ce qu'il fait. Et puis moi, quand j'aurai fini, je vais finir
par digérer mon inconfort psychologique. Quand je vais rendre l'enfant,
tout le monde sera content. Voilà. Donc dans dans fondamentalement, la maîtrise psychologique, c'est
je vais faire un arrêt sur image. Je repère dans la situation
les inconforts qui me sont générés et je me dis qu'est-ce qui compte vraiment
pour moi à ce moment là ? Et à ce moment là,
je peux accepter mes inconforts et le Et pour m'engager dans ce qui compte,
je peux aussi me dire si les inconforts sont justifiés,
je vais avoir une juste colère, mais au moins je tombe
pas dans le mauvais film. Se réapproprier sa vie,
c'est un peu ça la finalité. Mais oui, complètement. Philippe Rennes. On arrive bientôt
au terme de notre échange et je reprends notre question de 2 h du mat,
la question qui a habité en fil rouge ? Tout notre échange Comment empêcher
que nos angoisses nous gâchent la vie ? Pour toutes celles
et ceux qui nous ont regardé, qui nous ont écouté aujourd'hui,
qui soit sont dans des symptômes d'angoisse et de peur qui les empoisonnent
comme jamais, soit ils sont dans des petites peurs
du quotidien, des ruminations la nuit qui fait qu'ils ne dorment pas,
qu'ils sont colériques, qu'ils sont très susceptible, qui ont peur
de prendre la parole en public, qui sont tout le temps en train
de projeter des scénarios horribles dans leur travail, avec leurs amis,
avec leur femme, leur mari. Pour nous tous qui sommes dans nos peurs
intérieure qui nous ronge, avec quelle lueur
tu pourrais nous laisser aujourd'hui ? Une citation, un petit conseil,
une petite, une petite métaphore, en tout cas un message pour qu'on
puisse méditer pour notre vie personnelle. Ce sujet qu'on a abordé aujourd'hui,
ça serait quoi ta lueur pour nous ? Et bien moi, ma lueur ce serait que. De dire aux gens qui nous écoutent
quand vous avez peur de tout ce que tu as décrit, vous imaginez qu'il
y a une montagne dans votre tête et qu'il va falloir des outils pour gravir
cette montagne pour s'en sortir. Donc c'est pour vous. C'est
un énorme challenge. Pourtant,
quand vous regardez autour de vous, les gens,
ils ont pas de montagnes dans la tête, ils sont tranquilles,
ils marchent, ils lisent leurs journaux, ils discutent, ils prennent des pots. Donc ils ont pas du tout une montagne. Donc je me dis, il y a
vous pouvez chercher des outils pour gravir la montagne,
mais cherchez le dialogue. Une autre solution,
c'est celle dont on a parlé aujourd'hui, c'est de dire On va aplatir la montagne. Donc je vais faire un arrêt sur image,
comprendre que cette montagne, c'était dans mon monde intérieur,
défusionner tout ce qui est à défusionner, changer mon angle de vue et partir dans
d'autres hypothèses et changer ma vie. Et fondamentalement, c'est la lueur. Je donne la montagne
que vous avez dans votre tête. En fait, vous pouvez l'aplatir et c'est
la méthode la plus simple de guérir. Merci beaucoup Philippe d'être venu
aujourd'hui sur le plateau des Lueurs. Je rappelle la sortie de ton livre
Comment guérir de nos angoisses chez Robert Laffont et Versus Lio,
qui est paru en septembre 2025. Je vous mets le lien en description de cet épisode
et merci à vous de nous avoir suivis. Si vous avez pensé à des proches, à
des amis qui vivent des angoisses, petites ou grandes, n'hésitez pas
à partager cet épisode pour les aider. C'est aussi l'objectif des lueurs d'être
utile dans vos questions de 2 h du mat. Moi je vous remercie pour votre fidélité
et je vous donne rendez vous dès dimanche
prochain pour un nouvel épisode. A très vite ! Ça va, ça va ? Non, non, c'est chouette. VRAIMENT. L'approche est complètement différente
de ce que l'approche classique. C'est chouette.