En match, ce que je considère, c'est le primaire et le secondaire. Je laisse 10 % pour réagir sur le moment.
Ce n'est pas que j'assigne le primaire à un côté et le secondaire à l'autre en me disant « je peux faire des topspins puissants des deux côtés ». Ça demanderait un niveau de jeu de jambes extrêmement élevé. C'est pareil pour tout le monde, quel que soit le niveau : tu simplifies ta réflexion, tu la rends raisonnable, et tout ton corps sera plus détendu. Le jeu devient plus simple. C'est ce qu'on appelle la raisonnabilité.
Quand on joue, par exemple après un service coupé, j'utilise principalement mon revers pour lifter la balle coupée. Après un service lifté, j'utilise principalement mon revers pour lifter la balle liftée. C'est la direction du primaire.
Par exemple, sur le revers avec un topspin : si l'adversaire bloque un topspin qui revient, on peut ajouter un peu de soudaineté à cette balle. On a l'initiative après le service. Sur cette balle, on doit ajouter un peu de qualité, pas tout donner. On peut ajouter de la soudaineté, varier les placements. Parce qu'on a l'initiative.
Maintenant, si la balle arrive sur mon coup droit ? Par exemple, si on me pousse une balle longue et basse, et que je suis préparé en revers. Quand cette balle arrive, est-ce qu'on peut la lifter puissamment ? Impossible. Parce que quand on réalise que c'est sur le coup droit, le temps de pivoter, la balle est déjà là, c'est rapide et court.
Notre première réaction sur cette balle, c'est de s'ajuster. Je sais que je vais la lifter, mais comment ? Comme c'est du secondaire, on ne doit pas se mettre trop d'exigences. Retenez bien ce point : ne pensez jamais « mon primaire c'est ce côté, mais je dois aussi donner de la qualité de l'autre côté ».
Pour le primaire, on donne de la qualité. Pour le secondaire, on privilégie la stabilité. On remet la balle sur la table. En match, on ne peut pas anticiper chaque balle. La probabilité d'anticipation, c'est parfois la moitié ou un peu plus. Les balles non anticipées ? On les traite comme du secondaire. Stabilité. Remettre sur la table.
Si on veut tout lifter puissamment des deux côtés, bien sûr on peut jouer comme ça. Mais quand on fait le bilan, le taux d'erreur sera supérieur au taux de réussite. Ça ne vaut pas le coup. On dépense toute cette énergie, on transpire, et au final c'est l'adversaire qui marque. C'est absurde.
En compétition, ça affecte énormément le mental parce qu'on jette des points aléatoirement.
Si on me pousse une balle haute sur le coup droit alors que je suis préparé en revers, c'est une balle d'opportunité. Pendant ma réaction secondaire, je constate que le temps est suffisant. J'évalue la situation, je prépare : je charge dans les jambes, puis je lifte puissamment cette balle. On peut mettre 70 % de puissance, choisir un bon placement, et on marque le point.
Il faut lifter avec stabilité. Ne pas se précipiter.
Le problème, c'est que la plupart des gens n'attendent pas. Beaucoup essaient de tout lifter avec puissance. Dès que la balle va sur le coup droit, l'instinct dit de lifter fort. On avance pour aller chercher chaque balle.
Mais sur une balle mi-longue, est-ce qu'on peut vraiment avancer pour la prendre ? Personne ne peut lifter ça proprement. Si après mon service, j'anticipe qu'il va pousser mi-long, je dois planter mes pieds fermement. Seulement alors je peux trouver le point d'appui pour pousser vers l'avant. Il faut lifter au point descendant, même si la balle descend sous le niveau de la table, ce n'est pas grave.
Il faut oser attendre. Il faut franchir cette barrière.
Pour une balle coupée, on prépare d'une certaine façon. Mais pour une balle liftée ? Pourquoi préparer le coup droit ? Sauf si on veut pivoter pour attaquer.
Dans des circonstances normales, que ce soit vous ou nous, après le service, on prépare le côté revers. La différence avec un pivot, c'est simplement le choix entre utiliser la technique de revers ou pivoter pour attaquer.
Le revers, cette position, c'est probablement la plus courante. Quand on sert rapidement un long topspin pour surprendre l'adversaire, comment réagit-il ? Il est pris de court. Il n'a pas assez de temps pour se préparer correctement. Sauf si le service est très lent.
Instinctivement, il lève sa raquette. Lever la raquette signifie généralement un retour croisé. Ou bien, s'il a le temps mais ne sait pas comment ajouter de la qualité, il retourne quand même sur le revers. La qualité qu'on peut produire en revers n'est pas aussi haute qu'en coup droit. Donc la plupart des gens retournent sur le revers.
Je lève mon revers, je frappe. C'est ce qu'on appelle un service-attaque. Pour attaquer, il faut saisir l'initiative. Il faut se préparer à l'avance. Je ne dis pas de reculer la raquette trop tôt, mais au minimum, je la positionne ici d'abord. Si je vois que la balle arrive, je réagis et je bouge. Ou si je vais frapper en revers, je ramène et j'y vais.
Et si la balle revient sur le coup droit ? Si on ne prépare pas le revers d'abord et qu'elle va sur le coup droit, on doit quand même se déplacer. Sur 10 balles, sept ou huit iront probablement côté revers. On parle de probabilités, pas de chaque balle individuellement.
On prend ces 10 balles. Les huit sur 10 qui apparaissent, je me prépare pour celles-là d'abord. C'est logique. L'essentiel, c'est que je veux attaquer. Si c'est dans cette direction, j'attaque immédiatement. Si c'est l'autre côté, je gère.
Ne mettez pas autant de pression sur votre côté moins dominant. Je prépare le revers d'abord. La balle arrive avec cette qualité. Je prépare toujours le revers d'abord. Sur celle-ci, j'attaque. On peut être un peu plus rapide. Si c'est l'autre côté, je remets la balle. On continue.
C'est un échange. J'attaque activement huit fois. Les deux restantes, je les remets sur la table. Pas de grand geste pour lifter fort. Je renvoie une balle neutre. C'est quand même du 50/50 dans l'échange, non ? Je frappe sept ou huit bons coups. Les deux restants, j'en fais un échange. Cette probabilité n'est-elle pas suffisante ?
Je ne cherche pas à rabaisser qui que ce soit. C'est parce que j'ai entraîné trop d'élèves. Pour beaucoup, le taux d'erreur est souvent supérieur au taux de réussite. Ça signifie qu'ils n'ont pas atteint un niveau de contrôle suffisant sur toutes ces techniques : lifter fort, lifter lentement, ajuster, attaquer, défendre, couvrir.
Même si ce n'est pas agréable à entendre, il n'y a aucune mauvaise intention. Quand on s'évalue soi-même, on peut aussi évaluer ses adversaires. C'est similaire.
Regardez, après votre service, comment votre adversaire peut retourner. Observez les habitudes des gens avec qui vous jouez habituellement. Ensuite, différenciez le primaire du secondaire.
On ne peut pas dire qu'on se prépare pour son adversaire de la même façon pour tous. Si on tombe sur un joueur professionnel, la même stratégie ne marchera pas. Ça dépend de la capacité d'analyse. La capacité à analyser son adversaire.
Si un joueur coupe, ça veut dire plus de revers, moins de coup droit. Face à un joueur de plus haut niveau, il pourrait faire un amorti court ou pousser très long. Ça dépend de la technique fondamentale.
Par exemple, si on peut actuellement lifter sept balles sur 10, alors on peut attaquer. Mais si on ne peut en lifter que trois sur 10, autant laisser l'adversaire attaquer. Sur ces trois, l'adversaire pourrait en retourner une ou deux. Donc autant le laisser lifter.
Pour un match qu'on veut vraiment gagner, à ce moment-là, ne pas lifter. Les laisser lifter. Ça dépend de la situation réelle.
Mais si on joue un match, est-ce qu'il me laisserait attaquer 10 balles sur 10 ? Je ne me vante pas : si Ma Long me laissait utiliser mon coup droit pour lifter puissamment chaque balle, il ne me battrait pas non plus. Il devrait aller ramasser la balle. Son talent, c'est de ne pas me laisser attaquer.
Si gagner ou perdre dans les matchs réguliers n'est pas si important, alors on s'entraîne hardiment sur ce qu'on travaille. On l'applique. On teste en pratique.